Fabrice Hadjadj analyse et conteste l'idée de Heidegger selon laquelle le christianisme serait à l'origine du "règne de la technique" dans la société contemporaine à cause de la subordination de la nature à Dieu, l'être à la volonté. Fabrice Hadjadj considère que la science moderne est conditionnée par la tradition judéo-chrétienne d'une manière certes ambiguë, mais estime que ce conditionnement comporte néanmoins des éléments positifs. Son argument s'articule en trois points essentiels: i) comparée à la façon de concevoir la relation entre l'homme et la nature de l'Antiquité païenne, la tradition biblique opère indéniablement un changement de référent ultime, qui passe de la nature à Dieu comme transcendant relatif à un cosmos qui n'est pas divin: les êtres humains se trouvent dans la nature, mais ont aussi la Parole de Dieu qui devient primaire par rapport à la physis. Si cela donne un statut particulier à l'homme, ce dernier se trouve en position de responsabilité envers la nature, non pas de domination méprisante. ii) les pères fondateurs de la science moderne, conditionnés par leur foi chrétienne (Galilée, Descartes), abordaient les phénomènes naturels comme un livre, ce qui implique une attitude de foi en la raison, le logos humain étant capable de lire des lois dans la nature. iii) la naissance de la technoscience devrait être replacée dans le contexte de la primauté de l'amour du prochain, donnant lieu à une science utile (sans être nécessairement utilitariste pour autant) au service du bien commun, une science qui ne serait pas de l'ordre de la pure contemplation. Durée 39 minutes. Niveau universitaire/grand public instruit. Image: Galileo Galilei par Peter Paul Rubens (ca. 1630).
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Cours de Fabrice Hadjadj dans le cadre du cycle sur la philosophie de l'art et la technique à Philanthropos (Institut Européen des Etudes Anthropologiques) examinant la naissance du projet technoscientifique moderne à l'époque de Galilée, Francis Bacon et René Descartes, ainsi que sa relation avec la pensée religieuse. Hadjadj offre une lecture critique de la récupération de l'affaire Galilée par un athéisme militant et anticlérical, soulignant notammment la contribution du grand astronome à l'évolution de l'herméneutique biblique. Il conteste également des idées reçues sur Descartes en provenance de certains théologiens et écologistes, selon lesquels l'auteur du Discours de la Méthode serait responsable pour les dérives ultérieures de la technoscience (volonté de domination de la nature, dualisme radical entre corps et esprit...), estimant qu'une étude attentive des textes révèle une pensée beaucoup plus nuancée. Niveau grand public instruit. Durée 1 heure (première partie). Image: René Descartes et la Reine Christina de Suède (Nils Forsberg après Pierre Louis Dumesnil (1698-1781).
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Le Père Jean Boboc, théologien orthodoxe et docteur en médecine, et Pierre Magnard, philosophe, professeur émérité à l'Université Paris-Sorbonne, présentent le livre "Le Transhumanisme décrypté" (Apopsix, mai 2017) à l'Eglise orthodoxe roumaine des Saints-Archanges à Paris le 17 juin 2017. Conférence organisée par les Editions Apopxis et le Cercle de l'Aréopage. Durée 1 heure 38 minutes. Niveau universitaire/grand public instruit.
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Conférence de Benoit Chantre, spécialiste de l'oeuvre de René Girard et son interlocuteur dans le livre "Achever Clausewitz" (Carnets Nord, 2007), considère le terrorisme à la lumière de l'anthropologie girardienne. « Face à la violence du djihadisme, il devient urgent de s’interroger sur le devenir de nos démocraties, notamment dans leur rapport à la religion. On repart ici de la genèse du sacré proposée par René Girard, à qui l’on doit la découverte du rôle structurant d’un certain type de violence à la racine du politique. Si le religieux archaïque était de la violence contenue par des rituels et des prohibitions, la violence djihadiste est, elle, un mixte de nihilisme et de religieux décomposé. Relisant Clausewitz, Girard a proposé d’appeler « montée aux extrêmes » ce processus aveugle, qui rend plus complexe et plus précaire le fonctionnement de nos démocraties. Comprendre ce phénomène, avec toutes les ressources de l’anthropologie religieuse, et de l’anthropologie mimétique en particulier, permettrait de donner une réponse politique – et non une réponse religieuse – aux désordres politico-religieux qui nous menacent. » Intervention lors du colloque "Faut-il avoir peur ? René Girard penseur de la violence" enregistrée le 6 mai 2017 à l'Institut catholique de Paris. Durée 33 minutes. Niveau grand public instruit.
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Le Monde / Reuters le 23 juin 2017: "Turquie : la théorie de l’évolution retirée des manuels des élèves de troisième. En accord avec « les valeurs turques », le chapitre intitulé « L’apparition de la vie et l’évolution » va être supprimé, a déclaré Alparslan Durmus, le président du conseil de l’enseignement supérieur cette semaine, selon le Hürriyet Daily News. « Nous sommes conscients que si nos enfants n’ont pas le bagage nécessaire ils ne seront pas capables de comprendre des thématiques soumises à controverse », a-t-il précisé." Image: statue de Charles Darwin, Natural History Museum, Londres. Photo: Patche99z.
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En Pologne, la reconnaissance officielle par les autorités ecclésiales de deux miracles eucharistiques à Sokółka (2008) et Legnica (2013) a provoqué un engouement chez les fidèles, les deux églises concernées devenant des lieux de pélerinage, mais également un vif débat dans les médias polonais entre croyants et sceptiques offrant des explications naturelles pour les phénomènes attestés (l'apparition de tissu humain sur une hostie consacrée dans les deux cas). L'Eglise avait-elle en quelque sorte "fabriqué" des miracles dans un but apologétique en brûlant les étapes de l'enquête, comme disaient certaines voix critiques? Les scientifiques nommés pour mener les investigations avaient-ils travaillé dans une objectivité rigoureuse? De l'autre côté, quant aux objections des sceptiques (diffusées par des chaînes telles que "TV Rationaliste", étaient-elles vraiment d'ordre scientifique ou plutôt idéologique?
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Conférence-lecture de Christophe Bonneuil (historien) et Jean-Robert Viallet (réalisateur), lecture par Philippe Fenwick (comédien), mise en scène par Jean-Robert Viallet, accompagnée de projections d’images d’archives. Conférence co-écrite par Jean-Robert Viallet, Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz. Cycle de conférences Pensées du monde, jeudi 23 mars 2017 au Musée des civilisations et de la Méditérranée."Les scientifiques l’annoncent : la Terre est entrée dans une nouvelle époque, « l’Anthropocène ». Ce qui nous arrive n’est pas une crise environnementale, c’est une révolution géologique d’origine humaine. Deux cent cinquante années de science, de technique, d’industrie, de choix politiques et économiques ont radicalement bouleversé le rapport entre l’homme et la nature. De la machine à vapeur aux Big Data, que s’est-il passé ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment vivre et agir dans l’Anthropocène ?" Christophe Bonneuil est chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Alexandre-Koyré de recherche en histoire des sciences et techniques, directeur de la collection "Anthropocène" au Seuil. Durée 58 minutes. Niveau grand public. Image: bâtiments miniers du Chesterfield Coal Company, Sego, Utah, 1926. Photo: USGS.
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Dans cette première leçon d'introduction au cours de Philosophie de l'Art et de la Technique donné à l'Institut Philanjadthropos en 2016, le philosophe Fabrice Hadjadj montre la difficulté de critiquer la technologie d'aujourd'hui en des termes autres que ceux qui sont justement façonnés par cette même technologie. Sa thèse principale est que ce qu'on appelle "technique" n'est pas un simple à côté de la vie humaine: le savoir, l'agir et le faire (une technique qui cherche à transformer la matière) sont profondément liés. Notre mode de faire a une grande influence sur notre manière d'agir et de voir. La technique n'est pas un simple ensemble de machines, mais conditionne notre perception du réel. Durée 42 minutes. Niveau grand public instruit. Image: Silex/couteau néolithique (2900 - 1600 BCE). Photo: The Portable Antiquities Scheme / The Trustees of the British Museum.
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L'histoire du Miracle Eucharistique de Lanciano aux Abruzzes en Italie concerne un moine grec de rite oriental vivant au VIIIème siècle qui est supposé avoir vu le pain se transformer en chair et le vin en sang au moment de la consécration eucharistique. La première ratification officielle par l'Eglise des reliques conservées à Lanciano (une hostie et cinq caillots de sang) eut lieu en 1574, suivie par d'autres Reconnaissances en 1637, 1770, 1866 et 1970. Nous présentons les détails de l'enquête de 1970 menée par le Dr Edoardo Linoli et le Pr Ruggero Bertelli.
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Cette semaine le monde catholique est en train de célèbrer le Corps et Sang du Christ réellement présent dans l'eucharistie - notion centrale pour la foi, évidemment irrecevable pour le matérialisme philosophique, sur laquelle les avis des églises chrétiennes se divisent, surtout celles issues de la Réforme du XVIe siècle (où la Présence Réelle fut notamment l'objet d'un âpre débat entre Martin Luther, qui l'affirma, et le réformateur suisse Ulrich Zwingli, qui considéra les éléments eucharistiques comme de simples signes). On pourrait imaginer qu'il s'agit ici d'une querelle entre croyances théologiques en principe irrésoluble par la science, étant donné qu'il serait question de croyances rivales concernant l'action invisible de Dieu, un domaine où il manquerait les données empiriques pour une enquête scientifique selon le célèbre critère poppérien de la falsifiabilité. Du point de vue du dialogue entre science et religion, il est donc intéressant de voir comment l'Eglise catholique a néanmoins engagé des scientifiques par rapport à cette question, estimant que, au contraire, il existe des 'miracles eucharistiques' susceptibles d'une vérification scientifique, c'est-à-dire des cas survenus dans le passé ainsi que de nos jours où l'hostie consacrée dans l'Eucharistie serait devenue – et restée – chair et sang visible. Ce qui constituerait donc un phénomène testable.
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Conférence-débat du mercredi 17 mai 2017 à la crypte de Saint Ferdinand des Ternes avec la participation de Tugdual Derville, délégué général d'Alliance Vita et Bertrand Vergely, philosophe. Débat animé par le Père Matthieu Rougé, curé de Saint Ferdinand des Ternes. Emission KTO TV Hors-Série du 13/06/2017. Tugdual Derville: 'Nous sommes dans une culture où l'homme devient un variable d'ajustement pour l'homme. Où l'homme fragile est traité en déchet par l'homme qui se croit tout-puissant et capable de tout.' Bertrand Vergely: 'La vérité, ce que nous n'avons pas affaire à des gens pleins de bonnes intentions qui ont comme but d'améliorer notre vie quotidienne, nous avons affaire à ce que j'appellerais des métaphysiciens abérrants et sauvages dont le but [...] est de créer une nouvelle humanité qui n'a plus rien à voir avec l'humanité qui a existé jusqu'alors et qui n'hésite pas à dire d'elle-même: "nous allons créer la troisième religion de l'humanité, celle de l'Homme-Dieu".' Durée 1 heure 16 minutes. Niveau grand public.
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Dans le cadre d'une journée de réflexion sur la pensée de René Girard, Michel Serres de l'Académie française offre une méditation personnelle sur les "trois sacrifices" - humain - animal - floral - en proposant une lecture de l'histoire biblique de Jonas comme annonçant le passage vers le concept du sacrifice au Nouveau Testament et sa sublimation dans le pain et le vin de l'Eucharistie. Intervention dans le cadre du colloque "Faut-il avoir peur? René Girard penseur de la violence" le 6 mai 2017 à l'Institut catholique de Paris. Durée 27 minutes, niveau grand public instruit.
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Des archives de la Radio Télévision Suisse, nous présentons une série d'émissions sur Carl Gustav Jung (1875-1961) et sa relation complexe avec la notion du divin. Figure majeure du dialogue entre science et pensée religieuse au XXe siècle, Jung reste un penseur controversé dont l'influence socio-historique reste néanmoins indéniable, notamment en raison de son statut en tant que précurseur du Nouvel Âge. La publication récente et très médiatisée de son "Livre Rouge", longtemps gardé secret par sa famille, a relancé le débat autour d'une oeuvre à l'intersection de la psychiatrie, la mystique et l'ésotérisme. Pionnier de l'inconscient ou inventeur d'un vocabulaire pseudo-scientifique pour s'échapper à ses propres expériences inexplicables à la frontière entre folie et occultisme? La pensée jungienne constitue-t-elle une ressource pour une spiritualité chrétienne en quête de connaissance sur la psychologie des profondeurs, ou une réinterprétation gnostique dangéreuse de termes hérités du christianisme? A vous de juger. Emissions "A vue d'esprit" enregistrées en juillet 2012, durée 29-30 minutes. Niveau grand public instruit. Photo: Carl Jung devant la clinique Burghölzli, Zürich, 1910. (Résumé: Peter Bannister)
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Dans le monde catholique, peu de mots sont aussi susceptibles de déchaîner les passions que 'Medjugorje', le nom du village en Bosnie visité par des dizaines de millions de pèlerins attirés par les supposées apparitions de la 'Gospa', la Vierge Marie, depuis 1981 jusqu'à nos jours. Objet d'une grande dévotion pour certains et de dénonciations féroces pour d'autres, dont notamment l'évêque local, Medjugorje a fait couler beaucoup d'encre au cours de ce mois de mai pour plusieurs raisons. D'abord suite à la conférence de presse donnée par le Pape François dans l'avion en revenant du Portugal après la commémoration du centenaire des apparitions de Fatima. Interrogé sur son avis par rapport à Medjugorje, le Pape exprima à la fois sa reconnaissance pour le rapport de la Commission présidée par le Cardinal Ruini sur les apparitions, son estime pour les fruits pastoraux observés en Bosnie, mais également son scepticisme au sujet des voyants censés encore voir la 'Gospa' de manière régulière 36 ans après leurs premières expériences mystiques (le Pape révélà d'ailleurs l'existence d'une certaine tension interne à Rome entre la Commission Ruini et les membres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi). Le second coup de théâtre fut la publication par le journal italien La Stampa d'un article par le célèbre vaticaniste Andrea Tornielli avec des détails concernant les conclusions de l'équipe du Cardinal Ruini, dont les membres auraient voté 13-1 en faveur de l'origine surnaturelle des 7 premières apparitions en 1981, leurs avis étant cependant partagés quant à l'évaluation de l'authenticité des apparitions actuelles. En même temps l'envoyé officiel du Vatican à Medjugorje, l'archévêque polonais Henryk Hoser, généralement considéré comme étant très favorable à l'authenticité des apparitions, a déclaré que son rapport basé sur son travail pastoral sur le terrain sera livré avant la fin du mois de juin 2017. Si sciencesetreligions.com s'intéresse à ce qui se passe dans le cas de Medjugorje, c'est entre autres parce que ces apparitions alléguées sont les premières dans l'histoire à avoir été l'objet de rigoureuses études scientifiques avec le déploiement de tout l'appareillage des neurosciences. Le débat actuelle nous fournit donc une occasion pour revenir cette interaction expérimentale entre science et religion en reproduisant les conclusions des diverses équipes scientifiques ayant enquête le cas de Medjugorje. (Photo: gnuckx)
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Enregistrements audio des conférences données à l'occasion de la 7ème Journée annuelle du Réseau des Scientifiques Evangéliques Suisse Romande autour des questions liées à l'écologie et au développement durable. Nicolas Ray (Université de Genève) fait l'état des lieux des conséquences de l'action humaine sur le climat et présente des pronostics pour les décennies à venir. Dominic Roser (Université de Fribourg) offre une lecture des ambiguïtés de l'industrialisation vue à la fois comme une bénédiction et la source de nouvelles formes de pauvreté, notamment liées aux changements climatiques. Jean-François Mouhot (centre Les Courmettes) emploie le concept d'"esclaves énergétiques" (Buckminster Fuller) en examinant les tactiques utilisées avec succès au 19ème siècle pour l'abolition de l'esclavage afin d'en tirer des conclusions pour les écologistes d'aujourd'hui en lutte contre le changement climatique. Fabien Revol (Université Catholique de Lyon) s'appuie sur l'Encyclique du Pape François Laudato Si' pour poser la question de savoir si on devrait comprendre la sauvegarde de la Maison Commune comme une exigence de la foi chrétienne. Conférences suivies d'une table ronde. Niveau grand public instruit.
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