Constat Médical et Analyses Scientifiques des évènements de Soufanieh

Etude des phénomènes allégués (exsudations d’huile, stigmatisations, guérisons) liés à la supposée voyante Myrna Nazzour à Soufanieh en Syrie. Texte intégral du livre, préfacé par l’Abbé René Laurentin. 12 au 16 avril 1990 » (Paris, F.X. de Guibert, 1991). Niveau grand public instruit

Pourquoi le docteur Philippe Loron écrit-il sur les extases, effusions d’huile et stigmates d’une jeune mère de famille nommée Myrna, dans le quartier de Soufanieh à Damas (Syrie) ?

Ce jeune neurologue, 40 ans, fut successivement: Interne et Chef de clinique. Il est aujourd’hui Médecin des Hôpitaux de Paris, à la fameuse Salpêtrière, devenue le haut lieu de la Neurologie et de la Psychiatrie, depuis les temps héroïques où Freud y visita Charcot.

Un défi à la sagesse des sages

A un neurologue, les faits de Soufanieh ne pouvaient paraître qu’étranges et suspects. Mais le docteur Loron est un scientifique sans oeillères, il ouvre largement son champ d’observation à tout ce qui mérite attention.

Ainsi a-t-il étudié la fameuse médecine des plantes de sainte Hildegarde dont beaucoup de recettes se révèlent fondées, quelle qu’en soit la cause: intuitions exceptionnelles, captation d’une tradition, révélation privée, ou confluence de ces 3 sources auxquelles se réfère sainte Hildegarde de Bingen. La même curiosité l’orienta vers Medjugorje. Ses observations et ses interprétations des électro-encéphalogrammes réalisés par le docteur Joyeux ont été une nouvelle étape dans l’étude de ces phénomènes.

C’est cela qui l’a conduit à se pencher sur les faits invraisemblables de Soufanieh. Il s’y est rendu à Pâques 1990: date bien choisie pour une observation optimum, car Myrna devait avoir alors, stigmates et effusion d’huile: ce qui arrive seulement les rares années où la Pâque catholique et la Pâque orthodoxe coïncident (et cela n’arrivera plus jusqu’au prochain millénaire – l’an 2001). Il a pu observer l’effusion d’huile et la formation des stigmates; ce qui importait pour exclure l’automutilation.

Il a collationné les observations de ses prédécesseurs: les docteurs Georges Mesmar, Mounayer et Antoine Mansour, Américain d’origine libanaise, professeur de chirurgie en deux Universités américaines et membre du Conseil scientifique de la Maison Blanche. Il a poussé plus avant les recherches méthodiques. L’esprit scientifique, ce n’est pas de rejeter d’un revers de main les faits qui dérangent les idées reçues, mais de chercher à les comprendre.

On pourra s’étonner qu’il n’ait pas pratiqué à Damas les tests sophistiqués réalisés à Medjugorje par le Professeur Joyeux et par les médecins italiens de l’A.R.P.A.: électro-encéphalogrammes, électro-oculogrammes et autres. Mais, travaillant à titre personnel il ne pouvait transporter les appareils encombrants (et suspects aux douanes) qu’il utilise dans les services de la Salpêtrière.

On peut s’étonner aussi que son regard très ouvert ne dissocie pas davantage, selon l’usage établi, la perspective proprement scientifique et sa sympathie d’observateur participant avec le vécu de Myrna. Les rigueurs du scientisme tendent à faire considérer comme péché mortel toute interférence de la science avec la foi, mais quand le médical et le surnaturel se trouvent conjoints dans une même personne humaine, avec une grande unité de vie, la dissociation est artificielle. Il convient de distinguer pour unir. Bien plus, il est difficile de comprendre ces phénomènes, si l’on est fermé à leur inspiration spécifique. On risque alors de les réduire à des schémas préétablis qui leur sont étrangers. Les jeunes générations, sensibles au vécu et à l’expérience, dissocient moins. Telle fut aussi l’approche du Professeur Mansour chirurgien à Los Angeles.

On sera très attentif aux conclusions médicales entièrement positives qu’il présente en fin de volume.

Le docteur Loron manifeste la cohérence des extases et même des stigmates. Il exclut les hypothèses pathologiques, notamment l’hystérie qu’on ressort infailliblement devant tout phénomène mystique déroutant.

Il ose aborder les phénomènes les plus déconcertants de Soufanieh: comment un corps, comment une icône peuvent-ils émettre de l’huile? Comment y peut-on trouver des traces de cholestérol? C’est un défi à toute vraisemblance. Le docteur Loron n’escamote pas pour autant les données du problème. Il les circonscrit. Il produit les constats et examens d’huile faits en laboratoire et reconnaît n’avoir pas d’explication scientifique satisfaisante sur ce point.

Nécessité de la critique

Certes, l’esprit critique et même la méfiance s’imposent en pareille matière, car il y a des supercheries et des cas aberrants.

Plusieurs m’ont été signalés.

Le docteur Loron n’a pas écrit sur le jeune Bassam Assaf, un autre Syrien, résidant à Paris, que je m’étais gardé d’aller voir, malgré le jugement positif qu’a porté sur lui, après enquête, Sa Béatitude, Ignace IV Hazim, patriarche orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient. Aujourd’hui, ce serviteur de M. Michel Merhej est en prison pour escroquerie.

Je ne dis pas que le patriarche et ses experts se sont trompés. La question est infiniment plus complexe que la presse ne l’a simplifiée. Le prestidigitateur Majax, interviewé sur une de nos grandes chaînes de télévision, assurait avoir identifié la supercherie: «Bassam Assaf prenait une capsule d’huile dans un piano.» Mais, lors de cette émission, le piano avait disparu depuis 2 ans. D’autres, ont assuré qu’il tirait des capsules de sa chemise. Une enquête télévisée a braqué les projecteurs sur un reflet dans le dos de sa veste, tandis qu’il descendait un escalier. Ce point vaguement lumineux, que l’émission imposait à l’attention en l’entourant d’un cercle lumineux était censé indiquer une capsule. Mais cette vague lueur pouvait indiquer mille autres choses. La capsule n’a point été identifiée ni l’hypothèse vérifiée. Bref, les explications proposées ne sont ni démontrées, ni cohérentes entre elles.

De plus, tout le monde a négligé un autre phénomène, beaucoup plus déconcertant. Une centaine de visiteurs de Bassam Assaf ont eu, eux aussi, à leur grande surprise, des effusions d’huile dans leurs propres mains: y compris des gens de valeur que je ne nommerai pas: tel personnage du plus haut niveau international, tel expert du patriarche… et M. Merhej lui-même… dont l’esprit critique a finalement démasqué l’escroquerie: son serviteur concoctait des messages de la Vierge pour le porter au pinacle (il était un des «deux témoins de l’apocalypse» 11,3-4) et lui demander de juteuses sommes d’argent. M. Merhej, qui a bien suivi la question de bout en bout n’a aucune explication à proposer. En quoi il se montre objectif et prudent. Les experts les plus qualifiés (qui n’ont pas publié) en viennent à se demander si un phénomène originellement authentique n’aurait pas dévié par goût du lucre, ou même par un relais satanique. Les faits n’ont pas été suffisamment étudiés. Ils ont été outrageusement simplifiés (par les partisans comme par les adversaires). On ne détient pas d’explication et le phénomène restera mystérieux. Le tribunal a condamné Bassam Assaf pour avoir utilisé ces phénomènes aux fins d’escroquerie. Il lui sera parfaitement indifférent d’élucider dans quelle mesure les phénomènes relèvent de la supercherie, du paranormal ou de l’authenticité; du surnaturel d’en haut ou du surnaturel d’en bas.

Si l’affaire parisienne de Bassam Assaf finit mal pour lui, et tristement pour ceux qu’il a escroqués, l’icône de Toulouse, au contraire, fait ses preuves, malgré les insinuations malveillantes de la presse. L’archevêque a interdit la vénération publique, le 24 mai 1991, mais il a autorisé, en même temps, la vénération privée, sous la responsabilité du propriétaire de l’icône: M. Paul Gardey de Soos (6 rue Darquier à Toulouse): dans une rigoureuse discrétion et gratuité. Le 24 décembre 1991, il a signé, avec le Père Abbé d’En-Calcat, un décret instaurant un Comité de gestion, chargé de guider cette vénération «au spirituel comme au temporel». Il a pris ces décisions en connaissance de cause. Sa Commission a fait un examen minutieux de l’icône, et il a reçu un dossier considérable: de guérisons et conversions, qui continue à grossir chaque jour. Alors qu’institutions, firmes et partis de ce monde font publicité tapageuse de leur gloire, l’Église met tout son zèle à cacher les miracles et signes du ciel, par crainte d’exaltation des fidèles et de moquerie des infidèles.

Le Docteur Loron a fait analyser par des laboratoires, la nature du liquide onctueux que répand l’icône de Toulouse, et son parfum (du type «bois de rose» avec une étonnante composante d’éthanol et butanol 1). De telles analyses manifestent la cohérence paradoxale du fait, mais n’apportent ni la preuve du surnaturel, ni une explication naturelle. Pourquoi ces effusions variées, tantôt d’un corps humain, tantôt d’une icône de bois ou de papier? C’est parfaitement déroutant, là où la supercherie n’est pas en cause. L’enquête scientifique laisse donc sur une question et une frustration. Le Dr Loron poursuit sa recherche ouverte sans majorer ses conclusions ni prétendre résoudre prématurément la tension entre l’objectivité abstraite des analyses scientifiques et les signes qui parlent aux croyants et souvent changent leur vie.

Même énigme pour l’icône du Canada qui a fait un séjour confidentiel en France, au début de 1992, chez des religieuses orthodoxes.

Comme dans la vie du Christ selon l’Evangile, Dieu continue a déconcerter la sagesse des sages. Et le discernement des faits spirituels doit rester vigilant, à l’affût des tromperies qui font du bruit et discréditent le surnaturel quand elles surviennent. C’est une des raisons de la méfiance de l’Église.

Myrna au-delà des suspicions

Myrna, que je connais bien, est au-delà des suspicions. Elle est désintéressée. Les événements ont dégradé la situation économique de son foyer que son mari menait vers la plus haute prospérité. C’est un être exceptionnellement limpide et sans duplicité. Cette jeune femme, bonne épouse et tendre mère de famille, assume ce qui lui advient, souffrances comprises, avec une ingénuité sans habileté qui ne trompe pas. C’est ce que confirme l’étude critique du docteur Loron.

Puisse-t-elle conduire à une plus large étude de tant de phénomènes d’effusions dont bien des aspects nous dépassent encore. Quand des faits insolites nous interpellent ou déroutent les a priori scientifiques, à un stade donné de la science, ne vaut-il pas mieux ouvrir la fenêtre pour observer et pénétrer ces faits plus avant plutôt que de fermer les volets en parachutant une de ces explications simplistes et non vérifiées dont le rationalisme avait le secret. Même si certains de ces faits se révèlent négligeables ou sans signification du strict point de vue scientifique, ils peuvent avoir un sens par rapport à Dieu qui les habite et s’y manifeste par la prière et la conversion. Ils peuvent même être un signe des temps qui importe à la marche du monde. Les messages reçus par Myrna ont une portée prophétique. Si précieuse que soit la dimension scientifique et technique pour la conduite de l’Etat et même de l’Église, une dimension manque, si l’on s’en tient là, car l’homme n’est pas seulement un animal raisonnable, il est un être spirituel, dont la destinée (personnelle et communautaire) a un sens spirituel en ce monde et au-delà. A cet égard, Dieu reste une clé de la communication humaine et de l’avenir. ” Le troisième millénaire sera religieux ou ne sera pas, il sera spirituel ou ne sera pas“, selon les deux formules entre lesquelles Malraux semble avoir hésité.

Signification théologique

Quant au sens:

– Les stigmates sont un accomplissement gratuit de la communion à la Passion du Christ. Comme François d’Assise, Myrna les reçoit comme une participation ” à la plus grande preuve d’amour”, pour “achever en son corps ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Église ” (Col 1, 24).

– Quant aux effusions d’huile, à Soufanieh, elles sont austères: même pas parfumées comme ailleurs. On ne peut donc leur appliquer la formule poétique du Cantique des Cantiques (1,3) reprise par une antienne de la liturgie adressée à Notre-Dame:Dans l’odeur de tes parfums, nous courons Bienheureuse Vierge Marie. Mais l’huile garde un sens biblique profond: on l’utilisait pour l’onction des rois et des prêtres. Quatre sacrements sur sept l’utilisent: le Baptême (à deux reprises), la Confirmation, l’Ordre et l’Onction des malades. L’huile est un symbole archaïque et familier, en bonne place dans la vie des hommes: alimentation, beauté, soin des malades, qui apprécient les onguents. Elle signifie la douceur et la proximité de Dieu, sa pénétration intérieure, sa puissance qui régénère et guérit, et c’est bien ce qu’attestent les conversions et guérisons de Soufanieh. 
 

Père René Laurentin 


Avant-propos

Lorsque nous décrivons des phénomènes curieux chez des personnes suspectées d’être hystériques, nous concluons à une supercherie. L’histoire en est remplie. C’est sans doute le cas pour beaucoup de ces phénomènes de nos jours.

Ici, à Soufanieh, ma curiosité de scientifique fut éveillée par le livre de Christian Ravaz, directeur du journal catholique Chrétiens-Magazine, préfacé par le père René Laurentin, célèbre mariologue: “Soufanieh, les apparitions de Damas” (éd. Mambré, 1988).

Vraiment, cela paraissait trop gros. Je me suis senti poussé à m’y rendre à Pâques 1990, pour observer les événements qui pourraient se produire durant cette Semaine Sainte. Il était vraisemblable que nous pourrions assister à l’ouverture des stigmates et à une extase mystique, ainsi qu’à l’écoulement d’huile d’une image de la Vierge Marie à l’Enfant.

Et c’est ce qui s’est produit effectivement. De nombreuses diapositives personnelles et un vidéofilm réalisé par nos soins l’attestent en effet. J’ai commencé une série de conférences à ce sujet, à Paris et en province, pour témoigner aussi bien de l’aspect scientifique que de l’aspect de la foi. Science et foi ne s’opposent pas: elles se complètent. 


 

I. Que se passe-t-il à Soufanieh?

Les faits:

Tout a commencé brusquement le 22 novembre 1982. Comme le dit Christian Ravaz: «Rien ne laissait penser que Myrna, jeune femme de dix-huit ans, mariée à Nicolas Nazzour depuis sept mois… allait être au centre d’une aventure qui dépasse l’entendement.»

Myrna est catholique, Nicolas orthodoxe, tous deux de rite grec byzantin. Nous sommes à Soufanieh, quartier chrétien de Damas, ville célèbre dans l’histoire du christianisme pour avoir été l’endroit de la conversion subite de saint Paul (Actes 9). Dans le même ordre d’idée, les événements à Soufanieh ont été qualifiés par un prêtre comme étant de la «provocation» divine.

La maison qu’habitent Myrna et Nicolas n’est pas loin des anciennes murailles de la ville antique, et notamment de la porte de Saint-Paul, par où celui-ci put s’échapper lors de la persécution par les Juifs, en étant descendu le long des murailles dans une corbeille (Actes 9, 25).

Ce 22 novembre 1982, Myrna se rend au chevet de sa belle-soeur, alitée en raison de vives douleurs. Plusieurs parentes et voisines sont présentes et se mettent à prier pour la malade. «Soudain, explique Myrna, j’ai senti une chose …… sont présentes et se mettent à prier pour la malade. «Soudain, explique Myrna, j’ai senti une chose étrange, indescriptible, tout mon corps frissonnait. Comme si une force était sortie de moi.»

Une jeune femme de confession musulmane, prénommée Mayada, a crié: «Myrna, qu’est-ce qu’il y a sur tes mains ?» De l’huile coulait de ses mains. Myrna se met alors à crier devant l’étrangeté du phénomène: «O Vierge, au secours!» Puis elle frotte les endroits douloureux de sa belle-soeur avec ses mains ruisselantes d’huile, et celle-ci est immédiatement soulagée, ce qui lui permet de se lever et de s’occuper à nouveau de tâches ménagères.

Dans la soirée, lors d’une nouvelle prière en commun, Myrna a le même phénomène. Quelle est sa première réaction? Voici ce qu’elle écrit:

«Mon Dieu, qu’est-ce c’est, cette huile? Je sais que c’est la puissance divine, mais pourquoi m’as-tu choisie, moi qui suis si faible, alors que des milliers méritent plus que moi cette grâce? Malgré cela, que Ta volonté soit faite! Maintenant, je t’offre mes actions, mes fatigues, mes peines, mes souffrances et mes joies, pour qu’il ne reste rien, sinon pour T’honorer. O Dieu, je mets en Toi tout mon espoir, parce que je crains mes faiblesses. Fais que je m’éloigne de tout acte que je ne veux pas»

Pour une jeune femme n’ayant pratiquement pas de culture religieuse, et ne fréquentant les célébrations liturgiques que lors d’obligations, une telle déclaration de foi est tout à fait remarquable. Elle prend un relief considérable dans l’évaluation psychologique de Myrna, étant donné le recul de près de dix ans que nous avons aujourd’hui.

Actuellement, la sincérité, l’honnêteté et l’humilité de cette jeune mère de famille ne sont absolument pas sujettes à caution pour qui se donne la conscience d’une évaluation juste et raisonnable. Nous y reviendrons bien sûr.

Le deuxième événement surprenant fut celui de l’écoulement d’huile d’une image reproduisant une icône de la Sainte Vierge à l’Enfant Nicolas avait rapporté de Sofia, en Bulgarie, plusieurs images de ce type, de petite taille – environ huit centimètres de haut sur six de large.

Le 27 novembre – date anniversaire de la Médaille Miraculeuse de la rue du Bac à Paris, signalons-le au passage -, Myrna remarque en vaquant à ses tâches ménagères, le caractère très brillant d’une de ces images. Elle la prend et constate que des gouttes perlées se forment sur le verre qui la protège.

Elle appelle son mari qui en est aussi stupéfait qu’elle. Il place l’image sur une assiette décorative . Celle-ci se remplit rapidement de liquide huileux jaune, ayant l’odeur d’huile d’olive (la quantité est estimée de 150 ml). Myrna et Nicolas tombent à genoux, sidérés. «Comment l’huile peut-elle couler si abondamment d’une image imprimée sur du papier ordinaire?» s’interrogent-ils.

Myrna entend alors pour la première fois un message d’une voix féminine qu’elle reconnaîtra bien ensuite, comme étant celle de la Vierge Marie:

 Ma fille Marie (c’est le vrai prénom de Myrna), ne crains pas, Je suis avec toi. Ouvrez les portes, ne privez personne de Ma vue.

Depuis cette date, la maison de Myrna et de Nicolas est ouverte constamment à la prière, jour et nuit pourrait-on dire. Car si les pèlerins peuvent entrer à n’importe quelle heure du jour puisque la porte reste alors ouverte, il arrive que certains aient demandé à entrer vers 2 h, 3 h ou 5 h du matin pour prier. Cela ne leur fut jamais refusé par le couple Nazzour.

L’accueil est toujours simple et chaleureux, dans l’exigence d’une totale gratuité et ce, sans se départir, depuis neuf ans. Quelle leçon à tout point de vue, pour le croyant comme pour le scientifique!

Ces phénomènes d’émission d’huile, des mains de Myrna et de l’image, se sont réitérés de nombreuses fois, jusqu’aux dernières connues en novembre 1991, au moment de la rédaction de ce livre.

Pour Myrna, c’est souvent à l’occasion de fêtes ou de prières à la Vierge, à Soufanieh ou en déplacement. Il ne faudrait pas penser que cette émission d’huile par les mains soit l’apanage de Myrna seulement. D’autres personnes en furent les bénéficiaires: certaines n’appartenant pas à la famille – et notamment une des premières personnes à être guéries grâce à l’huile de l’image -, et d’autres, étant étrangères à la Syrie.

Pour l’image, c’est en dehors de toute prière. Signalons à propos de cette reproduction d’icône, deux faits étranges. Le premier concerne son transfert officiel en grande pompe par les autorités ecclésiastiques orthodoxes dans l’église de la Sainte-Croix, à quelque 500 mètres/verges du domicile de Myrna.

Pas une goutte d’huile n’y fut remarquée alors. Bien au contraire, une deuxième image analogue se mit à émettre de l’huile chez Myrna et Nicolas. La première image fut renvoyée sans ménagement à ses propriétaires au bout de quarante-trois jours, en désespoir de cause. Le soir même, l’huile coulait.

Le deuxième fait consiste en les nombreuses reproductions disséminées dans le monde entier. On en dénombre quelques centaines à avoir émis aussi de l’huile chez des particuliers, dont les maisons sont devenues des maisons de prière.

Ceci a pu être rapporté dans d’autres villes de Syrie, au Liban, en Jordanie, en Israël, en Irak, en Egypte, en Arabie Saoudite, en France, en Suisse, aux États-unis, au Canada, au Venezuela, et la liste n’est probablement pas exhaustive. Je connais personnellement le témoignage de deux personnes, en France, dont j’ai vu ces images étonnantes, absolument pas altérées par les taches d’huile qui s’y étaient étalées.

De tels phénomènes inexplicables sont répertoriés dans la tradition orientale, notamment du côté des orthodoxes.

Actuellement, nous pouvons dénombrer au moins trois autres phénomènes analogues:

–     l’icône Marie Portaitissa (Marie gardienne de la Porte du Ciel) de Montréal, (Québec, Canada) originaire des moines du Mont Athos, dont le propriétaire actuel est catholique. Il s’agit plutôt d’un parfum huileux très subtil; 
–     une reproduction imprimée et collée sur bois de cette icône exsude un parfum un peu différent, depuis l’année 1990, en France; elle est à Toulouse chez M. Paul de Soos; d’autres images analogues ont suinté, moins abondamment; 
–     une icône de la Vierge Marie et du Christ ont émis de l’huile en mai-juin 1990 dans une église copte orthodoxe de Cleveland aux États-unis.

Le symbolisme de l’huile et du parfum est très représenté dans la tradition orientale. De nombreuses citations bibliques s’y réfèrent, surtout pour l’huile, en tant que symbole d’amour, de paix, de consécration, de guérison et d’allégresse. Il s’agit d’un langage d’amour qui parle à notre coeur, et non pas à l’intellect.

Le Saint-Chrême servait à oindre les rois de la lignée davidique jusqu’à nos rois de France. L’huile est utilisée en tradition occidentale pour les sacrements de la confirmation et de l’extrême-onction, ainsi que pour la consécration des ordres religieux. C’est un langage universel, au-delà des mots.

Nous citons, à propos des manifestations d’huile, le témoignage du général de police en retraite, Georges Bdéoui, notamment sur les événements qui eurent lieu à Khabab, ville située à 60 kilomètres (40 milles) au sud de Damas (extrait de son rapport du 6.5.1987):

«Les événements de Soufanieh ont commencé, autant que je m’en souviens, en 1982. Je commençai à entendre de nombreuses personnes, témoins de l’huile qui exsudait d’une image de la Vierge ou des mains de “Myrna”. Mais je ne visitai pas Soufanieh, bien que je ne doutai pas une minute des faits relatés, et je me disais toujours: “Je crois à la Sainte Vierge, à Sa Puissance et à son rôle dans l’Église. Et je n’ai pas besoin de quoi me renforcer dans cette foi. La vue de l’huile n’augmente pas ma foi, et ne pas voir l’huile ne la réduira pas.»

Je ne sais si j’ai raison de penser ainsi, mais c’est ainsi que j’ai vécu ma foi – que je la pratique ou non. Je n’ai jamais cherché à visiter un sanctuaire ou le tombeau d’un saint. Même, il ne m’est jamais arrivé, toutes les fois que je visitai le couvent de la Vierge à Sednaya, d’en visiter le sanctuaire, sauf quand j’ai accompagné ma mère -que Dieu ait son âme-, qui voulait s’acquitter d’un voeu.

Comment donc me suis-je trouvé à Soufanieh soudain, cela nécessite un témoignage que je donne, bien que tardif.

Cela date de l’hiver 1985. Je me trouvais à Khabab, pour l’enterrement d’un ami. Aussitôt après je m’en allais -comme j’ai toujours l’habitude de faire – à l’archevêché pour voir Mgr Boulos Bourkhoche, l’évêque du lieu, et ses vénérables prêtres. Je leur porte à tous un très profond respect et je me sens lié à eux par une profonde affection. Je constatai ce jour-là que l’archevêché était plein de visiteurs. Je sus que Myrna et son mari Nicolas sont les hôtes de l’Archevêché et que des foules viennent participer à la prière qui a lieu à la chapelle de l’Archevêché. J’y passai un moment puis j’accompagnai Son Excellence et ses prêtres à l’église cathédrale pour assister aux grandes complies. Après la prière, nous revînmes à l’Archevêché. Le frère de ma femme, si j’ai bonne mémoire, nous accompagnait, Mgr Ghazi Al-Khoury. J’entrai avec Monseigneur pour lui dire au revoir, tandis que Ghazi est resté dans la cour extérieure.  A peine étions-nous entrés, que quelqu’un vint nous dire: “Monseigneur, la Vierge est là à pleurer et nous avons placé l’image dans la chambre du père Mouaffaq (le père vicaire).” Je me dirigeai avec Monseigneur, le père Mouaffaq et M. Georges Zaraane, vers la chambre à coucher du père vicaire, qui se trouve dans le coin sud-ouest de l’évêché. J’y vis une grande image de la Sainte Vierge, adossée au mur oriental de la chambre, sur une table ou un placard – je ne m’en souviens plus. Deux larmes descendaient des yeux de la Vierge. Aussitôt le père Mouaffaq entonne le chant: “Seigneur, sauve ton peuple…” Nous chantâmes avec lui. Puis le père Mouaffaq apporta une caméra et prit plusieurs photos. Je profitai du fait qu’il n’y avait personne d’autre dans la chambre pour observer l’image sous tous les angles et j’en examinai tous les détails, sans du tout douter de la vérité de ce que je voyais. Deux choses attirèrent mon attention. La première: la trace des larmes remplissait la surface totale des deux yeux. On aurait dit que les deux yeux étaient remplis de larmes avant qu’elles n’aient coulé. La deuxième: une petite larme était en train de se former dans le coin de l’oeil gauche.

Je remarquai aussi la rougeur des deux yeux, alors que j’ai pu vérifier que les larmes coulaient sur le verre extérieur, grâce aux grains de poussière qu’on voyait clairement dans la coulée des larmes à l’intérieur et à l’extérieur des deux yeux.

Je gardai ces remarques en moi-même et n’en soufflai mot à personne. Ce jour-là, je n’essayai pas de faire la connaissance de Myrna, ni de son mari. Et au moment où les gens affluèrent à l’archevêché pour voir ce qui s’y passe, je rentrai à Damas.

Des mois passèrent. Personne ne me posa de question sur cet événement. Moi-même je n’allai à Soufanieh que la veille de la fête de l’Annonciation 1985. Ce soir, le père Élias Zahlaoui célébra, à Soufanieh, l’Acathiste, avec sa chorale “Choeur-Joie”.

Fin octobre 1985, le père Zahlaoui me demanda de l’accompagner à Khabab. J’acceptai de l’y conduire dans ma voiture. Il y avait aussi avec nous le journaliste français Robert Piétri, qu’on me dit être professeur de journalisme à la Sorbonne, en poste à la télévision française, et invité en Syrie par la Ligue Arabe pour donner des cours de journalisme dans le centre arabe d’information. Il y avait aussi le père Pierre Veau, prêtre français de Mauritanie, venu à Damas pour des cours d’arabe. Il y avait aussi Myrna et Nicolas son mari, dont je faisais la connaissance pour la première fois…

Nous arrivâmes à Khabab vers 17 heures. Son Excellence Mgr Boulos Bourkhoche nous accueillit au salon de l’archevêché étaient présents aussi les pères Mouaffaq Al-Ide, Simaan Sidaoui et Jean Kanakri, les religieuses du Bon Service et quelques domestiques de l’archevêché. Après les présentations, le père Zahlaoui suggéra d’appeler M. Louis Rizk, professeur du secondaire à Khabab, pour qu’il raconte à M. Piétri comment il avait été témoin de l’exsudation de l’huile des mains de Myrna. Quelques minutes après, M. Rizk arriva et expliqua à M. Piétri ce qui se passa en sa présence, tandis que le père Zahlaoui traduisait en français. Tout à coup, Myrna pâlit et l’huile coula de ses mains. C’était la première fois que je voyais l’exsudation de l’huile. M. Piétri prit quelques photos. Moi-même je fus l’un de ceux qui séchèrent les mains de Myrna avec des mouchoirs de papier… M. Rizk continua son témoignage. A 18 heures, Myrna demanda qu’on descende à la chapelle de l’archevêché pour prier – en effet, à 18 heures, la prière se fait à Soufanieh aussi. Toutes les personnes présentes descendirent à la chapelle et participèrent à la prière au cours de laquelle l’huile coula de nouveau des mains de Myrna. M. Piétri prit là aussi quelques photos. A la fin de la prière, on me demanda de dire mon témoignage à M. Piétri dans le détail. Puis nous revînmes au salon, fîmes nos adieux à Son Excellence et aux personnes présentes, et primes le chemin du retour.

Je devais être impressionné par ce qui s’est passé. Il faisait nuit et je sentais tout au long de la route une main me pousser en avant. Je ne me rendis compte qu’à l’entrée de Damas que le père Zahlaoui avait placé son bras derrière mon dos, car il partageait le siège avant avec le père Veau. Arrivé au rond-point de l’aéroport, le père Zahlaoui demanda à M. Piétri s’il pouvait venir à Damas pour le troisième anniversaire de Soufanieh, le 26 novembre. M. Piétri s’excusa, vu les nombreux engagements qu’il avait dans plusieurs pays. Soudain, se répandit dans la voiture l’odeur agréable propre à l’huile. J’arrêtai la voiture et allumai la lumière intérieure: l’huile coulait des mains de Myrna pour la troisième fois en moins de trois heures, sous les yeux de M. Piétri qui parut profondément impressionné.

Le lendemain je me trouvai à Soufanieh et jusqu’à ce jour je ne m’en absentai que les rares jours où je me trouve loin de Damas. Cela m’arrive rarement. J’ai senti en effet que l’invitation qui m’a été adressée pour témoigner à un moment auquel je ne m’attendais pas, n’était pas pure coïncidence, mais une invitation secrète à accompagner le phénomène, et cela pour deux raisons.

La première: je connaissais le père Zahlaoui depuis bien longtemps. Je savais aussi qu’il se rendait fréquemment à Khabab. Et il sait quels liens profonds existent entre moi et son évêché. Malgré cela, il ne m’a jamais prié de l’y conduire…

La deuxième: bien que mon nom ait été cité dans le rapport fait par le père Mouaffaq sur ce qui s’était passé à Khabab, personne ne m’avait jamais posé la moindre question sur ce fait qui date de huit mois…»

Un troisième phénomène se produisit à Soufanieh entre décembre 1982 et mars 1983. Myrna eut cinq apparitions nocturnes de la Sainte Vierge Marie. «J’avais devant moi une très belle dame», s’est-elle exclamée la première fois.

Les apparitions ont lieu sur la terrasse de la maison. Myrna se sent alors poussée à y monter irrésistiblement. Elle voit d’abord une boule de lumière à la hauteur d’une branche d’un eucalyptus du jardin public en face, puis la Sainte Vierge s’avance vers elle, laissant une traînée de lumière derrière elle, traverse la balustrade et s’arrête au milieu de la terrasse.

Un sanctuaire en marque actuellement l’endroit. Myrna a touché une fois un pied de la Sainte Vierge, et une autre fois lui a marqué d’une croix le front à l’aide de son pouce ruisselant d’huile. Elle a senti «un corps comme nous». A la fin de l’apparition, la Vierge Marie retourne vers l’arbre à reculons, sans se retourner. Puis elle disparaît dans un globe lumineux.

Myrna décrit ainsi la Vierge: «Elle était habillée d’une robe blanche, surmontée d’une cape avec une ceinture bleue, un voile sur son épaule droite, qui lui tombait à gauche jusqu’aux pieds; elle était très belle, je ne peux pas mieux la décrire, les mots me font défaut.»

Cette incapacité des voyants à décrire parfaitement la Vierge est classique. Il faut se souvenir que les essais de reproduction en statue ou en peinture les ont toujours déçus: sainte Bernadette Soubirous à Lourdes pour la statue actuelle («on ne peut décrire comme c’était!»), les voyants de Medjugorje devant la peinture de Baijot..

En tout cas, ils insistent tous sur Sa beauté extraordinaire et Sa tendresse de Mère. C’est au cours des apparitions que Myrna reçoit les trois premiers messages de la Vierge Marie. Nous les donnons intégralement. Leur analyse théologique sort du cadre de notre propos.

Mais il faut signaler que jusqu’à présent, aucune divergence théologique n’a pu être décelée par les deux prêtres catholiques, témoins fidèles des événements depuis la première année, les pères Joseph Malouli et Elias Zahlaoui. De plus, le père René Laurentin s’est rendu personnellement à Soufanieh en novembre 1987 et a fait remarquer au Père Malouli la haute spiritualité des messages à Soufanieh.

Messages de Notre-Dame de Soufanieh lors de Ses apparitions

Deuxième apparition: 
Samedi 18 décembre 1982, 23 h 37(1)

Mes enfants, 
– Souvenez-vous de Dieu: Dieu est avec nous (2) 
– Vous connaissez toutes choses et vous ne connaissez rien. 
– Votre connaissance est une connaissance imparfaite. 
– Mais viendra le jour où vous connaîtrez toutes choses comme Dieu me connaît. 
– Faites le bien à ceux qui font le mal. Et ne faites du tort à personne. 
– Je vous ai donné de l’huile plus que vous n’en avez demandé, et je vais vous donner quelque chose de bien plus fort que l’huile. (3) 
– Repentez-vous et croyez, et souvenez-vous de moi dans votre joie. 
– Annoncez mon Fils l’Emmanuel. 
– Qui l’annonce est sauvé, et qui ne l’annonce pas, sa foi est vaine. 
–Aimez-vous les uns les autres. 
– Je ne demande pas de l’argent à donner aux églises, ni de l’argent à distribuer aux pauvres. 
– Je demande l’Amour (en arabe: al-mahabba). 
– Ceux qui distribuent leur argent aux pauvres et aux églises,sans qu’ils aient l’Amour, ceux-là ne sont rien. 
– Je visiterai davantage les foyers, car ceux qui vont à l’église, n’y vont pas toujours pour prier (4) 
– Je ne demande pas que vous me construisiez une église, mais un lieu de pèlerinage (en arabe: mazaran)(5) 
–Donnez. 
– Ne privez personne de ceux qui demandent secours.

Troisième apparition: 
Samedi 8 janvier 1983, 23 h 37 (6)

La Vierge pleurait. 
Elle dit à Myrna «Ça ne fait rien.» 
Myrna aussi pleurait et criait: «La Vierge pleure.» 
Enfin la Vierge s’est retirée 
et avant de disparaître Elle esquissa un sourire.

Quatrième apparition: 
Lundi 21 février 1983, 21 h 30 (7)

Mes enfants, 
– Soit dit entre nous, Moi, je suis revenue ici. 
– N’insultez pas les orgueilleux qui sont dénués d’humilité. 
– L’humble a soif des remarques d’autrui, pour se corriger de ses défauts, tandis que l’orgueilleux corrompu néglige, se révolte, se fait hostile. 
– Le pardon, c’est la meilleure chose. 
– Celui qui se prétend pur et charitable devant les hommes, est impur devant Dieu. 
– Je vous fais une demande, un mot que vous graverez dans votre mémoire, que vous répéterez toujours: «Dieu me sauve, Jésus m’éclaire, le Saint-Esprit est ma vie, c’est pourquoi je ne crains rien.» N’est-ce pas, mon fils Joseph ? (8) 
– Portez (9) et pardonnez. 
– Portez beaucoup moins que n’a porté le Père.

Cinquième apparition: 
Jeudi 24 mars 1983, 21 h 30 (10)

Mes enfants, 
– Ma mission est terminée. 
– En cette nuit, l’Ange m’a dit: «Vous êtes bénie entre les femmes.» 
– Et je n’ai pu que lui dire: «Voici la servante du Seigneur.» 
– Je suis contente. 
– Moi, je ne mérite pas de vous dire: vos fautes sont remises. Mais mon Dieu l’a dit. 
– Fondez une église. Je n’ai pas dit: bâtissez une église. 
– L ‘Église qu’a adoptée Jésus, est une ÉGLISE UNE, parce que Jésus est un. 
– L’Église EST LE ROYAUME DES CIEUX SUR LA TERRE. 
– Qui L’A DIVISÉE A PÉCHÉ, ET QUI S’EST RÉJOUI DE SA DIVISION, A PÉCHÉ. 
– Jésus l’a bâtie: elle était toute petite. 
– Et quand elle a grandi, elle s’est divisée. 
– Qui l’a divisée n’a pas l’Amour en lui. 
– Rassemblez. 
– Je vous dis: priez, priez et priez. 
– Qu’ils sont beaux mes enfants à genoux, implorant. 
– N’ayez pas peur: je suis avec vous. 
– NE VOUS DIVISEZ PAS COMME LE SONT LES GRANDS. 
– Vous, vous apprendrez aux générations le mot d’UNITÉ, d’AMOUR et de FOI. 
– Priez pour les habitants de la terre et du ciel.


Témoins fidèles de Soufanieh

Le père Joseph Malouli et le père Elias Zahlaoui sont, comme les qualifie Christian Ravaz, les deux piliers de Soufanieh.

Le père Malouli est Lazariste, originaire de Maloula (petit village au nord de Damas, d’où son nom), l’un des derniers bastions où l’on parle encore couramment la langue contemporaine du Christ, c’est-à-dire l’araméen, actuellement perpétuée dans la tradition liturgique syriaque.

Il est très connu en Syrie car il fut éducateur pendant plusieurs décennies, et des membres du gouvernement ont été ses élèves. Sans complaisance pour les phénomènes extraordinaires, réputé sévère, «tout d’une pièce», le père Malouli se heurte à l’incompréhensible à Soufanieh depuis plus de neuf ans et en est l’archiviste scrupuleux.

C’est lui qui a fait appel à de nombreux experts scientifiques, y compris des médecins. Il m’a remis une copie des principales pièces de son dossier.

Le père Elias Zahlaoui est prêtre de la paroisse catholique Notre-Dame de Damas, dont il dirige la chorale. C’est un artiste sensible, poète à ses heures. Il vient de terminer ses mémoires, où il témoigne sur Soufanieh, plus dans l’optique de ses fruits spirituels.

Il fut brusquement projeté dans l’événement dès le 27 novembre 1982, ayant eu lui-même la paume de sa main droite imprégnée d’huile, alors qu’il contemplait l’écoulement d’huile sur la petite image de Soufanieh.

L’un et l’autre ont une large culture générale et religieuse, et une réputation solide. Beaucoup de personnes de haut niveau intellectuel se sont intéressées aux événements de Soufanieh à cause de l’avis favorable de ces deux prêtres.

Un tournant radical des événements a lieu à partir de fin octobre 1983. Alors que les apparitions sont terminées depuis le 24 mars, surviennent deux manifestations chez Myrna, pratiquement en même temps:

– d’une part, les extases, où Myrna devient totalement étrangère au monde environnant, et où elle reçoit dorénavant les messages de la Vierge, puis du Christ, depuis l’Ascension 1984;

– d’autre part, les stigmates, qui marqueront à partir de 1984 les dates de fête de Pâques (Jeudi Saint) commune aux catholiques et aux orthodoxes, dans l’esprit de l’oecuménisme qui semble caractériser ces événements.

Ce changement est d’ailleurs marqué par une profusion d’huile durant le mois de novembre: de nombreuses images, reproductions de l’icône, se mettent à exsuder l’huile de Soufanieh, dans des foyers, jusque chez des musulmans. Le mois de novembre fut appelé peu avant le «mois de l’huile» par le père Malouli, qui a dit que la Vierge l’avait pris au mot, à la lettre même. 


Les extases

Jusqu’à la dernière, le 26 novembre 1990, on compte trente-trois extases, dont huit en dehors de Damas. Myrna voit généralement, soit la Vierge, soit le Christ. Parfois c’est seulement une très vive lumière, au sein de laquelle elle entend une voix d’homme (le Christ). Ou encore le Christ lui apparaît sous forme de personne de lumière sans distinguer les traits de son visage, ce qui n’est pas le cas de la Vierge Marie.

La caractéristique de ces extases est d’être précédée pendant plusieurs minutes d’une abondante exsudation d’huile des mains, du visage et parfois du cou de Myrna (une seule fois aussi des pieds). Lorsqu’il s’agit d’une apparition du Christ, l’huile sort d’abord des yeux de Myrna, ce qui occasionne une vive brûlure avant qu’elle ne devienne insensible au cours de l’extase.

Les premières fois, on devait lui tenir les mains de peur qu’elle ne se blesse les yeux, tellement la douleur était vive et l’avait «surprise» sans prévenir.  Pendant cette période, Myrna bouge encore mais on doit l’allonger car elle perd tout repère extérieur.

Puis elle devient immobile durant toute l’extase, dont la durée peut varier entre cinq et soixante-quinze minutes. Elle prend parfois l’attitude avec la main droite bénissante, comme sur les représentations du Christ dans l’art byzantin, avec l’index et le majeur croisés en ‘X’ et les deux derniers doigts repliés.

C’est impressionnant de voir cette main ainsi positionnée un peu en hauteur et toute imbibée d’huile, comme véritable onction pour ceux qui y assistent…

A la fin de l’extase, les mouvements reprennent doucement. L’huile commence à sécher. Sa vue reste un peu trouble, un moment. Quand elle a vu le Christ, ce phénomène persiste plus longtemps qu’avec la Vierge.

La lumière intérieure l’empêche de voir quoi que ce soit. Elle est restée dans cet état durant soixante-douze heures consécutives du 27 au 29 novembre 1984. Ce qui a marqué cet épisode, c’est d’une part que Myrna ne mangeait ni ne buvait – elle prenait seulement la communion, et le dernier jour elle eut une communion «mystique» qui avait précédé la communion apportée par le prêtre -, et d’autre part qu’elle voyait les objets religieux (chapelets, images, crucifix) encore plus lumineux.

De fait, elle pointait son doigt sans hésiter pour les attraper en demandant ce que c’était. Lorsqu’elle ouvrait la Bible, elle tombait sur des passages de l’Evangile parlant d’aveugles. A deux reprises, le père Malouli a approché une image de la Vierge, sur laquelle Myrna plongeait sans hésiter deux doigts juste sur ses yeux. Serait-ce pour faire écho à la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas, au cours de laquelle il vit une grande lumière et l’apparition du Christ (Actes 9,1-25) puis resta trois jours aveugle, sans manger ni boire jusqu’à l’imposition des mains par Ananias ? Beaucoup de ces extases de Myrna furent filmées sur vidéo.

Les messages sont splendides. Nous n’en citerons que quelques-uns.

Le premier message du Christ, à l’occasion du jeudi de l’Ascension le 31 mai 1984, est remarquable:

Ma fille, 
Je suis le Commencement et la Fin. 
Je suis la Vérité, la Liberté et la Paix. 
Je vous donne Ma paix. 
Que ta paix ne repose pas sur la langue des gens, 
que ce soit en bien ou en mal, et pense du mal de toi-même. 
Car celui qui ne cherche pas l’approbation des gens, 
et qui ne craint pas leur désapprobation, 
jouit de la paix véritable. 
Et cela se réalise en Moi. 
Vis ta vie, sereine et indépendante. 
Que les fatigues entreprises pour Moi ne te brisent pas. 
Réjouis-toi plutôt. 
Je suis capable de te récompenser, 
car tes fatigues ne se prolongeront pas, 
et tes douleurs ne dureront pas. 
Prie avec adoration, car la Vie éternelle mérite ces souffrances. 
Prie pour que la volonté de Dieu s’accomplisse en toi, et dis:

    Bien-aimé Jésus, 
    accorde-moi de me reposer en Toi, 
    par-dessus toute chose, 
    par-dessus toute créature, 
    par-dessus tous Tes anges, 
    par-dessus tout éloge, 
    par-dessus toute joie et exultation, 
    par-dessus toute gloire et dignité, 
    par-dessus toute l’armée céleste, 
    car Toi seul es le Très-Haut, 
    Toi seul es Puissant et Bon par-dessus tout, 
    Viens à moi et console-moi et délie mes chaînes, 
    et accorde-moi la liberté, 
    Car sans Toi ma joie est incomplète, 
    Sans Toi ma table est vide. 
    Alors Je viendrai pour dire: 
    Me voici venu, car tu M’as invité. 


Les messages d’Unité

L’Unité de l’Église est le thème principal, aussi bien dans les messages de la Vierge que ceux du Christ. Voici quelques extraits:

-La Vierge, dimanche 4 août 1985:  L’Église est le Royaume des Cieux sur terre. Qui l’a divisée a péché, et qui s’est réjoui de sa division, a péché.

-Le Christ, jeudi de l’Ascension, 21 mai 1987:  Aimez-vous les uns les autres, et priez avec foi.

-Le Christ, le 26 novembre 1987 (5ème anniversaire du phénomène à Soufanieh): …Va et annonce dans le monde entier et dis-leur sans crainte: «qu’on travaille pour l’Unité…»

-Le Christ, le 14 août 1988 (Los Angèles, U.S.A.):  … En vérité, J’ai dit: «L’Église est le Royaume des Cieux sur la terre, qui l’a divisée a péché, et qui se réjouit de sa division a vraiment péché…»

-Le Christ, le 7 septembre 1988: … Dis à Mes enfants que c’est d’eux que Je demande l’Unité et Je ne la veux pas de ceux qui leur jouent la comédie en simulant de travailler pour l’Unité…

-Le Christ, le 26 novembre 1988 (6ième anniversaire):  … Tout ce que Je veux, c’est que vous vous rassembliez tous en Moi comme Je suis en chacun d’entre vous. ..

-La Vierge Marie, le 26 novembre 1989 (7ième anniversaire):  Mes enfants, Jésus a dit à Pierre: «Tu es la pierre, et sur elle, je bâtirai mon Église.» Et moi, je dis maintenant: Vous êtes le coeur dans lequel Jésus bâtira son Unicité. ..

Le véritable oecuménisme est basé sur l’amour et le respect mutuel, et non sur des actes officiels qui ne respectent pas forcément les différences de culture et d’ethnie.

– Le Christ, Samedi Saint 14 avril 1990:  Mes enfants, vous, vous apprendrez aux générations le mot d’Unité, d’Amour et de Foi. Je suis avec vous. Mais toi, Ma fille, tu n’entendras Ma voix qu’une fois la Fête (de Pâques) unifiée.

– La Vierge Marie, le 15 août 1990:  Mes enfants, priez pour la paix, et surtout en Orient, car vous êtes tous frères dans le Christ.

Ce message reprend ce qu’avait écrit saint Paul: «Il n’y a plus ici ni Juif ni Grec; il n’y a plus ni esclave ni libre; il n’y a plus ni homme ni femme; car tous, vous êtes un en Jésus Christ» (Gal 3,28).

Le dernier anniversaire (26 novembre 1990) semble clore les messages et les extases de Myrna. Voici le message de la Vierge Marie (extraits):  Ne crains pas, ma fille, si Je te dis que tu Me vois pour la dernière fois jusqu’à ce que la Fête (de Pâques) soit unifiée… Quant à l’huile elle continuera à se manifester sur tes mains pour la glorification de Mon Fils Jésus, quand Il le veut et où que tu ailles. En effet, Nous sommes avec toi et avec quiconque désire que la Fête (de Pâques) soit UNE.

La survenue des stigmates chez Myrna souligne cet idéal d’Unité, d’Amour et de Foi. 


Les stigmates

Ils surviennent en pleine conscience. L’ouverture des plaies est imprévisible mais elle est parfois annoncée par un «durillon» rosé lancinant au milieu de la paume des mains ou sur le dos des pieds. Elle est toujours pénible et douloureuse.

Jusqu’à présent, on compte quatre manifestations.

– La première eut lieu le vendredi 25 novembre 1983. Elle fut précédée de l’ouverture d’une petite plaie au côté gauche quelques jours auparavant. Les cinq plaies se sont ouvertes simultanément dans l’après-midi, puis ont cicatrisé complètement vers 23 heures sans laisser de croûte.

Elles ont été vues par l’archevêque grec orthodoxe, Mgr Stéphanos Haddad.

– La deuxième se produisit le Jeudi Saint 1984 vers 15 h 30. La plaie du côté était profonde, et mesurait dix centimètres. Un médecin de l’assistance conseilla à Nicolas d’emmener sa femme Myrna à l’hôpital pour qu’on lui couse la plaie du côté.

La réponse vint, nette et décisive: «Docteur, Celui qui a ouvert les plaies, les refermera.» Vers 23 h, les plaies étaient totalement fermées sans laisser de croûte. L’archevêque syrien catholique, Mgr Joseph Mounayer, a constaté ces stigmates.

– Les troisièmes stigmates se sont ouverts le Jeudi Saint 1987. On notera au passage que les événements surviennent souvent à Soufanieh, la veille du jour qu’ils veulent commémorer: extases pour l’anniversaire du 26 novembre alors que l’image a commencé à sourdre l’huile le 27 novembre, jour anniversaire de la Médaille Miraculeuse, stigmates le Jeudi Saint pour signifier la Passion du Christ le Vendredi Saint.

Le fait exceptionnel de ces troisièmes stigmates est que les premières minutes se sont déroulées en présence des pères Elias Zahlaoui et Joseph Malouli. Ceux-ci ont vu les premières gouttes de sang gicler du front de Myrna, où pour la première fois, une plaie s’était ouverte, évoquant la couronne d’épines.

Ils étaient tous trois seuls à prier dans la chambre. Myrna se tenait à genoux, en face d’une image de Jésus crucifié, et répétait à voix modérée: «Jésus, Marie.» Voici la suite du témoignage du père Elias Zahlaoui:

«Soudain Myrna cria d’une voix déchirante, en portant les deux mains à ses tempes: “Otez-le, ôtez-le ! ” Elle basculait en arrière. Je courais à elle et la soutins sous les épaules. De son front, soudain, gicla le sang, suivi de celui des deux mains, puis de celui des deux pieds…»

La plaie du côté s’ouvrit environ dix minutes après. Elle mesurait douze centimètres et avait la forme d’une griffure, selon le terme d’une biologiste française qui en était témoin, Mme Geneviève Antakly. Le lendemain elle était totalement fermée. Les autres plaies, soumises à l’examen de deux chirurgiens, ont mis plusieurs jours à cicatriser.

Le père Nicolas Baalbaki, chirurgien et prêtre grec orthodoxe, a vu et touché les troisièmes stigmates mais n’est resté que six minutes. C’est la seule fois où une extase suivit l’ouverture des plaies. Ceci autorisa l’examen médical en raison de l’état d’insensibilité, car autrement les stigmates sont trop douloureux pour faire supporter à Myrna le moindre attouchement.

– Les quatrièmes stigmates se sont ouverts le Jeudi Saint 1990. J’en fus témoin et un vidéofilm (voir références) en retrace le déroulement. Je reviendrai sur mes constatations scientifiques.

Les plaies du front se sont ouvertes sans prévenir vers 11 h 15, sous forme de cinq plaies longilignes verticales déterminant trois coulées de sang principales; puis, alors que Myrna était allongée, épuisée par la souffrance, les plaies des mains et des pieds un peu avant 14 h, et un peu après la plaie du côté, qui mesurait douze centimètres sous forme d’une griffure peu profonde.

Exception faite des stigmates du vendredi 25 novembre 1983 (veille du premier anniversaire), nous constatons que les stigmates s’ouvrent le Jeudi Saint lors des années où catholiques et orthodoxes célèbrent ensemble les fêtes pascales.

La prochaine échéance sur le calendrier, d’une telle date commune, est 2001. J’ai donc été un des témoins chez Myrna de la dernière ouverture des plaies, pour le XXe siècle. A moins que la Fête ne soit unifiée dans un élan d’oecuménisme authentique, qui tiendrait compte des messages de la Vierge Marie et du Christ à Soufanieh. Ce témoignage est en tout cas disponible en vidéofilm. 


Quelles sont les nouvelles récentes ?

Myrna s’est rendue en septembre à un Congrès International sur Soufanieh à Münster en Allemagne. Ce Congrès fut organisé par le professeur Adel Théodore Khoury, directeur de l’Institut de Sciences Religieuses, Doyen de la Faculté de Théologie Catholique de l’Université de Münster (Allemagne).

Ensuite, Myrna a participé au Festival de l’Espérance à Besançon. Ce festival est organisé chaque année par les frères (et Pères) Jaccard, résidant près de Besançon (13 Quartier neuf, 25130 Villiers le Lac, France). Il a eu lieu les samedi 28 et dimanche 29 septembre. Myrna eut plusieurs écoulements d’huile de ses mains pendant des célébrations eucharistiques, notamment le dimanche.

Le 24 novembre 1991, à la fin d’une liturgie concélébrée par le père Elias Zahlaoui et un prêtre orthodoxe américain, Myrna eut le même phénomène. Enfin, le 26 novembre, pour le 9e anniversaire, au moment de la prière du soir, Myrna présenta une exsudation d’huile à la fois des mains et du visage, mais sans extase ce qui est tout à fait inhabituel. J’ai pu en observer le déroulement grâce à un vidéofilm, sans avoir été sur place.

Terminons cette première partie par la prière à Notre-Dame de Soufanieh, source de l’Huile sainte, et rédigée par Mgr Georges Habib Hafouri, archevêque syrien catholique de Hassaké. Elle fait allusion à un anniversaire de Soufanieh (les 26 et 27 novembre) où une grande reproduction de l’image miraculeuse a vu à trois reprises des larmes couler des yeux de la Vierge Marie en un temps très long, inexplicable même pour une densité huileuse.

«A travers les sombres nuages qui s’amoncellent sur notre terre, filialement nous levons les yeux vers Toi, Mère de Jésus et notre Mère. Plus tes enfants s’éloignent de ton Divin Fils, plus aussi Tu multiplies tes relations avec tes compatriotes désemparés. Tu descends du Ciel pour te manifester à eux; Tu leur adresses des messages; plus que cela, des larmes coulent de tes yeux afin de toucher leur coeur.

Bonne Maman, fais que nous entendions tes appels. Bonne Maman, fais que nous estimions ta tendresse. Bonne Maman, fais que nous apprécions tes saintes larmes. A ton amour maternel, donne-nous de répondre par un amour véritablement filial.

Le ciel se fait noir. La tempête est près d’éclater. O Marie, notre Mère et notre espérance, Source de l’Huile sainte, donne-nous de ton Huile, afin que nos lampes ne s’éteignent pas. Amen.» 


 

II. Analyse scientifique des événements

Aucune commission d’enquête ne fut officiellement nommée par le Patriarcat grec orthodoxe jusqu’à présent. On peut regretter depuis le transfert de l’image miraculeuse à l’église de la Sainte-Croix et son retour précipité, l’indifférence manifeste de l’autorité religieuse pourtant impliquée dans ces événements.

Cependant, les pères Malouli et Zahlaoui ont tenu à établir scrupuleusement les faits depuis le début tant par les témoignages recueillis que par les examens médicaux, les analyses de laboratoire, ou encore la somme considérable d’archives vidéofilms depuis le début.

Une appréciation rétrospective est donc tout à fait possible à tout moment. J’envisagerai ici les nombreux arguments en faveur de «l’inexplicable scientifiquement», sans préjuger du domaine de la foi proprement dite.

Je réserve en troisième partie mon témoignage qui, en tant que médecin, peut compléter les faits envisagés dans ce chapitre.

Envisageons successivement:

1. L’huile des mains de Myrna et de l’image. 
2. Les extases. 
3. Les stigmates. 
4. Le profil psychologique de Myrna. 
5. Les guérisons.

1. L’huile «miraculeuse»

a. Exsudations d’huile des mains de Myrna, en dehors des extases.

Nombreux sont les observateurs qui ont pu constater l’exsudation d’huile des mains de Myrna, alors qu’elles étaient normales auparavant. La main se recouvre d’huile entièrement, aussi bien sur la paume que sur le dos et les doigts, et ce, jusqu’au poignet.

L’avant-bras, souvent découvert, n’en a aucune trace, ce qui écarte toute manoeuvre de supercherie sous la manche. Comme il existe toujours des témoins, il est aisé de s’assurer qu’il n’y a aucun geste suspect de frottement sur une source extérieure d’huile.

Ce test a d’ailleurs été effectué dès le 28 novembre 1982. Le docteur Saliba Abdel Ahad est venu examiner Myrna, avec des officiers de la Sûreté. Ils ont demandé à Myrna de se savonner les mains devant eux et de les essuyer avec des mouchoirs en papier qu’ils lui donnèrent.

Les officiers se placèrent de part et d’autre de la jeune femme et le médecin, juste devant. Ils lui dirent de prier. Elle commença à le faire quand rapidement ses mains se recouvrirent d’huile. Le docteur Saliba a frotté les paumes ainsi imprégnées en observant l’exsudation progressive.

– Qu’en penses-tu, docteur ? interrogea un officier. Le docteur pointa l’index vers le ciel en disant: «Dieu est grand !» Nous pouvons ajouter que l’exsudation cutanée est un phénomène inexplicable scientifiquement. Si nous avons des glandes sudoripares, pour produire de la sueur, il n’existe pas de glandes sécrétant de l’huile.

S’il s’agissait d’une exsudation transcutanée, à partir d’une extravasation sanguine, ce serait tout aussi invraisemblable. La circulation d’embolies graisseuses est en effet possible au cours de certains actes opératoires mais présente un danger mortel.

De plus, cette huile a la caractéristique d’évaporer rapidement, sans laisser de dépôt sur l’épiderme. Elle ne tache pas.

Cette huile exsudée de Myrna a été examinée en Allemagne Fédérale: il s’agit d’huile d’olive pure. Sa nature végétale est donc incontestable, ce qui rend encore plus inexplicable son exsudation de mains humaines. Étant donné les particularités de cette huile, il est invraisemblable de la comparer à l’huile d’olive ordinaire.

b. L’huile de l’image de Soufanieh

Nombreuses sont les manifestations de l’image, et même de ses reproductions de par le monde. Il existe maintenant des milliers de témoins de ces événements, auxquels il serait injustifié d’appliquer le terme d’hallucination collective puisque la plupart de ces personnes ne se connaissent pas entre elles et ne sont pas dans le même état de conditionnement.

Toute supercherie fut écartée dès le début. L’enquête demandée par l’Etat le 28 novembre 1982 s’applique aussi à l’image. On prétendait que des tuyaux cachés dans le mur alimentaient l’image en huile.

Les officiers de la Sûreté se sont intéressés à la petite reproduction d’icône en papier de 6 cm sur 8 cm. L’un des agents examina très attentivement le mur puis ôta l’image de son cadre en plastique ainsi que le verre de protection. Ce faisant, il déchira le coin supérieur droit, d’où la marque visible actuellement.

C’est alors que l’huile commença à couler. L’agent frémit. Tout ému, il remonta l’image et se mit à prier. Puis les officiers se retirèrent. Il n’y a plus jamais eu d’enquête des services de la Sûreté. Si la maison de Soufanieh voit des membres du Gouvernement ou de l’armée, ce sera dorénavant pour y prier.

Cette huile, répétons-le, est l’accomplissement de la phrase de la Vierge Marie lors de l’apparition du 18 décembre 1982: «Je visiterai davantage les foyers, car ceux qui vont à l’église n’y vont pas toujours pour prier.» La «multiplication» de l’huile semble bien y répondre.

Plusieurs échantillons furent analysés, comme pour la peau de Myrna. Divers laboratoires ont été sollicités, à Damas, en Allemagne Fédérale, à Rome et à Paris. Tous confirment le résultat: c’est de l’huile d’olive pure à 100%. Or, il est impossible que l’huile du commerce soit aussi pure.

Toutes les huiles comportent, en plus de composants basiques, des composants extérieurs en plus ou moins grande quantité. Cependant, j’ai fait récemment analyser à Paris deux échantillons d’huile de l’image: il existe en plus une petite quantité de cholestérol , qui n’est pas d’origine végétale, comme les autres stérols de l’huile d’olive. Le cholestérol est connu pour être d’origine animale ou humaine.

Je l’ai d’ailleurs signalé par courrier au Patriarche grec Orthodoxe d’Antioche à Damas (Syrie).

L’huile de Soufanieh ne tache pas. Christian Ravaz, dans son livre, rapporte l’expérience où il a comparé deux taches sur des échantillons de soie, l’une effectuée par l’huile de Soufanieh, l’autre par une huile du commerce. Au bout de huit jours, il constata que seul l’échantillon imprégné d’huile de Soufanieh ne présentait plus de tache. Il était sec!

Il est arrivé de constater de telles évaporations surprenantes, dans des fioles, ou à partir de cotons qui venaient d’être juste imprégnés. A l’inverse, il existe des perdurations de l’huile tout aussi inexplicables: images ou cotons imprégnés depuis plus de deux ans, sans sécher, et parfois «matérialisation» d’huile dans du coton sec qui venait d’être frotté sur l’image sèche, ou dans d’autres circonstances. Autant de faits qui déroutent totalement la science.

Signalons en outre que la quantité d’huile émise par l’image dépasse largement le poids de celle-ci. Elle a pu atteindre jusqu’à deux fois son volume ou son poids. En avril 1987, elle pesait 220 grammes.

Je ne développerai pas la signification de l’huile en Orient Elle est certes symbole de paix (olivier), d’allégresse, de chaleur, de consécration et de guérison (par l’onction). Des phénomènes analogues inexplicables sont connus dans la tradition religieuse orientale, notamment orthodoxe. L’huile en elle-même revêt ici une signification oecuménique.

Je n’insisterai pas non plus sur les cinq apparitions de la Vierge Marie à Myrna, car il n’y eut pas d’observation scientifique. On peut toutefois remarquer que Myrna pouvait voir, entendre et même toucher la Vierge Marie. Elle sentit un corps comme nous.

Nous retrouvons ces mêmes sensations pour d’autres apparitions de la Vierge Marie, à l’Ile Bouchard (France) ou à Medjugorje (Bosnie Herzegovine) par exemple. Myrna fut étonnée de voir la Vierge traverser la balustrade en s’approchant d’elle.

Il est frappant de constater, ici comme ailleurs, que le corps glorieux de la Vierge Marie répond aux mêmes règles que celui du Christ après Sa Résurrection: il pouvait traverser les murs et les portes, et pouvait Se faire toucher par saint Thomas (Jean 20,19 et 27; 21,13).

2. Les extases

Si les extases à Kibého (Rwanda) ou à Medjugorje (Bosnie Herzégovine) peuvent être comparées, en ce qui concerne le comportement extérieur des «voyants», aux apparitions de Myrna, les phénomènes appelés extases à Soufanieh sont différents.

En effet, Myrna entre dans un état complètement figé, quasi catatonique, où ses réactions semblent abolies. Elle est allongée sur son lit, ferme les yeux et reste immobile. Sa respiration devient très lente, abdominale et non plus thoracique. On ne note aucun mouvement de déglutition.

Ce qui est très étonnant, c’est la précession par une abondante exsudation d’huile du visage et des mains de Myrna, parfois du cou et des yeux. Ce phénomène est tout à fait inexplicable. Étant donné la présence de nombreux témoins à chaque fois – elle est «prise» en extase dans sa maison alors qu’elle converse naturellement, ou dans une église après la messe -, il est inacceptable de penser qu’elle puisse préparer sa peau pour se montrer ensuite ainsi ointe.

L’exsudation est imprévisible pour elle et progressive, comme peuvent le montrer des vidéos. Elle se poursuit tant que Myrna n’est pas encore entrée en extase. Les gouttes d’huile ruissellent sur le visage, indiquant bien que l’huile sourd de la peau et non qu’elle est répandue dessus.

Au bout de plusieurs minutes, Myrna devient complètement immobile: c’est l’extase proprement dite. Les tests médicaux effectués alors ont porté sur l’étude de l’insensibilité, des réflexes neurologiques et du comportement oculaire. Il n’y eut pas d’enregistrement électroencéphalographique comme à Medjugorje, ceci pour des raisons de disponibilité technique.

L’insensibilité a été démontrée plusieurs fois. Au cours de l’extase qui suivit la survenue des stigmates en 1987, les plaies très douloureuses auparavant ont pu être examinées sans ménagement par les deux chirurgiens présents. La douleur était très vive dès le retour à l’état habituel.

A une autre occasion, on a déterminé une blessure en soulevant un ongle jusqu’au sang (test non recommandable de toute façon): Myrna n’a pas réagi lors de l’extase mais ressentit la douleur aussitôt après.

Les réflexes neurologiques sont abolis au cours de l’extase: on ne trouve pas les réflexes ostéotendineux, et le réflexe cutané plantaire est indifférent (absence de réflexe) alors que normalement, en grattant sous le pied, on obtient une réponse en flexion des orteils.

Le comportement oculaire est significatif aussi: pas de clignement à la menace, et insensibilité cornéenne.

Je signale ici l’observation du Dr Antoine Mansour (11) rapportée dans son ouvrage sur Soufanieh(12). Il examina personnellement Myrna au cours d’une extase. Lorsqu’il ouvrit ses yeux, il constata que ses pupilles étaient rétrécies alors que la pièce était dans une relative pénombre, sans projecteurs de vidéo à l’époque. Ceci était interprété comme si Myrna voyait une intense lumière, au-delà de la pénombre environnante, sinon les pupilles auraient dû être dilatées pour s’accommoder à l’obscurité. Il prit aussi le pouls. Il était rapide, avec abaissement de la pression artérielle (chiffres non précisés), comme si elle était en état de choc intense.

En conclusion, ces tests apportent la preuve d’une déconnexion de Myrna par rapport au monde environnant, au cours de ses extases. D’ailleurs, elle a parfois elle-même l’impression de sortir de son corps et d’entrer alors dans un monde d’intense lumière très réel, et même plus réel que notre monde matériel, terrestre.

Cette déconnexion peut être comparée à celle des jeunes voyants de Medjugorje en Bosnie Herzégovine. Les tests scientifiques réalisés par le Pr Henri Joyeux et son équipe médicale de Montpellier (France) en 1984 l’ont vérifié.

Les électroencéphalogrammes enregistrent au cours des extases un rythme alpha diffus et synchrone sur l’ensemble du cerveau, alors que leurs yeux sont rivés sur l’apparition avec une certaine convergence des regards.

Le rythme alpha (entre 8 et 13 cycles par seconde) est un rythme d’éveil, mais survient surtout lorsque les yeux sont fermés et que l’on écoute de la musique, ou que l’on est en état de contemplation, de méditation ou de prière.

Il correspond aussi à la phase intermédiaire entre l’éveil et le début du sommeil, mais sans être un rythme de sommeil. Ces résultats, couplés avec le comportement oculaire des voyants avec notamment l’absence de clignement à la menace, ont permis d’écarter toute simulation ou supercherie, tout sommeil ou rêve, toute épilepsie, voire confusion mentale.

Ils dénotent un état très particulier de réceptivité du cerveau, où la vue, l’audition et le tact ne passent pas par les voies neurologiques habituelles des sens. Ces jeunes peuvent alors voir, entendre et même toucher Celle qui leur apparaît. Toute hystérie ou catalepsie est de même écartée sur le comportement des voyants pendant et hors l’extase, de nombreuses évaluations neuropsychologiques ayant conclu que ces jeunes étaient normaux, sains de corps et d’esprit.

Bien entendu, la science ne peut pas démontrer qu’il s’agit d’apparition de la Vierge Marie. Mais elle peut affirmer l’absence de supercherie et suggérer la très probable sincérité des voyants.

Chez Myrna, les électroencéphalogrammes n’ont pu être effectués, mais les résultats auraient été moins significatifs, quant à la présence de rythme alpha, puisqu’elle garde les yeux fermés.

Nous pouvons toutefois affirmer, grâce aux enregistrements vidéo, l’absence d’épilepsie (elle est immobile et il n’y a pas d’amnésie de l’épisode puisque Myrna décrit sa vision et délivre le message reçu), ou de comportement hystérique désordonné.

Signalons enfin que lors de l’épisode de cécité lumineuse de soixante-douze heures après l’extase de novembre 1984, un médecin ophtalmologiste est venu examiner les yeux de Myrna. Il n’a trouvé aucune explication scientifique à ce phénomène. Au bout de ces soixante-douze heures, Myrna a vomi par trois fois de l’huile parfumée et a recouvré la vue en un instant.

3. Les stigmates

Ils sont très connus de la tradition mystique occidentale, mais absents de la tradition orientale. Myrna n’a donc pas pu se conditionner dans un état qu’elle ne connaissait pas. Lorsque pour la première fois, les durillons rosés sont apparus dans la paume des mains, avec la petite blessure du côté, seul le père Joseph Malouli, en raison de lectures sur ce sujet, pouvait s’attendre à l’ouverture de stigmates.

Le jour de leur survenue, le 25 novembre 1983, personne dans la maison de Myrna n’osait dire un mot. Tous étaient consternés. Le père Malouli a fait venir huit médecins qui les ont vus, certains les ont même palpés. Ouverts à 16 h 30, ils se fermèrent d’eux-mêmes autour de 23 h sans laisser de trace, ce qui est tout à fait inhabituel.

La deuxième fois également, les cinq blessures, ouvertes vers 15 heures, étaient complètement cicatrisées à 23 h, y compris la plaie au côté très profonde, ce qui est inexplicable. Un médecin était présent. Il avait conseillé de faire recoudre la plaie du côté.

Le sang des stigmates fut vérifié avec groupage sanguin. Celui-ci est conforme au groupe sanguin du sang veineux de Myrna (A+ ).

La troisième fois, l’ouverture des stigmates eut lieu devant deux témoins assermentés, les pères Malouli et Zahlaoui. Aucun geste d’automutilation ne fut noté chez Myrna. Du sang rouge clair gicla littéralement du front de Myrna durant quelques secondes.

Seul du sang artériel peut sortir sous forte pression. Il s’agissait d’une plaie profonde punctiforme, et non pas superficielle, purement cutanée, qui aurait déterminé un écoulement de sang lent à partir de veines ou de capillaires. Pour les autres plaies au contraire, l’écoulement est lent, régulier, et se tarit de lui-même sans être très abondant.

Ce jour-là, plusieurs médecins et biologistes (M. et Mme Antakly) étaient présents. Deux chirurgiens ont examiné les plaies des mains et des pieds, confirmant bien des blessures avec ouverture des plans cutanés et sous-cutanés.

Ces plaies ont mis plusieurs jours à se cicatriser du fait de cette manipulation, tandis que la plaie au côté s’était totalement refermée le lendemain. Les deux biologistes français ont fait le constat (voir document date Jeudi 16.4.1987).

Aucun désinfectant, aucun pansement, aucune précaution ne fut nécessaire pour les plaies de Myrna dans les jours qui suivirent la stigmatisation. La cicatrisation s’est faite normalement, sans aucune trace de suppuration, ce qui est une caractéristique des stigmatisations connues dans la tradition mystique occidentale.

Au total: les plaies sont de vraies plaies, avec du sang humain dont le groupe est compatible avec celui de Myrna, la cicatrisation se fait soit de façon anormalement rapide, soit dans des délais normaux. Ajoutons ici aussi que le comportement de Myrna durant les stigmates laisse supposer une grande souffrance, exprimée pudiquement sans affectation ni hystérie.

Pour les quatrièmes stigmates, je donne mon avis et mon témoignage en troisième partie. 


4.  Le profil psychologique de Myrna

a. La personne

Marie Kourbet Al-Akhras, prénommée Myrna en famille, est née en 1964, de père grec catholique et de mère grecque orthodoxe. Sa naissance fut normale. Elle n’a jamais eu de maladie grave, ni de traumatisme. Elle fit des études normales jusqu’à l’année précédant le baccalauréat syrien unifié.

Son niveau de connaissance est très moyen. Sa culture religieuse était «très proche de zéro», d’après le père Malouli. A 18 ans, au début des événements, elle savait juste prier le «Notre Père» et le «Je vous salue Marie», et faire le signe de croix.

Elle assistait parfois à la messe, et ne connaissait pas le chapelet. Elle est gaie de caractère, mais parfois très réservée. Elle s’est mariée à M. Nicolas Nazzour, grec orthodoxe, début mai 1982. Nicolas est son aîné d’une vingtaine d’années, ce qui a posé des problèmes pour le mariage aux parents de Myrna.

Nicolas, lui, ne pensait à Dieu que lorsqu’il en sentait le besoin, c’est-à-dire rarement. Tous deux n’étaient donc absolument pas des piliers d’église avant les événements. Myrna est actuellement mère de deux enfants, Myriam née le 15 octobre 1986, et Jean-Emmanuel né le 26 juillet 1988.

b. Modifications apportées par les événements

Myrna et Nicolas ont été plongés inopinément dans une aventure merveilleuse. Dès le début des manifestations d’huile de l’image, Myrna reçut le message d’ouvrir les portes et de ne priver personne de la vue de la Vierge Marie.

Ainsi, la porte de leur demeure fut aussitôt ouverte. Depuis plus de neuf ans, c’est toujours le cas sans se départir, toute la journée, et même parfois la nuit quand on vient pour prier.

Des milliers et des milliers de visiteurs ont défilé, chrétiens, et même musulmans qui participent par fois à la prière commune de l’après-midi. Myrna et Nicolas ont de moins en moins de vie de couple, mais sont au contraire de plus en plus accueillants pour les visiteurs.

La gratuité est de rigueur: ceci est précisé par une affiche dans leur patio où se trouve la petite image miraculeuse. On peut se demander quel couvent, quel ordre religieux assurerait aujourd’hui un tel accueil.

Rien que sur ce point, il y a marque de foi authentique, dans l’humilité et le détachement matériel. Myrna se sent très proche de la Vierge Marie et du Christ et se laisse guider dans sa vie en toute confiance.

Il arrive certes qu’elle soit partagée entre ces événements exceptionnels et sa vie de famille, mais il s’agit là de crises de «croissance spirituelle» vite dissipées. Car sa vie spirituelle s’est approfondie, comme peuvent l’attester les deux prêtres qui la suivent. La prière est l’activité centrale du foyer Nazzour, toujours autour de la petite image. L’assistance de Myrna à la messe est devenue régulière.

c. Myrna, une personne simple et spontanée

Nous retrouvons là des caractéristiques communes aux personnes sincères gratifiées de telles manifestations. Les autres traits de caractère sont: le sens de la responsabilité personnelle et sociale, le sens de l’humour, le sens du réel, sans avoir de tendance obsessionnelle à ressasser les événements extraordinaires, l’obéissance à l’Église -Myrna est toujours très respectueuse de l’avis des deux prêtres -, enfin l’absence de tout comportement d’ordre hystérique ou névrotique.

Myrna ne cherche pas à se mettre en valeur. Au contraire, elle est très discrète, tout en étant accueillante pour les visiteurs avec une même constance.

Elle s’occupe naturellement des tâches ménagères. Un jour, une dame vient visiter la maison de Soufanieh et voit Myrna laver le sol du patio. Elle s’exclame: «Que vois-je! Les mains sur lesquelles coule l’huile de la Vierge qui barbotent dans de l’eau sale!» Myrna se relève et lui rétorque: «La Vierge Marie, vous croyez qu’Elle avait une bonne?»

Étant donné l’absence de culture religieuse de Myrna, il est impensable de lui attribuer les messages de la Vierge ou du Christ à Soufanieh. Ils sont en effet d’une grande profondeur spirituelle et ne ménagent pas toujours Myrna: «Je veux, ma fille, que tu t’appliques à la prière et que tu te méprises. Celui qui se méprise augmente en force et en élévation de la part de Dieu» (extrait du message du Christ le 26 novembre 1985).

Ainsi pouvons-nous remarquer qu’il ne s’agit pas a priori d’une projection mentale des désirs de Myrna. De plus, celle-ci a souvent dit qu’elle ne comprenait pas le sens du message qu’elle venait de recevoir.

La cohérence des messages est appréciée par les pères Malouli et Zahlaoui, qui transmettent aussi les informations à des autorités ecclésiales en retrait. Aucune contradiction théologique n’a été relevée en tout cas. L’un des points principaux est l’Unité de l’Église, réalisée par le coeur, comme je l’ai déjà souligné. L’équilibre de vie de Myrna atteste bien de sa sincérité.

5. Les guérisons

Le dossier scientifique serait incomplet sans elles. Les guérisons physiques touchèrent aussi bien des chrétiens que des musulmans. Elles n’eurent pas toujours lieu dans la maison de Myrna, ni toujours en sa présence. Souvent, elles se produisent au contact de l’huile de Soufanieh.

Je laisse le récit au père Elias Zahlaoui (lettre du 4 janvier 1990, écrite lors de l’un de ses passages à Paris):

«Il ne serait pas inutile de signaler que la première guérison physique qui eut lieu à “la Maison de la Vierge”, fut celle d’une femme musulmane. Elle eut lieu d’autre part sous les yeux d’un médecin “chrétien” mais athée notoire, qui a eu le courage d’attaquer le phénomène à Soufanieh même, au nom de la Science…

«Depuis, il retrouva, comme il l’avoua quelques mois plus tard à l’un des évêques de Damas, “sa foi d’enfant”.

«Les guérisons connues sont nombreuses et variées: dont des cancers, une embolie cérébrale, un cas de cécité temporaire accompagné d’écoulement d’huile des mains de la jeune “miraculée” musulmane…

«L’une des plus importantes guérisons eut lieu à l’église de la Sainte-Croix, où l’icône miraculeuse venait d’être transférée solennellement le 9 janvier 1983, sur ordre de Sa Béatitude le patriarche orthodoxe Ignace IV Hazim.

«C’était le mercredi 25 janvier. Une dame arménienne d’Alep, âgée de 51 ans à 1’époque, du nom d’Alice Bénélian, avait le bras droit condamné depuis le début de 1970, par suite d’une fracture à l’épaule, mal diagnostiquée et traitée par le médecin spécialiste de la famille, le docteur Pierre Salam. Elle priait à l’église, devant l’icône, en présence de plusieurs personnes qui l’accompagnaient d’Alep. Elle sentit soudain une main se poser sur sa tête. Cela se répéta à trois reprises. La troisième fois tout son corps fut saisi d’un violent tremblement. En même temps, elle sentit comme une boule de feu pénétrer sa tête et se précipiter dans son bras malade en lui traversant la poitrine.

Aussitôt le bras se détendit de lui-même, alors qu’il était recroquevillé depuis de longues années. Et son poignet, enflé depuis deux ans et dont la couleur tournait au bleu noirâtre, recouvra sa couleur naturelle et sa force. Son état se maintient jusqu’à ce jour.»

Par suite, en accord avec son médecin, le Dr Salam, Mme Bénélian fut soumise à trois examens radiographiques, espacés sur plusieurs années. Or, toutes les radiographies montrent à l’évidence que l’épaule, le coude et le. poignet sont soudés par une calcification telle que le bras ne devrait faire absolument aucun mouvement. Or, ce bras jouit jusqu’à ce jour d’une liberté de mouvement totale.

«Le médecin, Pierre Salam – ressortissant des Facultés de Montpellier (France), il y a plus de vingt ans – a bien voulu témoigner sur vidéocassette, à deux reprises, reconnaissant même honnêtement son erreur de diagnostic initiale, en quatre des sept langues qu’il connaît parfaitement: en arabe, en arménien, en français et en italien…

«Quant aux guérisons spirituelles, qui ose prétendre les connaître ou les mesurer?

«Nous en connaissons cependant certaines. Nous en voyons certains fruits. Et ils sont admirables.»


 

III. Le pèlerinage d’un groupe de treize français à Soufanieh, Pâques 1990

a. Mon rapport Témoignage en tant que médecin neurologue

Voici mon opinion sur les événements de Soufanieh, auxquels j’ai assisté durant la Semaine Sainte de l’année 1990 (période de Pâques). J’y ai fait la connaissance de Myrna et de son mari Nicolas, ainsi que du père Malouli.

Je connaissais déjà le père Zahlaoui, qui est venu en France en janvier 1990.

J’ai observé Myrna à plusieurs reprises, en dehors des phénomènes extraordinaires. Son comportement me parait naturel, simple, dénué de toute affectation ou propos mal placé. Elle est accueillante, mais sans débordement.

Elle sourit quand il faut, mais pas systématiquement. Au contraire, elle est parfois très recueillie, très intériorisée. Je l’ai vu rire aussi, elle participe à la plaisanterie (sans pouvoir juger de son contenu, car je ne connais pas la langue arabe).  [ Dont l’auteur de l’ouvrage.]

Elle semble avoir un comportement normal et naturel avec son mari, avec ses enfants, ses parents, les pères Malouli et Zahlaoui – j’ajouterai pour ceux-ci, un comportement très respectueux -, enfin avec ses amis, sa famille, et les visiteurs nombreux qui viennent prier dans sa maison.

Lorsque le père Malouli m’a demandé de l’examiner le vendredi 13 avril 1990, le lendemain des stigmates, elle a dit simplement: «Mais vous me donnez trop d’importance ! » Elle s’est prêtée docilement à l’examen, sans fausse pudeur ni excès de modestie.

J’ai ressenti une grande confiance, et non pas une gêne, pour le faire. Je n’ai donc observé aucune tendance névrotique, et en particulier aucun comportement de type hystérique qui supposerait une tendance au théâtralisme, en dehors des phénomènes extraordinaires.

Son mari, par ailleurs, est remarquable dans son accueil simple et généreux. Sa discrétion et son naturel sont exemplaires, sans écarter le sens du réalisme. Comme il s’agit ici d’un couple, il faut aussi prendre en considération les répercussions que peuvent avoir ces événements sur lui.

Il semble bien que l’on puisse parler non pas d’une résignation, mais d’une acceptation bien vécue, et qui impose le respect et l’admiration.

J’aborde maintenant les événements proprement dits. Jeudi Saint 1990, j’ai pu observer, filmer et photographier les stigmates durant l’après-midi. L’ouverture des plaies frontales eut lieu vers 11 h 15. Je n’étais pas encore là pour y assister.

A mon arrivée vers 13 h 15, Myrna était allongée sur son lit, sous une couverture. Placé à sa gauche alors qu’elle avait le visage tourné dans cette direction, j’ai pu noter la cicatrice de cinq plaies fines verticales au front et la trace de quelques coulées de sang qui avait coagulé.

Ce n’était pas du sang frais, mais du sang séché qui commençait à s’écailler. Ceci ressemblait bien à du sang. Une des plaies au moins avait la particularité d’un point arrondi sur son trajet, indiquant à ce niveau une certaine profondeur.

Myrna semblait souffrir, avec parfois quelques paroxysmes, où elle se tenait la tête entre les mains. Elle pouvait répondre à des remarques du père Malouli situé immédiatement à sa gauche (c’est-à-dire à la droite du lit). Elle ………….. répondre à des remarques du père Malouli situé immédiatement à sa gauche (c’est-à-dire à la droite du lit). Elle m’a paru tout à fait consciente.

S’étant assise au bord de son lit, j’ai observé le dos des pieds; il existait sur chaque pied une petite excroissance rosée (plus rose que le reste du pied de couleur pâle), qui m’a semblé augmenter légèrement de volume durant les quelques secondes d’observation.

Puis Myrna s’est rallongée, avec toujours la couverture sur elle. Peu de temps avant, j’ai noté que les paumes des mains paraissaient normales (en tout cas sans blessure), mais je n’ai pas pu les observer aussi bien que les pieds. Je ne peux donc pas affirmer s’il existait un durillon aussi.

Myrna est entrée dans un état de souffrance vers 13 h 30 – 13 h 45 où elle s’agitait un peu, se retournait sur son lit et gémissait par moment. J’ai vu alors les traînées de sang, sur le dos des pieds et dans les paumes des mains.

Il s’agissait maintenant de sang frais, car rutilant, qui s’écoulait en une seule traînée sur les pieds, et le long du sillon horizontal de la main, traversé par la blessure. J’atteste l’aspect normal de sang frais, ainsi que celui des blessures fines et régulières, comme dessinées à la lame fine.

Ni Myrna, ni son entourage ne m’ont paru exécuter le moindre geste suspect qui aurait pu effectuer de telles blessures à l’aide d’un objet extérieur. Je n’ai pas quitté la chambre de Myrna durant toute l’après-midi des stigmates. Il n’y a donc, à mon avis, aucune supercherie dans la survenue de ces stigmates chez elle.

Elle a porté aussi la main gauche brusquement sur son flanc gauche en gémissant. Ce n’est qu’au bout d’une vingtaine de minutes qu’on l’a aidée à dégager sa robe et son sous-vêtement tout imbibé d’une large tache rouge évoquant du sang.

Une plaie fine, d’aspect hémorragique, horizontale et assez longue, sous le sein gauche, fut dégagée. On n’observait aucune coulée de sang, ce qui paraît vraisemblable puisque c’est le linge qui la recouvrait qui a absorbé le sang. Myrna s’est prêtée docilement à l’examen, avec un visage qui traduisait la souffrance et l’acceptation.

Son attitude dans la souffrance m’a paru très pudique et simple. Elle n’a émis aucun cri, tout au plus quelques gémissements, et son état d’agitation «raisonnable» n’a duré que quelques minutes: durant l’ouverture des stigmates. Le reste du temps, Myrna était allongée sur son lit dans un état qui traduisait plutôt un certain épuisement. Mais là encore, rien qui me paraisse relever de l’hystérie, ou même d’un comportement névrotique.

Vers 18 h, elle a pu se lever et se joindre à la prière du soir. Elle a chanté plusieurs beaux chants, avec une voix solide qui traduisait plutôt une attitude de prière profonde, et ne trahissait pas une émotion simplement humaine.

Le lendemain matin, vers 10 h 30, j’ai examiné les plaies de Myrna. Nous les avons aussi filmées et je les ai photographiées. La cicatrisation m’a paru normale, aussi bien dans les paumes des mains que sur les pieds, ainsi qu’au côté.

A deux réserves près cependant. Tout d’abord, Myrna n’a employé aucun produit pour aseptiser les plaies, autre qu’un lavage tout à fait ordinaire. Je l’ai surprise ce matin-là en train de tenir le balai et de laver sa chambre. Elle tenait le manche sans aucune précaution pour protéger les plaies. Et je n’ai observé aucune trace de suppuration tout au plus une légère réaction inflammatoire locale, qui est tout à fait classique dans la cicatrisation.

La deuxième réserve à une cicatrisation normale, est l’absence de tout procédé pour maintenir refermés les bords de la plaie. Il est usuel en effet d’avoir recours à des points ou au moins à la pose de stéristrips pour assurer la meilleure cicatrisation possible.

Chez Myrna, personne ne semble s’en soucier et je confirme une cicatrisation des plaies chez elle dans les meilleures conditions esthétiques. A côté des plaies récentes sur le dos des pieds, j’ai observé deux traces fines dépigmentées très régulières qui correspondent à une cicatrisation vraiment bien réalisée de plaies anciennes, ce qui confirme l’existence de plaies véritables.

La longueur des plaies des mains est d’environ un centimètre (peut-être un peu moins). Celles-ci sont verticales, le long de l’axe de la main, et traversent le sillon horizontal inférieur. Pour les pieds, leur longueur est d’environ un centimètre et demi, et aussi dans l’axe vertical.

La plaie au côté mesurait douze centimètres. J’ai vu aussi, un peu décalée et plus courte, une cicatrice de plaie ancienne. Les stigmates, chez Myrna, me paraissent donc être de véritables plaies, tant dans leur aspect actuel que j’ai suivi jusqu’à la cicatrisation au quatrième jour (je suis parti le lundi 16 avril), que dans leur aspect de cicatrices anciennes.

Il n’y a pas de supercherie. Comme cela a été évoqué chez certaines stigmatisées, on pourrait se poser la question de l’hystérie, encore que les arguments puissent prêter à la discussion, mais ce n’est pas ici notre propos.

Le comportement de Myrna aussi bien lors de l’ouverture des stigmates que dans sa vie quotidienne, paraît écarter une telle hypothèse, ce d’autant que la cicatrisation en elle-même présente des particularités sinon surnaturelles, au moins exceptionnelles. Mais je ne ferai sur ce deuxième point que poser la question; je ne prétends pas apporter une conclusion définitive.

Enfin, Samedi Saint 1990 (14 avril), j’ai assisté durant l’après-midi (environ de 15 h à 16 h) à 1’exsudation d’huile des yeux, des mains et du visage de Myrna, qui précédait son «extase». Myrna était dans la cour en train de converser quand le phénomène l’a surprise, devant de nombreux témoins.

Là encore, personne n’a pu relever le moindre geste suspect qui ferait soupçonner Myrna ou ses proches de se huiler le visage et les mains. D’autant qu’il s’agit d’un phénomène progressif, là encore filmé et photographié.

Des gouttelettes fines ruissellent du visage de Myrna. Elle s’essuyait les yeux avec ses doigts, mais pas les mains. Au début, le caractère huileux de l’onguent n’apparaissait pas encore sur le dos des mains. Puis, plus tard, sans qu’elle se soit frotté les mains, l’huile a envahi aussi le dos des mains.

Ses manches étaient légèrement retroussées. L’huile ne se prolongeait pas au-delà des poignets. Elle ne pouvait donc bien évidement pas provenir des avant-bras, de dessous les manches. Myrna était alors allongée sur son lit. Elle bougeait encore.

Puis elle s’est immobilisée durant neuf minutes. C’est ce qu’on appelle l’extase chez elle, car elle dit recevoir un message ou du Christ ou de la Vierge, alors qu’elle voit une grande lumière.

Pendant l’extase, nous n’avons noté aucun geste, aucun clignement de paupières les yeux fermés – alors que l’huile est très irritante pour l’oeil -, aucun mouvement respiratoire thoracique, aucun mouvement de déglutition, toutes choses qui auraient dû être automatiques.

Elle est restée comme dans un état catatonique, fixé, mais dont je n’ai pas apprécié la rigidité éventuelle en essayant de la mobiliser. Je n’ai pas cherché à la mobiliser sachant que les tests de ce genre avaient déjà été effectués.

Au bout de neuf minutes, elle a recommencé à remuer un peu, à déglutir, et à reprendre sa respiration thoracique. Puis elle commençait à ouvrir les yeux mais ne semblait pas encore voir le monde environnant.

J’ai noté des pupilles très dilatées, bien que la lumière de projecteurs (pour les films vidéo) aurait dû provoquer leur contraction; là encore, j’observai un comportement calme, recueilli et sans aucune affectation.

Dimanche de Pâques, nous avons constaté de l’huile dans l’urne placée en dessous de la petite image de Notre-Dame de Soufanieh. Des reflets luisants apparaissaient sur l’image et sur la partie inférieure du cadre, avec quelques gouttes perlant en dessous.

L’une d’elles est tombée dans l’urne, au bout d’un certain temps. Il est donc incontestable que l’image est le siège d’une imbibition d’huile. Or, celle-ci n’est pas abîmée ensuite, comme si l’huile séchait très vite (ce qu’on pouvait observer aussi chez Myrna au décours de l’extase).

Je me permets donc de souligner ce point afin d’en provoquer une expertise scientifique par des biologistes et des physiciens. Car, si je ne peux conclure d’emblée au caractère surnaturel de cette huile d’olive quant à sa composition, son mode d’apparition, et aussi son mode de disparition, en séchant sans tacher, paraissent vraiment extraordinaires. Une commission d’enquête officielle sur ce point semble souhaitable.

J’ai fait analyser à Paris deux échantillons d’huile que m’a remis le père Malouli; il s’agit d’huile d’olive, avec en plus un léger pic de cholestérol. Or celui-ci est a priori d’origine animale.

Si l’huile provient de la petite image, il est vraiment très étonnant déjà d’avoir constaté jusqu’à présent de l’huile d’olive pure à 100 %. En plus, cette fois-ci, on y trouve un composant d’origine animale (ou humaine), ce qui est incompréhensible.

Si l’on tient compte, en plus de tous ces faits, de la gratuité totale à Soufanieh, l’on peut avancer que le comportement de Myrna et de Nicolas a beaucoup de chance d’être surnaturel. Car il ne peut relever que d’un «mobile» qui dépasse l’entendement purement humain. La cohérence théologique des messages peut alors appuyer ce point.

Voici mon opinion concernant Soufanieh. Je me tiens à la disposition de quiconque me demanderait des précisions. 
 

Rapport rédigé le lundi 26 novembre 1990 
 

Docteur Philippe Loron 


b. Impressions au retour de Soufanieh – Pâques 1990

Nous sommes un groupe de treize Français, venus passer la Semaine Sainte à Soufanieh. La plupart d’entre nous habitent la région parisienne, d’autres viennent des extrémités de la France, région de Lille et de Montpellier. Certains sont déjà venus à Soufanieh, une fois et même deux fois. Nous étions tous prévenus des événements de Soufanieh.

La première impression est que nous avons tous été comblés au-delà de nos espérances. L’exemple de famille chrétienne qu’offrent Myrna et Nicolas, avec leurs deux enfants, est remarquable.

Ils sont touchants dans leur simplicité, leur naturel et la chaleur accueillante dans leur foyer ouvert largement à tous ceux qui viennent y prier. N’y aurait-il ni extase, ni phénomène de l’huile, ce serait déjà extraordinaire.

On comprend le sacrifice librement consenti de ces époux dans leur disponibilité toujours affable à l’égard des autres, que ce soient des chrétiens ou des musulmans, et leur désintéressement obstiné. Leur encadrement spirituel, assuré par le père Malouli et le père Zahlaoui, est exemplaire. Le dévouement de ces deux prêtres, qui assurent une analyse impartiale des événements, avec la réserve qui s’impose en l’absence de reconnaissance officielle, et leur rayonnement spirituel ont été déterminants dans notre conviction.

La deuxième impression de notre séjour à Soufanieh est celle d’un choc: nous sortons de ces quatre jours – Jeudi, Vendredi, Samedi Saints et Dimanche de Pâques – comme étourdis, abasourdis. Nous pouvons même avoir la sensation d’avoir rêvé. Myrna a eu successivement les stigmates, et l’extase juste précédée du suintement d’huile.

Nous ne trouvons pas les mots qui expriment nos sentiments. C’est un choc, comme celui que reçut saint Paul sur le chemin de Damas. Nous n’avons relevé à aucun moment de comportement anormal, qui évoquerait un déséquilibre mental ou un état maladif quelconque. Ces événements se sont produits avec un naturel étonnant chez Myrna.

«C’est le doigt de Dieu», à l’évidence. Nos coeurs ont été bouleversés et nous mettrons certainement des semaines, et même des mois à nous en remettre, c’est-à-dire à comprendre tout le sens de ce dont nous avons été témoins. Nous sommes heureux de garder la certitude de n’avoir pas rêvé, grâce aux photographies, aux enregistrements audio et aux onze films vidéo qui sont marqués des temps forts de notre séjour.

Nous entrevoyons maintenant notre tâche incessante dès notre retour, de témoigner de ces signes à qui voudra l’entendre.

Le «troisième coup de semonce» en quelque sorte, après les stigmates et l’extase, a été porté dimanche matin lorsque nous avons constaté que l’icône de Notre-Dame de Soufanieh avait produit de l’huile vers l’heure de la Résurrection du Christ.

Enfin, la troisième impression est celle de l’allégresse qui marque cette espérance en Christ, vécue de manière très intense par les communautés chrétiennes à Damas. Nous avons été frappés par la beauté liturgique des rites byzantins, à l’assistance desquels le père Zahlaoui nous a conviés à plusieurs reprises. Nous lui sommes d’ailleurs redevables de l’extraordinaire réussite de notre pèlerinage.

La Fête de l’Ensevelissement du Christ avec sa procession en pleine rue, fut suivie avec une joie très solennelle. Cette ouverture sur l’Orient est aussi une espérance, qui répond à l’invitation du Christ reçue par Myrna au cours de l’extase. Celle de l’Unité de l’Église, qui représente la joie de se retrouver entre frères auparavant séparés.

Puissions-nous traduire dorénavant ces trois impressions fortes à tous ceux auprès de qui nous aurons à témoigner. 


c. Avis des deux psychologues faisant partie du groupe français

Voici un extrait du rapport de l’une d’elles, Mlle Brigitte Sauvegrain, demeurant à Paris.

«… Cette Semaine Sainte passée à Damas restera gravée dans ma mémoire comme une expérience unique au plan humain et spirituel et qu’il est bien difficile de traduire par des mots.

«Notre groupe de pèlerins s’est trouvé rassemblé dans une profonde communion de coeur et d’esprit, du Mardi Saint au lundi de Pâques, autour de Myrna et de sa famille, en la présence vigilante et éclairante de nos deux anges gardiens (pères Zahlaoui et Malouli).

«L’exceptionnel s’est manifesté sous nos yeux à travers la vie quotidienne d’une famille syrienne habitant le quartier de Soufanieh.

«Rien n’y distingue à première vue la maison de Myrna et de Nicolas quand on y pénètre, si ce n’est, à l’entrée, une petite niche face à la rue, contenant une reproduction de l’icône sainte. Mais, une fois que l’on se trouve dans cette maison, on y est pénétré par l’atmosphère de prière qui y règne, ceci en particulier tous les soirs à 18 heures: à cette heure se rassemblent là ceux qui souhaitent prier, chanter, implorer la Vierge de Soufanieh et son Divin Fils: enfants, jeunes et adultes, de nationalités variées du reste, et ceci bien sûr particulièrement semble-t-il à l’occasion de cette Semaine Sainte – se retrouvent alors dans un recueillement et une joie confiants et pleins de ferveur.

«Notre premier contact avec Myrna s’est établi le Mardi Saint, à onze heures du soir, alors que nous venions juste d’atterrir à Damas: Myrna était là, dans la cour intérieure de sa maison qui rassemble tous ceux qui souhaitent venir prier autour de l’icône. Sa grande discrétion et simplicité ont fait que je n’ai pas tout de suite réalisé que c’était bien elle.

«Sa discrétion, je l’ai ressentie en une autre occasion, d’une façon qui fut très intense, le Jeudi Saint, et cette fin d’après-midi au cours de laquelle elle avait reçu les stigmates: Myrna est sortie de sa chambre, suivie de son mari portant la petite Myriam, leur fille, le visage baissé, les yeux inclinés, dans une attitude tellement humble et effacée que je ne la voyais pas.

«Sa présence avait un tel impact par son effacement même, par l’intériorité qui émanait d’elle que j’en ai été profondément émue, touchée.

«Discrète, Myrna l’est restée constamment durant les moments si douloureux qu’elle a vécus ce Jeudi Saint.

«L’émotion, l’émerveillement ressentis ne pouvaient qu’être grands en la voyant si calme, si digne et maîtresse d’elle-même au coeur d’une si vive souffrance qui nous dépassait tous.

«Myrna savait rester en de tels moments proche et disponible de ceux qui l’entouraient: une personne auprès de moi se trouvait en larmes au pied du lit de Myrna et le regard de celle-ci a alors traduit toute la compassion de son coeur.

«Les minutes – une dizaine environ – durant lesquelles Myrna a vécu l’extase de ce Samedi Saint m’ont laissé le souvenir d’une intensité et d’une paix à jamais fixées en moi.

«Ce furent des minutes d’éternité. Avant que nous n’assistions à l’extase, sachant qu’il y avait bien des chances que celle-ci se produise, je me posais des questions, me demandant comment celle-ci se manifesterait, quels en seraient les signes précurseurs éventuellement.

«Une fois encore, tout s’est passé dans la plus grande simplicité: quelques minutes avant, nous étions dans le salon de Myrna qui était entourée d’amis; le comportement de celle-ci ne m’a rien paru manifester alors de particulier.

«Puis, soudainement, Myrna s’étant absentée depuis très peu de temps de la pièce, j’ai entendu le mot: Abouna, Abouna! formulé à voix haute, tel un appel.

«Arrivée l’une des premières dans la chambre de Myrna, je l’y ai trouvée, se tenant la tête dans les mains, se frottant les yeux, son visage ruisselant d’huile, cette huile abondante avait déjà taché sa jupe blanche quand elle a été allongée sur son lit.

«Le moment précis de l’extase ne s’est produit qu’un peu plus tard: Myrna, le visage tel une icône durant ces moments hors du temps, était en quelque sorte habitée par une présence, dans une totale immobilité (sa respiration n’était plus perceptible). Elle se trouvait dans un complet abandon, toute livrée à Celui qui se manifestait alors dans un silence complet, nous renvoyant à une autre réalité que nous ne pouvions percevoir par nos sens, mais qui nous touchait et nous pénétrait nous aussi.

«Puis, elle s’est animée, et a pu, avec un sanglot dans la voix semble-t-il, traduisant l’émotion qu’elle ressentit alors, donner le contenu du message reçu au père Zahlaoui qui était accoudé sur son lit pour écrire: ” Mes enfants, vous, vous apprendrez aux générations le mot d’unité, d’amour et de foi; je suis avec vous. Mais, ma fille, tu n’entendras plus ma voix qu’une fois la fête unifiée.”

«Ce message fut lu un peu plus tard par le père Zahlaoui tout d’abord en arabe, puis en français, et l’émotion de toute l’assistance était visible .

«Ces événements ont été pour moi l’occasion d’une véritable consolation spirituelle: je me suis sentie immergée dans la tendresse de Dieu, d’une façon totalement gratuite, visitée par Son amour comme Myrna l’était alors, pacifiée et reposée en lui.

«Ils m’ont permis de mieux réaliser la réalité du mystère de l’incarnation , mystère de la présence d’un Dieu vivant qui a voulu Se manifester à chacun de nous.

«Ils ont fait grandir ma foi, me montrant comment Dieu peut faire irruption, de façon tellement soudaine, inattendue et irrésistible dans la vie de ses créatures: Il a bien voulu poser Sa main sur Myrna et nos yeux de chair se sont un peu ouverts sur l’invisible. Le temps ne comptait plus; l’espace était aboli; nous étions plongés dans un univers d’amour et de force, réunis dans la foi…»

L’autre psychologue a rendu également son rapport. Les points saillants concernant le caractère de Myrna sont: le naturel, la simplicité , l’adaptation au réel, la maîtrise d’elle-même, en même temps qu’une certaine détermination. L’harmonie et l’authenticité sont, d’après elle, les caractéristiques essentielles.

Ce rapport est signé de la plume de Bibiane de la Roque, expert psychologue de l’Institut de Psychologie de l’Université de Paris. En voici des extraits:

«Personnellement, j’étais présente durant l’apparition des stigmates aux mains, aux pieds et au côté, dans sa chambre où elle était étendue. J’étais placée à un mètre d’elle, à la tête de son lit, à côté du père Malouli qui notait chaque mouvement, chaque murmure de Myrna, l’ouverture successive de chaque stigmate, en précisant l’heure.

De même, le Samedi Saint, depuis le suintement d’huile de Myrna jusqu’à son message qu’elle retransmit après son extase, je me trouvais une nouvelle fois à un mètre d’elle, assise au bord de son lit où elle était étendue

«Le nombre élevé d’heures passées auprès de Myrna, la proximité permanente et exceptionnelle que j’ai pu avoir de sa personne, les circonstances aussi variées que possibles, tantôt relevant de faits journaliers les plus banals, tantôt relevant de phénomènes non-expliquables rationnellement, tout au long de cette Semaine Sainte, me permettent de mettre en évidence quelques traits de caractère les plus saillants de la personnalité de Myrna ou tout au moins de son comportement.

«Ce qui m’a, en premier lieu, le plus frappée est le fait qu’elle demeure, quelles que soient les situations, absolument naturelle: simple dans son attitude, dans ses gestes, dans sa démarche, dans ses expressions. Elle a des mimiques très variées selon le moment: tour à tour grave, rieuse, recueillie, souffrant avec dignité et retenue, tendre… – restant toujours étroitement ajustée à ce qu’elle vit dans l’instant présent. On ressent fortement une impression d’authenticité.

«Pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, Myrna, durant notre séjour à Soufanieh, a été filmée durant des heures, photographiée des centaines de fois sous tous les angles et dans les moments les plus intimes – ce qui suppose l’agression de flashes puissants et aveuglants.

«Or, au moment où elle est filmée ou photographiée, elle reste naturelle, ne se compose jamais un visage, une attitude. Une des raisons pour lesquelles elle est photogénique est qu’elle ne pose pas.

«A cet égard, à aucun moment – banal ou extraordinaire -, je n’ai remarqué de recherche de l’effet, de comédie, de parade. Il est clair qu’on ne constate chez elle aucune manifestation hystérique.

«Corrélativement à ce naturel, elle reste éminemment calme et n’a pas ce qu’on appelle un tempérament nerveux Je ne l’ai jamais surprise ayant un geste d’impatience, d’irritabilité, d’agacement, d’énervement dans la vie quotidienne comme durant ses souffrances du Jeudi et du Samedi Saint.

«Elle reste maîtresse d’elle, même dans les périodes de souffrance intense durant l’ouverture des stigmates et pendant le suintement d’huile qui lui fait mal aux yeux et l’aveugle. Durant les stigmates, elle a un profond sillon vertical de ride au-dessus du nez, elle pince parfois la lèvre inférieure, déplace la tête de droite à gauche, de bas en haut, gémit, murmure par moments d’une manière imperceptible “ô Vierge”, “ô Christ” – ce qui correspond à des exclamations arabes face à la souffrance physique.

«Durant le suintement d’huile, elle cherche à ouvrir les paupières, à regarder, esquisse un geste pour trouver un kleenex afin de s’essuyer les yeux mais qu’on ne lui donne pas avant l’extase.

«Elle reste digne tout au long de ses diverses manifestations de souffrances…

«Dans la même atmosphère d’absence de comportement exhibitionniste, j’ai remarqué chez Myrna sa réserve dans la simplicité.

«Ainsi, le lundi de Pâques, à la demande du père Joseph Malouli, elle lui obéit en montrant les cicatrices de ses stigmates dans sa chambre, en présence de son mari Nicolas, du docteur Philippe Loron, neurologue, de deux psychologues, Brigitte Sauvegrain et moi-même, de Guy Fourmann photographiant. Avec pudeur mais sans fausse honte, elle découvre la cicatrice du stigmate au côté Elle se laisse photographier de très près, mais on ne peut pas dire qu’elle y prenne plaisir. Elle le fait parce qu’on le lui a demandé.»

Ces deux psychologues, habituées à de nombreux entretiens, capables de dépister des hystériques, n’ont remarqué aucune tendance à un comportement anormal. Je souscris bien entendu à cet avis.

La cohérence, la simplicité dans le surnaturel, l’humilité qui transparaît dans la famille Nazzour sont à même de nous interpeller.

Quelles sont les motivations de Myrna? L’argent? La gratuité est de rigueur. Ceci est écrit dans le patio de leur demeure. La gloire personnelle ? Nous constatons au contraire une certaine incompréhension des Damascains, si ce n’est la persécution, au moins verbale. Quelle ambition humaine pouvons-nous relever ici ? C’est probablement incompréhensible pour un psychologue dans un contexte habituel.

Le don d’elle-même, les manifestations surnaturelles dont Myrna est le sujet, apportent la conviction qu’il s’agit d’un phénomène mystique authentique, tel que l’histoire en fait mention, par exemple chez saint Jean de la Croix ou sainte Thérèse d’Avila. 


 

IV. Conclusion

Les faits à Soufanieh me semblent tout à fait extraordinaires sur le plan scientifique.

L’huile de Soufanieh est-elle “miraculeuse”?  L’huile issue de l’image et de Myrna est de l’huile d’olive.

Il y a trois façons de procéder sur le plan scientifique quant à l’évaluation de l’éventuel caractère surnaturel du phénomène.

En premier lieu, apprécier l’analyse de l’huile, en second lieu, en déterminer les circonstances de survenue et de disparition, en troisième lieu, en répertorier les conséquences physiques et spirituelles chez les personnes qui disent en tirer bénéfices (ce sont les fruits proprement dits).

I. L’analyse scientifique de l’huile

Les divers laboratoires sont concordants sur les résultats: il s’agit d’huile d’olive pure, que ce soit celle de l’image, ou celle exsudée de la peau de Myrna.

L’analyse en elle-même ne reflète aucun caractère de surnaturalité, si ce n’est le degré de pureté par rapport à des huiles ordinaires, d’après l’enquête menée par Christian Ravaz (éd. Mambré).

Si les derniers résultats à Paris(13) mettent en évidence un léger pic de cholestérol, il ne faut pas en conclure définitivement à un mélange inexplicable de corps gras d’origine végétale (l’huile d’olive) à un corps gras d’origine animale (le cholestérol).

Il pourrait s’agir, comme le responsable du laboratoire me l’a suggéré, d’une simple contamination par la sueur humaine, qui contient aussi du cholestérol.

Si l’huile avait été recueillie sur la peau de Myrna, ce serait sans doute explicable naturellement. Mais les échantillons analysés provenaient de l’image de Soufanieh… Huile d’olive pure, puis huile d’olive avec du cholestérol, le phénomène paraît aussi déconcertant et difficile à appréhender scientifiquement.

II. Les circonstances de survenue et le “comportement” de l’huile

Ils sont extraordinaires.

1) L’émission d’huile des mains et du visage de Myrna est inexplicable. Ce phénomène est incontestable, étant donné le nombre de témoignages depuis neuf ans, dont des enregistrements en vidéo-cassettes. Il n’y a pas de glandes dans la peau qui sécrètent de l’huile, m’a confirmé un dermatologue.

Les seules glandes sécrétant des corps gras sont les glandes sébacées sécrétant le sébum. La main en contient de très rares. La sueur peut contenir du cholestérol. Mais en aucun cas, de l’huile d’olive peut provenir du corps humain. Quant à la présence de corps gras étrangers à l’intérieur du sang, elle risquerait d’être la cause d’accidents sérieux voire mortels (par embolies dites graisseuses, dans la suite de fractures ouvertes, ou d’interventions chirurgicales).

2) L’émission d’huile de l’image (et de nombreuses reproductions) est encore plus étonnante et inexplicable scientifiquement. Il s’agit d’une véritable “matérialisation” d’un principe biologique.

L’apparition d’un principe de vie est d’après les Écritures Saintes, spécifique à l’Œuvre de Dieu (voir la confrontation entre les signes et miracles réalisés par l’intermédiaire de Moïse et d’Aaron, et les prodiges des magiciens du pharaon d’Egypte, surtout Ex 8,16-19).

Depuis, une certaine approche rationaliste tente de faire passer l’idée de la création du monde ex nihilo, en particulier des molécules organiques par l’effet du “hasard”.

On pourrait craindre que ce soit une méconnaissance de l’Œuvre de Création Divine de Vie. L’huile est un produit biologique naturel.

Sa matérialisation pondérale de plusieurs fois le poids d’une “feuille de papier” est pour le moins inexplicable scientifiquement.

Si, à cette limite d’explication, la Foi peut prendre le relais et nous combler de vie spirituelle, il y a là sérieuse appréciation d’authenticité dans son ensemble.

3) Le comportement de l’huile dépasse les lois naturelles:

– dans son mode de survenue: un coton sec frotté sur l’image sèche à Soufanieh par une femme druze s’est révélé tout imbibé d’huile chez elle, et il l’est resté pendant près de deux ans; l’huile a jailli du sol de la terrasse à l’endroit où Myrna a vu l’apparition de la Vierge et a giclé dans les yeux du père de Myrna, maçon, quand celui-ci se penchait pour voir de plus près le “phénomène”.

L’huile a coulé aussi d’un tableau en relief de la Vierge, d’un livre de prière, du mur derrière la niche inférieure contenant l’icône, des vitres contenant la niche, en abondance d’un coton placé dans une boîte et destiné à être distribué à des malades, d’une médaille portée au cou de Myrna…

N’oublions pas le jour où les agents de la sûreté sont venus examiner la petite image, dans l’idée d’une supercherie. Au moment d’être démontée de son cadre, l’image a commencé à émettre de l’huile sous les yeux éberlués de l’assistance. Le plus souvent l’huile a l’odeur d’huile d’olive. Mais elle distille parfois une subtile odeur de parfum.

– dans son mode de disparition: la façon dont elle peut sécher est tout aussi surprenante. Le père Malouli m’a relaté l’histoire d’un évêque qui était tout fier d’apporter à ses paroissiens un mouchoir tout imbibé d’huile.

Au cours du trajet, il l’avait laissé dans sa poche. Mais au moment de le produire, il eut la surprise de constater qu’il était devenu entièrement sec et sans tâche.

L’expérience de Christian Ravaz sur un tissu de soie relève de la même remarque: après huit jours, la tache déterminée par l’huile de Soufanieh avait disparu, alors que celle de l’huile du commerce était toujours là.

D’autres “évaporations” et disparitions de l’huile sans laisser de tache ont été constatées à plusieurs reprises. Ce serait trop long d’en faire le compte exact.

Quant à l’huile émise par la peau de Myrna, elle sèche très rapidement.

III. Les conséquences de l’huile

– Le domaine des guérisons physiques relève de l’appréciation médicale. Des cas sont cités dont certains authentifiés par des déclarations médicales

Cependant, il n’y a pas de bureau des constatations officiel tant que les autorités ecclésiastiques ne bougent pas pour la reconnaissance des événements

Le domaine des guérisons spirituelles: conversions, évolution, approfondissement de la foi, est plus de l’ordre de l’appréciation théologique. Il faut se référer aux deux ouvrages récemment parus aux éditions O.E.I.L. sur Soufanieh, par le père Élias Zahlaoui, un des deux prêtres témoins privilégiés de ces événements depuis 1982.


IV. Les stigmates: supercherie ou prodige?

Les stigmates posent questions par plusieurs particularités remarquables:

Nous avons déjà mentionné le caractère constant de l’absence de suppuration des plaies au cours de leur cicatrisation, quel que soit le soin (ou plutôt l’absence de soin) que l’on y apporte.

Il y a là un fait inexplicable naturellement. D’autres phénomènes peuvent parfois accompagner les stigmates: jeûne absolu sauf l’Eucharistie durant plusieurs années (par exemple Anne-Catherine Emmerick, Thérèse Neumann, Marthe Robin) tout aussi expertisé par le corps médical, parfums agréables (Jeanne de la Croix, Padre Pio); luminescence des stigmates; ou encore écoulement de sang dans le sens inverse à la gravitation (Thérèse Neumann), gonflement de certaines parties du corps, état cataleptique (fixation de position, notamment un pied solidement appuyé sur le dos de l’autre comme lors de la crucifixion) ou impotence fonctionnelle, expliquant l’alitement fréquent. Les larmes et la sueur de sang sont possibles.

Les stigmatisés sont par ailleurs constamment visionnaires, avec extases et apparitions du Christ et/ou de la Vierge Marie.

Y a-t-il origine naturelle possible ?

Hélène Renard dans son livre «Des prodiges et des hommes» envisage les différents arguments, que je regroupe en trois rubriques:

1. La simulation: certes, les cas de supercherie existent, par automutilation. Mais ils sont rapidement découverts. L’analyse scientifique méthodique permet de les écarter.

Ce n’est même pas envisageable pour Myrna, étant donné les nombreux témoins à chaque fois. J’ai été personnellement témoin de la stigmatisation de Myrna le Jeudi-Saint 1990. Je peux affirmer l’absence de toute tentative d’automutilation ou de mutilation extérieure.

2. Les maladies de peau et le dermographisme: aucune maladie de peau n’a un aspect de plaies semblables, encore moins à cinq endroits à la fois, sans aucune suppuration ni gêne à la cicatrisation.

Le dermographisme qui consiste en des marques rouges fines sur la peau par vasodilatation des capillaires, peut être soit d’origine externe (frottement), soit d’origine interne par formulation mentale consciente ou inconsciente. Le terrain souvent névrosé et hystérique pose la question majeure de la rubrique suivante.

3. Une cause mentale possible aux stigmates: est-ce de la suggestion ou une manifestation hystérique ? Les nombreuses expériences de suggestion hypnotique démontrent des effets possibles sur la peau: vésicules, phlyctènes, dermographisme, ecchymoses, hémorragies cutanées. Les sujets sont généralement névrosés, hystériques, ou ont la peau sensible.

Cependant, le professeur Jean Lhermitte dans son ouvrage sur les “Mystiques et faux mystiques” (éd Bloud, 1952) reconnaissait que dans ces circonstances l’on était ” encore très loin de la réalisation des plaies stigmatiques “.

Tout au plus a-t-il été possible chez une personne éminemment suggestible et frappée du spectacle de la Passion du Christ sur un film, de faire ” apparaître des gonflements et des rougeurs dans les régions où devaient se révéler les stigmates “. Mais, poursuit le professeur Jean Lhermitte ” quels pauvres stigmates: quelques fissures épidermiques, de microscopiques suffusions des paupières qui cessaient aussitôt après la fin de la suggestion” (c’est nous qui soulignons).

Il est bien évident que chez les stigmatisés, les circonstances de survenue et leur comportement, font écarter définitivement toute suspicion de suggestion hypnotique de la part d’un assistant.

De même, avant d’envisager de l’autosuggestion (le sujet se prédisposant lui-même par la pensée), il faudrait avoir démontré que la suggestion extérieure à l’individu, en soit une cause possible. L’absence d’argument le fait écarter tout autant.

Quant à l’appréciation d’un possible terrain hystérique, il est regrettable que certains médecins aient recours trop facilement à cette étiquette quand ils sont confrontés à un comportement déroutant qui puise ses sources et ses raisons dans la foi et la théologie.

L’appréciation théologique est parfois aussi prise en défaut quand elle est trop dogmatique et qu’elle ne fait pas assez appel à la richesse de la tradition mystique des Pères Orientaux des premiers siècles chrétiens.

A ce titre, les manifestations mystiques en général sont souvent prises pour des délires hystériques. L’extase n’y fait pas exception. Il faut alors se référer aux travaux récents du professeur Henri  Joyeux et de son équipe médicale de Montpellier, sur les extatiques de Medjugorje (Bosnie Herzégovine), pour se convaincre du nouveau jour sous lequel la Science peut aborder la Foi (voir: «Les études médicales et scientifiques à Medjugorje», éd O.E.I.L. 1985, par le professeur H. Joyeux et le père René Laurentin).

Charcot et l’école de la Salpêtrière décrivaient à la fin du siècle dernier les manifestations physiques et psychiques de l’hystérie, donnant une connotation pathologique à l’extase.

En fait, il s’agit là d’une confusion de termes. Le professeur Jean Lhermitte allait même jusqu’à dire que le comportement lors d’une extase ne permettait pas de distinguer les vrais mystiques des faux.

Cela revient à dire que l’on confondait les extases religieuses avec les extases pathologiques des hystériques (qui ne sont pas forcément des simulations volontaires).

Le problème ne se pose plus de la même façon de nos jours.

Si les deux sortes d’extase peuvent se confondre sur un degré variable de déconnexion des organes de perception sensorielle par rapport au monde environnant (tact, vue, audition), l’extase mystique et religieuse se distingue par une triple cohérence médicale, psychologique et spirituelle d’union à Dieu. Les deux derniers points sont envisages a propos de la question de l’hystérie.

L’état cérébral apprécié par les électroencéphalogrammes dans le cas des extatiques de Medjugorje, se situe dans le registre de la réceptivité analogue à la contemplation ou à la méditation calme et recueillie. Nul indice de supercherie ou d’hystérie.

Les autres causes psychiques avancées sont analysées, à propos de mère Yvonne-Aimée de Malestroit, par le docteur Mahéo, qui collabora à l’ouvrage du père Laurentin sur ce sujet (éd. O.E.I.L., 1988): hypochondrie, délire, schizophrénie, psychose hallucinatoire chronique. La lucidité, la sobriété et le sens des responsabilités de Myrna, comme de mère Yvonne-Aimée de Malestroit, s’y opposent totalement.

S’agit-il d’hystérie?

Reste la question que l’on se pose toujours en pareil cas et qui est la ressource ultime de la perspective rationaliste: n’y a-t-il pas hystérie?

L’hystérie est une affection déroutante, objet de nombreuses études, opinions et controverses Pour simplifier, elle se caractérise par une transformation d’angoisses en manifestations intelligibles, corporelles ou psychiques, par un processus «inconscient» (mal défini), qui peut être sensible à la suggestion.

C’est une maladie psychosomatique à proprement parler, plus fréquente chez la femme, qui s’accompagne le plus souvent d’exagération, de manque de jugement et de tendance à la sensualité.

Les manifestations hystériques surviennent sur un fond de personnalité permanent bien défini.

1) Manifestations: tantôt les crises sont, de façon banale, décrites comme des «crises de nerfs». Tantôt, elles se caractérisent par la raideur cataleptique, avec persévération des attitudes et ici paupières crispées, ou encore pseudotétanique avec hyperventilation.

En dehors des crises, les signes neurologiques les plus fréquents sont: l’impossibilité de tenir debout ou de marcher, avec parfois des chutes (mais sans se faire mal), des paralysies (mais sans modification objective des réflexes), des anesthésies à la topographie fantaisiste, des spasmes et contractions diverses, enfin, de façon caractéristique, un rétrécissement concentrique de la vision.

Des douleurs peuvent être fréquentes, notamment à la tête et à l’abdomen. Les sensations de «boule dans la gorge» sont classiques. Rien de tel chez Myrna.

2) La personnalité et les signes psychiques: les manifestations surviennent dans un contexte de théâtralisme, avec le but (qui peut être inconscient) d’obtenir d’un entourage des bénéfices affectifs gratifiants, ou sociaux.

La richesse des signes offerts par les patients est souvent évidente: il y en a trop et cela ne concorde pas avec l’anatomie et la physiologie connues.

Les efforts sont très difficiles ou inefficaces; la tendance dépressive est possible. Parfois, certains états léthargiques peuvent faire penser à un coma.

La mémoire peut scotomiser (cacher) sa propre histoire. On trouve bien souvent une surconsommation de soins médicaux et d’interventions chirurgicales.

Mais ce n’est pas pour autant une simulation. Des troubles affectifs profonds, anciens et souvent «refoulés» dans la mémoire en sont probablement la cause.

Cependant, des thèses plus organiques ont pu être avancées.

Quoi qu’il en soit, ces malades ne peuvent pas vivre une vie normale, bien adaptée, simple et autonome. Ils sont souvent très influençables et mythomanes, modifiant et enjolivant le réel. Rien de tout cela, non plus, chez Myrna.

Pour toutes ces raisons, il est évident, lorsque l’on se rend compte du comportement et du profil psychologique de Myrna, que celle-ci ne peut être classée parmi les hystériques. Sa vie sobre, calme, tranquille et naturelle en témoigne largement. Aucun bénéfice ne peut être avancé. Ce serait plutôt le contraire.

Ceci pour le cas où l’on voudrait attribuer (hâtivement) cette étiquette aux stigmatisés en général, et en particulier à Myrna.

Ce serait encore plus déplacé d’y penser pour les exsudations d’huile de Myrna. Et de plus, comment l’effusion d’huile des images en serait-elle le résultat?

Catatonie? A priori la seule explication pathologique possible pour les extases, et non pour les stigmates, serait la catatonie.

La catatonie est surtout décrite dans la schizophrénie qui est autrement plus grave que l’hystérie, car il s’agit d’une psychose avec altération du sens de la réalité. Elle est caractérisée par une attitude de repli sur soi. Elle peut donner lieu à la catalepsie qui se définit par un maintien des attitudes.

Une certaine rigidité musculaire de Myrna, son “absence” vis-à-vis du monde environnant au cours de l’extase seulement, pourrait y référer. Mais il s’agirait là d’une observation limitée à quelques minutes, sans tenir compte de l’exsudation d’huile, qui précède l’extase, ni du message reçu, ni du contexte général de vie de Myrna.

Examinons cet ultime recours si invraisemblable qu’il paraisse d’emblée, autant dire que nous abordons là une controverse poussée à l’extrême.

La psychose schizophrénique et tous ses symptômes: sensations de bizarrerie, dissociation de personnalité, ambivalence, perte du sens réel, repli sur soi, voire autisme, ou encore d’interprétation ou idées délirantes, sont totalement étrangers à Myrna.

Les mêmes questions se sont posées pour les jeunes extatiques de Medjugorje que l’on a voulu faire passer pour des névrosés ou des psychopathes.

L’avis des psychiatres et des médecins n’a pas changé au fil des années: ces jeunes sont parfaitement normaux psychologiquement. Eux aussi ne sont ni des angoissés, ni des marginaux. Eux aussi sont bien adaptés au monde moderne.

Ils ont le sens de la réalité des choses, des responsabilités, et de l’humour; ils font preuve d’une maturité personnelle, sociale et religieuse croissante, en gardant une attitude de réserve naturelle et de modestie, exempte de toute affectation et théâtralisme.

Eux aussi s’estiment ni meilleurs ni pires que les autres jeunes gens de leur âge. La spontanéité des réparties, la franchise, le calme naturel sont des caractéristiques constantes

Certains sont extravertis, d’autres introvertis. Mais tous évoluent dans le sens de l’atténuation de leurs défauts et d’une plus grande disponibilité gratuite pour les autres, qui semble correspondre à une vie conforme à l’Évangile.

Myrna entre tout à fait dans ce cadre. De par son caractère réservé et presque effacé, en tout cas très intérieur, je la compare à Ivanka ou à Maria de Medjugorje. Sa vie spirituelle s’approfondit, malgré les tâches normales d’une mère de famille.

Le matin, elle s’occupe de sa maison, la fin d’après-midi est consacrée à la prière, en famille et en groupe. Tout est limpide dans sa vie simple. Aussi bien à Medjugorje qu’à Soufanieh, le recul est tel actuellement (plus de 10 ans, et 9 ans) que ces hypothèses pathologiques sont totalement écartées. 


V. En résumé

1) Les phénomènes d’huile à Soufanieh, vu leur multiplicité et leur caractère inopiné, excluent toute supercherie. L’huile d’olive ne peut être émise du corps humain, ou d’une image.

Il faut donc s’atteler maintenant à les comparer à d’autres phénomènes tout aussi inexplicables, pour en déceler la signification. Cette matérialisation pose bien sûr question scientifiquement parlant et une étude approfondie serait souhaitable.

2) Les stigmates ont été vus et filmés sous mes yeux. J’écarte formellement toute supercherie également. Le fait que cela se forme de l’intérieur exclut une mutilation par action extérieure.

3) Quant à la personne de Myrna, elle est au-dessus de tout soupçon de névrose, en particulier hystérique, ou de psychose.

Ces phénomènes m’apparaissent authentiques et sans contrefaçon. C’est sans doute davantage l’analyse théologique (messages, fruits spirituels) qui peut en déterminer le caractère surnaturel (d’ordre Divin), et non pas seulement préternaturel (échappant aux lois naturelles connues).

Myrna réfère tout cela à Dieu et son expérience de Dieu. Son interprétation dépasse la médecine. Elle pourrait faire l’objet d’un discernement théologique.

Je me permettrai seulement d’ajouter que, bien que l’Unité de l’Église Chrétienne apparaisse aujourd’hui comme une utopie, il faut que celle-ci soit réalisée pleinement pour conclure ici à des Révélations d’origine Divine.

Mais cela ne dépend pas des hommes seulement…

Ce sera en effet l’accomplissement total de la prière Sacerdotale de Jésus au Père (Jean 17,21).

Or, les faits à Soufanieh sont de plus exemplaires sur ce point capital. Ils cristallisent la réunion des catholiques avec les frères séparés d’Orient, comme l’avait explicité le Concile Vatican II dans son Décret sur l’oecuménisme Unitatis Redintegratio.

L’article 30, le dernier article sur les Églises orientales catholiques stipule que “le Concile se réjouit beaucoup de la collaboration active et fructueuse des Églises catholiques d’Orient et d’Occident et en même temps il déclare ce qui suit: toutes ces dispositions juridiques sont prises en raison des circonstance présentes, jusqu’à ce que l’Église catholique et les Églises orientales séparées s’unissent dans la plénitude de la communion.

” Mais en attendant, tous les chrétiens d’Orient et d’Occident sont invités avec insistance à offrir à Dieu des prières ferventes, assidues, voire quotidiennes, pour que, avec le secours de la très Sainte Mère de Dieu, tous ne fassent qu’un… “

“Aimons-nous tous les uns les autres d’un amour fraternel, nous prévenant d’égards mutuels (Rom 12, 10). ” (Paul, évêque de l’Église catholique, Rome, Saint-Pierre, 21 mars 1964, éd. du Centurion, Documents conciliaires, tome 1.)

Un patriarche Orthodoxe, Sa Béatitude Zakka Iwas 1er, de rite syriaque et demeurant à Damas, a osé franchir le pas vers une réconciliation en signant le 23 juin 1984 un concordat avec le pape Jean-Paul II. Ce concordat expose un rappel dogmatique sur la foi, ensuite l’application des échanges pastoraux entre les deux Églises (voir appendices)

Ce Patriarche est très attentif aux phénomènes de Soufanieh. Il a déclaré publiquement – et ceci a été enregistré sur vidéofilm – souscrire à leur authenticité en tant que manifestation miraculeuse de la part de Dieu.

Si nous apportons ces réflexions en guise de conclusion, c’est pour souligner encore, s’il était nécessaire, l’extraordinaire cohérence de tout ce dont témoigne Myrna. Bien entendu, ceci dépasse largement son entendement.

L’enjeu du message d’appel à l’Unité des Chrétiens est d’importance capitale au cours de notre dernière décennie de siècle. Vivre l’oecuménisme exige une conversion de coeur totale: ” C’est à l’amour que vous avez les uns pour les autres, nous dit Jésus-Christ, que tous connaîtront que vous êtes mes disciples” (Jean 13,35).

Je signalerai enfin un dernier point, qui semble réaliser un pont d’union entre Soufanieh et Medjugorje.

Maître Fricoteaux, notaire à St-Denis (France), et moi-même avons rencontré le 20 et le 21 mai 1991 Mgr Zanic évêque de Mostar, afin de lui parler des tests scientifiques effectués par le Pr. Joyeux et son équipe médicale en 1984.

Il faut rappeler que Mgr Zanic est formellement opposé aux apparitions de Medjugorje depuis longtemps. Le matin du 21 mai, il refusa catégoriquement de voir les vidéofilms que nous nous proposions de lui montrer. Cependant, je lui parlai des événements extraordinaires de Soufanieh. Il parut intéressé.

Nous l’invitâmes à regarder la vidéo «Les Grâces Divines à Soufanieh – Pâques 1990». Il accepta.

Mgr Zanic accueillit ce témoignage avec bienveillance et respect. Il s’enquit plusieurs fois de Myrna et nous fit même remarquer que son prénom signifie en croate (au moins phonétiquement) “tranquille, paisible” (Mir: paix).

C’est alors qu’il accepta l’après-midi de visionner les films sur Medjugorje. Le lendemain, en présence de Maître Fricoteaux et de Daria Klanac, Croate émigrée au Canada, une véritable réconciliation fut amorcée entre des pères franciscains de Medjugorje, dont le père Jozo l’ancien prêtre de la paroisse, et l’évêque de Mostar, dans une atmosphère de prière et de respect qui paraissait inespérée depuis près de dix ans.

D’autres gestes de la part de l’évêque confirmèrent son attitude conciliante, sans engager pour autant son opinion sur les extases.

Ainsi, un pas dans l’unité et la réconciliation peut-il déjà se faire au sein même de l’Église Catholique. 


ANNEXES

E. Traduction en français du texte du docteur Georges Mounayer

Le vendredi 25 novembre 1983 à 17 h, durant ma visite à la Vierge Marie dans l’Avenue Al Soufanieh, j’ai été appelé à assister à un phénomène étonnant survenu à Madame Myrna Al Akhrass.

A l’examen clinique de cette dame, j’ai constaté au milieu de sa main gauche une excroissance rouge foncé de .75cm de hauteur et de 1.5cm de diamètre. Il y avait une autre excroissance rouge foncé sur la paume de la main droite de .5cm de hauteur et de .5cm de diamètre. Sur chacun des dos des pieds, j’ai aussi observé une excroissance rouge foncé arrondie de 1.5cm de diamètre et de .5cm de hauteur avec une bande rouge foncé d’environ 3 à 4cm de longueur et de .25cm de largeur allant obliquement jusqu’au bord de la plante du pied. J’avais souhaité que cette substance soit examinée au laboratoire.

Deux jours plus tard, soit le dimanche 27 novembre 1987, j’ai accompagné mon épouse au domicile de Madame Myrna, l’épouse de Nicolas Nazzour. J’ai été surpris par la disparition complète des manifestations sanguinolentes. Il n’y avait pas sur les paumes des mains de traces de blessures ou d’égratignures, mais au-dessous de la couche épidermique au milieu de chaque paume des mains existe un disque rouge de .5cm de diamètre apparaissant comme s’il est masqué par un verre épais. 
 

29/11/1983

Signature du Docteur Georges Mounayer 


F. La stigmatisation, tradition mystique catholique

A la fin du XIXe siècle, un médecin le Professeur Imbert-Gourbeyre, avait fait l’inventaire des cas de stigmatisations. Il en avait répertorié plus de 300, depuis le premier cas connu, saint François d’Assise au XVe siècle.

Hélène Renard les évoque dans son livre «Des prodiges et des hommes» édité en 1989 (chapitre «La chair marquée»).

On en compterait en tout prés de 500 en ajoutant les cas contemporains.

Certains ont fait l’objet d’une étude médicale attentive: Anne-Catherine Emmerick (fin XVIIIe siècle, début du XIXe), Louise Lateau (2e moitié du XIXe siècle), Thérèse Neumann, Padre Pio (premier prêtre stigmatisé) et Marthe Robin au XXe siècle.

Si les médecins ne peuvent toujours conclure au caractère surnaturel des stigmates, ils furent le plus souvent unanimes à reconnaître l’absence de toute supercherie.

Les blessures siègent classiquement à cinq endroits de prédilection: les deux mains (le plus souvent dans les paumes), les deux cous-de-pied, en général sur les faces antérieures et postérieures à la fois, ainsi que le côté gauche.

Sur le plan d’une participation mystique à la Passion, la plaie au côté pose problème en raison du coup de lance porté au flanc (droit) de Jésus-Christ après Sa mort (Jean 19,29 et 34).

Mais n’est-il pas opportun de penser que ces mystiques adhèrent aussi à la souffrance de la Mère douloureuse, présente debout près de la Croix (Stabat Mater Dolorosa: Jean 19,25)?

Un glaive devait transpercer l’âme de la Vierge Marie, selon la prophétie de Siméon (Luc 2, 35). La transfixion du côté, que n’a pas souffert le Christ en croix, la Vierge Marie qui était à Ses pieds l’a éprouvée dans les profondeurs de Son âme.

Les mystiques catholiques, par leurs stigmates, participent-ils ainsi aux blessures du Fils et de la Mère, tous deux unis dans Leurs Coeurs: Coeur Sacré de Jésus et Coeur Douloureux et Immaculé de Marie?

Les stigmates surviennent généralement chaque vendredi par analogie au jour de la crucifixion et peuvent durer de nombreuses années, parfois près de 50 ans (Padre Pio, Marthe Robin).

D’autres blessures sont possibles mais moins constantes: à l’épaule (portement de la croix), au dos (traces de flagellation) ou au front (couronne d’épines).

Les stigmates diffèrent selon les cas: piqûres, perforation, plaie profonde, ou superficielle, blessure légère, égratignure.

Il ne s’agit pas de marques sur la peau ou même de taches de sang sans rupture cutanée, qui sont d’ailleurs rarement décrits dans d’autres circonstances.

La stigmatisation, avec formation de plaies véritables, n’est observée que dans la tradition mystique catholique (voir Père Laurentin et Dr Mahéo: «Yvonne-Aimée de Malestroit, Les Stigmates», éd. O.E.I.L., 1988). Les orthodoxes, plutôt sensibles à la Gloire du Christ et non à Ses souffrances, ne la connaissent pas. 


G. Les stigmates ne recouvrent pas l’exactitude anatomique des plaies du Christ lors de Sa Passion.

Le Jeudi Saint 1990, en plus des stigmates, Myrna ressentit de vives douleurs dorsales et des difficultés respiratoires qui se poursuivirent jusqu’au lendemain. C’était la première fois qu’elle eut autant à souffrir. La Passion du Christ, telle qu’elle est décrite dans les Évangiles était bien présente pour elle.

Nous pouvons nous interroger sur les plaies des stigmatisés en général. Pourquoi la plupart ont les stigmates dans les paumes et non pas aux poignets, comme le pensait le Dr Barbet en étudiant le Linceul?

Le symposium scientifique sur le Linceul qui eut lieu à Paris les 7 et 8 septembre 1989, rappelait les données fondamentales des études scientifiques multidisciplinaires face à la datation par le C14 où tout n’est pas clair, y compris dans la procédure du prélèvement (voir les Cahiers du Linceul publiés par O.E.I.L.: Le prélèvement du 21 avril 1988. Études du Tissu).

D’après les Évangiles et l’étude du Linceul, la plaie au côté était à droite et déterminée par le coup de lance après la mort (Jean 20, 33-35). Myrna ne devrait donc pas avoir à souffrir de la plaie au côté, en tout cas pas à gauche, sous forme d’une longue égratignure.

Pourquoi n’avait-elle les plaies que d’un seul côté des mains et des pieds, alors qu’il s’agissait pour la crucifixion romaine d’un enclouage de part en part ? Certains stigmatisés ont été effectivement transpercés, tels Padre Pio par exemple.

Tout ceci n’a pas une importance fondamentale. Il s’agit d’une participation mystique à la Passion du Christ. Ce signe «tangible» pour les témoins correspond plutôt à l’idée habituelle des plaies du Christ, comme le rapporte l’iconographie depuis des siècles.

Tous les stigmatisés n’ont pas de plaies frontales, ou de plaies au coté. La récurrence de l’événement est très variable. Pour certains, elle est hebdomadaire – le vendredi. Pour d’autres, elle est plus occasionnelle. Chez Myrna, elle souligne l’appel à l’Unité des catholiques et des orthodoxes.

Quant à l’explication psychologique habituellement avancée (l’hystérie), elle n’a pas d’argument décisif à partir de l’influence de l’autosuggestion. Le mieux qu’on ait pu faire sous hypnose (donc sous influence psychique intense) est une extravasation cutanée de sang qui n’est pas une ouverture de plaie. Si certains ont pu soupçonner le déséquilibre mental chez Thérèse Neumann, il faut bien admettre que ses stigmates ne répondaient pas à une projection de son mental. M. Antoine Legrand m’a affirmé que lors de ses extases sur la Passion du Christ, elle voyait les clous enfoncés dans les poignets, et qu’en revanche elle vivait les stigmates aux mains dans les paumes (voir aussi son ouvrage sur “Le Linceul de Turin”, éd. Desclée de Brouwer). Il n’y a donc pas de conditionnement psychologique des unes sur les autres, et inversement.

En tout cas, une des constantes chez les stigmatisés est l’absence de suppuration lors de la cicatrisation, ce qui est inexplicable scientifiquement (voir l’ouvrage d’Hélène Renard: “Des prodiges et des hommes“, éd. Philippe Lebaud). Myrna n’échappe pas à cette règle.

Ce qui est notable chez elle, c’est que l’on a pu constater avant l’ouverture des plaies, une turgescence de la peau qui rosit davantage.

Ayant assisté à l’ensemble de l’épisode le Jeudi Saint après midi, j’ai eu la chance de photographier et filmer les pieds sur lesquels cette turgescence était bien visible.

L’ouverture des plaies s’est faite spontanément sans aucun objet extérieur ni aucun geste suspect de la part de Myrna ou d’une personne de l’assistance, comme si la peau s’ouvrait de l’intérieur et «explosait». L’authenticité du phénomène de stigmatisation me parait donc bien établie chez elle.


H. Extrait de ma lettre adressée à Sa Béatitude Ignace IV Hazim, patriarche grec orthodoxe, dont dépend la famille Nazzour.

L’Hay-les-Roses,

le 11 novembre 1990

«… Je travaille en collaboration avec le Professeur Henri Joyeux de Montpellier et le père Laurentin, sur les extases des jeunes voyants de Medjugorje en Yougoslavie. Sur le plan neurologique (qui est ma spécialité), les résultats sont extraordinaires et constituent un événement mondial, ce que j’ai déjà signalé dans plusieurs articles.

J’ai été amené à rencontrer Myrna Nazzour durant la Semaine Sainte de cette année. J’ai observé et nous avons filmé en vidéo les stigmates, puis l’extase, précédée d’exsudation d’huile sur le visage et les mains de Myrna. Le père Malouli m’a remis son dossier, comportant les expertises d’huile et les avis médicaux. Deux psychologues qui m’accompagnaient ont donné leur conclusion.

Pour moi, il ne fait aucun doute: Myrna est simple et naturelle, elle n’est pas hystérique, et les phénomènes que j’ai pu observer et filmer sont inexplicables scientifiquement.

De plus, j’ai fait analyser l’huile provenant de la petite image représentant une Vierge à l’Enfant…

Le laboratoire m’a donné ses conclusions. Jusqu’à présent, les analyses de l’huile à Soufanieh, que ce soit celle provenant de Myrna elle-même, ou de la petite image, étaient concordantes: il s’agit d’huile d’olive pure à 100 % (laboratoires d’Allemagne Fédérale, de Damas, Paris et Rome) Ici, pour la première fois, apparaît un petit pic de cholestérol pour une huile qui vient de l’image!…

Comment une image pourrait-elle émettre de l’huile d’olive d’origine végétale et du cholestérol d’origine animale ?…»

Docteur Philippe Loron 
 

Lettre restée sans réponse à ce jour. 


I. Portrait morphopsychologique de Myrna, réalisé à partir d’une douzaine de photos d’elle, prises lors de la Semaine Sainte, en 1990 par une morphopsychologue étrangère aux événements

Myrna est du type morphopsychologique «rétracté bossué».

Ce type riche et complexe s’exprime dans des situations conflictuelles: c’est un type combatif, qui est mûr avant l’âge, qui révèle endurance, ardeur et courage, dynamisme, goût pour la lutte, type particulièrement volontaire.

Il peut analyser les situations, y faire face avec une maîtrise de soi importante (d’autant plus que l’on a ici une rétraction de front importante)

Myrna a une dominante instinctive, puis affective:

– elle a un côté très instinctuel (visible à sa mâchoire bien développée), qui révèle un bon «ancrage» dans la réalité concrète, de l’appétit de vivre, une réelle solidité physique. Cela lui permet a priori de bien s’insérer dans la vie, de se réaliser avec les moyens dont elle dispose;

– la deuxième dominante est chez elle affective: son nez plongeant nous révèle quelqu’un qui sait se pencher sur les autres avec beaucoup d’ouverture naturelle.

Cependant, elle a en même temps une rétraction latéro-nasale (aplatissement des pommettes), qui fait que ses sentiments de générosité sont intériorisés et qu’elle garde beaucoup de choses pour elle.

Comme elle est une extravertie à la base (cadre du visage large) et qu’elle a besoin de se tourner vers les autres, tout en ayant une morphologie qui l’amène à intérioriser ses sentiments, il peut y avoir là une source de conflit, conflit dont l’explication peut se trouver dans ses relations dans l’enfance (difficultés de relations ou d’ordre affectif qu’elle aurait connues dans l’enfance).

En fait, il y a deux tendances en elle:

– des pulsions instinctives très fortes: besoin d’agir, de s’exprimer, de se «tailler» sa place dans l’existence; 
– des sentiments intériorisés: elle garde pour elle sa vie intérieure, ses chagrins et ses joies, a une grande pudeur, si bien qu’elle ne cherche pas forcément à communiquer, mais a en elle une grande richesse. Si elle ne manifeste pas tellement ses sentiments, elle ressent profondément les choses.

Elle a très envie d’aller vers les autres, mais dans le même temps peut se retirer (ce retour vers l’intérieur d’elle-même n’est pas une inhibition mais c’est un frein lié à des circonstances de vie et qui fait qu’elle a pris l’habitude de garder les choses pour elle). Il peut se faire qu’elle ne se soit pas sentie suffisamment reconnue pendant son enfance ou son adolescence, la rétraction latéro-nasale que l’on peut percevoir chez elle signalant une frustration affective importante.

Il y a par ailleurs chez elle une capacité de créativité réelle qui se voit à son front très différencié (d’où vraisemblablement de fort bonnes potentialités intellectuelles, de l’esprit d’observation, de la réflexion).

Ses grands yeux ouverts sur le monde disent son imagination, son intuition: elle a une richesse qu’elle est à même d’exploiter grâce à cette force qui est en elle .

Le regard de Myrna est très doux. Ses yeux très intuitifs disent sa compréhension du monde. Ils expriment le fond de la personnalité généreuse, que l’on retrouve dans son nez très sensible.

Elle a en elle-même des instincts très combatifs qu’elle peut mettre au service d’une cause, et en même temps elle a beaucoup de douceur féminine, peut comprendre, s’attendrir sur le monde.

Son type morphopsychologique laisse paraître:

– un côté très incarné dans la vie matérielle et concrète, qui fait sa force, sa solidité; 
– et un côté spirituel qui comprend intuitivement et d’emblée toutes les situations, les joies et toutes les souffrances.


J. Une étape historique dans le dialogue entre Rome et l’Église syriaque-orthodoxe d’Antioche (traduction de l’article paru dans l’Osservatore Romano).

Finie, la séparation qui durait depuis quinze siècles.

Le 23 juin 1984, une date historique dans le dialogue œcuménique. Le Pape et le patriarche syro-orthodoxe d’Antioche, Ignatius Zakka I Iwas, ont signé au Vatican une déclaration d’une grande portée. Le document contient deux parties, dont une doctrinale et l’autre pastorale.

Dans la première partie, on affirme: “Nous confessons que Notre Seigneur et notre Dieu, notre Seigneur et Roi de toute chose, Jésus Christ, est parfaitement Dieu en ce qui concerne sa divinité, et parfaitement homme en ce qui concerne son humanité. Cette union est réelle, parfaite, sans mélange ni confusion, sans altération, sans division, sans la moindre séparation. En lui l’humanité et la divinité sont unies d’une manière réelle, parfaite, indivisible et inséparable, et en Lui toutes ces propriétés sont présentes et actives.”

Ces affirmations apportent un démenti aux divisions doctrinales qui durent depuis le Ve siècle; l’Église syro-orthodoxe d’Antioche (quelques centaines de milliers de fidèles entre le Moyen-Orient, les États-unis et l’Inde) est au fait une des Églises ainsi nommées préchalcédoniennes parce qu’elles n’acceptèrent pas les formulations dogmatiques du IVe Concile œcuménique sur les deux natures du Christ.

Dans le document, on explique que «les confusions et les schismes qui se sont produits entre leurs deux Églises pendant les siècles successifs (au Concile de Nicée de 325, accepté par les deux signataires de la rédaction) ne détruisent ni ne touchent en aucune manière la substance de leur foi, puisque de telles confusions et de tels schismes se sont produits uniquement à cause de différences dans la terminologie et dans la culture, et à cause des différentes formules adoptées par les différentes écoles de théologie pour exprimer le même argument.»

«Par conséquent, nous ne trouvons aujourd’hui aucune base réelle pour les tristes divisions et pour les schismes qui se sont produits entre nous sur la doctrine de l’Incarnation…»

La partie pastorale de la déclaration est également remarquable. Il est prévu en effet, une collaboration pastorale entre les deux Églises. La réciprocité sacramentelle est admise: les fidèles des deux Églises sont autorisés à recevoir les sacrements de la pénitence, de l’Eucharistie et de la sainte Onction des infirmes par des prêtres légitimes de l’autre Église lorsqu’il est «moralement ou matériellement impossible d’avoir accès à un prêtre de sa propre Église».

Autre engagement important: “La collaboration dans la formation des prêtres et dans l’éducation théologique devrait suivre logiquement de la collaboration pastorale. On encourage les évêques à promouvoir une participation dans les structures de l’éducation théologique chaque fois qu’ils le jugent possible.”

C’est la première fois que deux Églises, divisées depuis des siècles, acceptent la réciprocité sacramentelle. On n’en est malheureusement pas encore là avec les autres Églises orthodoxes. Le Saint-Siège leur a proposé la réciprocité, mais jusqu’à ce jour les quatorze églises entre lesquelles la séparation dure depuis 1054 ne l’ont pas encore acceptée.

Le patriarche Ignatius Zakka Iwas 1er, qui a signé la déclaration avec Jean-Paul II, a participé en tant qu’observateur aux deux premières séances de Vatican II. A cette époque-là il était moine. A la veille de la troisième séance conciliaire il a été consacré évêque. Son prédécesseur à la tête de l’Église syro-orthodoxe d’Antioche, Moran Mar Ignatius Jacoub III a rencontré le Pape deux fois, en 1971 et en 1980. Au moment de sa deuxième visite, une déclaration commune fut signée, mais qui n’était pas aussi détaillée ni aussi avancée que celle qui a été signée le 23 juin dernier.

En attendant, le dialogue théologique avec les autres Églises orthodoxes se poursuit. (Elles sont quatorze églises autonomes ou indépendantes qui comptent environs cent vingt millions de fidèles.) 


K. Chromatographie des stérols des deux échantillons d’huile de Soufanieh (en provenance de l’image) analogue à l’huile d’olive.

Noter en plus le pic de cholestérol.

Une chromatographie est un examen de laboratoire qui permet de déceler la qualité des différents composants d’un produit. Ici, dans le cas de l’huile, on analyse les principaux composants, les stérols et les acides gras. Pour les acides gras, lorsqu’on en fait la somme, nous obtenons 100% compatible avec la composition de l’huile d’olive. Pour les stérols, le résultat est semblable sauf sur cet examen réalisé à Paris. Il existe en plus de tous ces stérols d’origine végétale exclusive une trace de cholestérol, dont la provenance est purement animale ou humaine. Ce fait serait explicable si l’huile avait été prélevée sur la peau humaine: des traces de sueur peuvent suffire à provoquer un tel pic de cholestérol, car la sueur en contient. En revanche, provenant d’un morceau de papier, il est tout aussi incompréhensible que de l’huile végétale ou du cholestérol en soit le siège d’émission «ex-nihilo», c’est-à-dire sans l’apport de matière première.


L. Lettre du Patriarcat Grec-Orthodoxe

Voici in extenso le communiqué de la Chancellerie du Patriarcat grec-orthodoxe de Damas:

“Pour éclairer les esprits à propos de ce qui s’est dit et se dit, sur ce qui arrive dans l’une de nos familles bénies à Soufanieh, le Patriarcat juge (bon) de donner les éclaircissements suivants:

1.   Les miracles sont choses ordinaires pour Dieu, même s’ils ne paraissent pas ordinaires pour nous, parce que lui est le Tout-Puissant, et c’est lui qui créa les lois de la nature, et il peut les outrepasser quand il veut, et sans lui quelque chose peut-il être béni ou une guérison avoir lieu?

2    La maison où s’est produite une vision non-ordinaire est une maison croyante et une famille orthodoxe fière de sa foi, et où personne ne prétend à la sainteté comme beaucoup se l’imaginent.  Madame Marie est douce et humble et son mari est un ouvrier actif dans l’Eglise, et tous deux voient en Dieu un bienfaiteur éminent du foyer qui a été fondé grâce à Sa       bénédiction et Sa complaisance.

3    Il est arrivé au Siège d’Antioche de constater plusieurs phénomènes qui renforcent la foi.  Sednaya et Maloula demeurent un champ de l’activité divine. Et tous (ces phénomènes) apparaissent et parfois disparaissent, ce qui est devenu habituel dans la vie de la Sainte Eglise.

4    La reconnaissance d’un miracle est une affaire difficile et infiniment grave.  Pour le prouver il est de nombreuses conditions objectives qui ne se réalisent que grâce à des médecins spécialistes désignés par les responsables de l’Eglise pour connaître la nature de la maladie, afin de constater si la guérison est effective et si elle s’est réalisée d’une façon extraordinaire.  Il faut s’assurer que cette guérison est une guérison totale, complète et permanente, parce que le Seigneur ne fait pas les choses à moitié ou en partie seulement.  Si toutes les données ne se réalisent pas, l’Eglise ne peut reconnaître l’existence d’un miracle.  Mais dans tous les cas, elle reconnaît la faveur de Dieu et sa miséricorde envers nous ses créatures.

5    C’est pourquoi, nous nous adressons aux fidèles, (leur) demandant de continuer à offrir leurs actions de grâces au Seigneur du ciel et de la terre, et de cesser toute exagération dans les paroles, ou tout emballement dans la conduite, afin que cela ne se retourne pas contre Dieu et l’Eglise et la famille bénie Akhras et Nazzour.

6.   Nous déclarons de même que l’Icône Sainte sera transférée de la maison où elle est, jusqu’à l’église de la Sainte-Croix, où se trouve le lieu digne de la louange au Sauveur et à Sa Mère la Vierge.

Nous prions les fidèles qu’ils n’imposent pas à Madame Marie (Nazzour) et à son époux ce qu’une personne ne peut supporter.  Que Dieu maintienne sur vous Sa grâce, qu’Il vous fortifie et qu’Il répande Ses bienfaits sur notre peuple fidèle.