Le Mal et la Souffrance – Regards bouddhistes et chrétiens

Compte rendu par la soeur Marie Pintou, OBS, d'un colloque qui s'est tenu au centre de Meylan du 8 au 12 Juillet 2009 sur la souffrance et ayant rassemblé les regards chrétiens et Bouddhistes

 

Depuis l’origine, l’humanité se trouve confrontée au mystère de l’existence du mal et de la souffrance.

 

Nourris par leurs textes et évènements fondateur, inscrits dans des traditions millénaires, chrétiens et bouddhistes ont répondus différemment aux questions posées par la présence du mal et de la souffrance dans le monde et dans leur vie.

 

Dès la conférence d’ouverture, Dennis Gira décrit la rencontre entre bouddhisme et christianisme comme un chemin difficile et porteur de fruit . Chemin à parcourir avec audace et humilité dans la durée, où s’instaure l’amitié. Dans cette amitié, nous pourrons parler des doutes, des échecs, des expériences, parce que l’autre est un ami.

 

Hendro Munsterman, théologien catholique et directeur du CTM, et Dominique Trotignon, directeur de l’Université bouddhique européenne, ont apporté le point de vue de leur tradition sur le mal et la souffrance.

 

D. Trotignon a précisé que “mal” et “souffrance” sont des traductions qui découlent du christianisme et n’ont aucun sens pour le bouddhisme.

 

H. Munsterman a fait remarquer que ” La Bible ne donne pas de réponse sur l’origine du mal et son sens “.

 

” Comment la façon dont l’autre tradition aborde la question du mal m’interroge-t-elle et me fait évoluer ? ”

Jacques Scheuer sj a relevé ce défi lors de son intervention sur une écoute chrétienne du message du Bouddha. Il a évoqué une possible rencontre autour du thème du combat spirituel : ” Avant d’atteindre l’éveil, le Bouddha combat Mara, la mort. Cette bataille symbolique fait écho aux lettres de saint Paul qui invitent le chrétien à être un “combattant”. ”

 

Guy Pelletier bouddhiste, et Sr Samuel Nougué-Debat osb , moniale bénédictine et théologienne, ont croisé leur regard sur la compassion.

 

S. Samuel a tenu à souligner que son ” regard chrétien se posera sur une compassion qui s’applique à ce genre de mal planétaire qu’est la violence “, tout en essayant de cerner ce ” qui ” ou ” quoi ” fait agir le bouddhiste pour la compassion.

 

Jérôme Ducor, bonze de la Terre Pure et Cathy Blanc médecin, ont exposé les pratiques du bouddhisme dans l’accompagnement de personne en souffrance.

 

Léo Scherer Jésuite-théologien, a présenté les pratiques chrétiennes en trois points :

 

1) Le mal et la souffrance comme énigme

2) l’action créatrice

3) la transformation intérieure.

 

Pour Marc Balleydier , philosophe, le pardon est un chemin d’humanisation.,

Marie-Françoise Guihard (chrétienne) et Elisabeth Schnetzler-Dayot (bouddhiste) psychanalistes ont apporté leur contribution dans leur domaine propre, l’ajustement des pratiques dans l’écoute analytique :

 

la souffrance entre enfermement sur soi et ouverture à la vie, traversée ou libération de la souffrance.

 

Frère Jean-Pierre moine de l’abbaye de Tamié, a proposé une soirée de méditation autour de l’eau et du feu comme symbole et du renouvellement.

 

Paul Magnin, spécialiste du bouddhisme chinois et ancien professeur, nous a fait une éclairante relecture de ce colloque.

 

Le dimanche matin, une eucharistie a été célébrée pour ceux qui le désiraient dans le jardin du centre autour du Gingo Biloba planté lors d’un précédent colloque en signe de nos rencontres interreligieuses bouddhiste-chrétien.

 

A l’issue de cette célébration le mandala confectionné durant ces trois jours de colloque en mémoire de Jean-Pierre Schneltzer a été dispersé par sa fille Elisabeth-Schnetzler-Dayot, Dennis Gira, Guy Pelletier et Hendro Munsterman.

Sr Marie Pinlou – osb – Urt

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