Les décorporations de Nicolas Fraisse – la recherche dans l’impasse?

Nous présentons une sélection d'articles et entretiens concernant l'étude des "décorporations" de Nicolas Fraisse menée par Sylvie Dethiollaz et Claude-Charles Fourrier à l'Institut des Sciences Noétiques à Genève, ainsi que les implications éventuelles pour notre modèle de la conscience humain et la question de l'existence de l'âme. Sylvie Dethiollaz: "Ici, nous tenons à être parfaitement clairs et honnêtes: nous n’avons pas démontré scientifiquement quoique ce soit. Nous avons cependant mis en évidence que la conscience a des capacités beaucoup plus étendues que celles qui sont communément admises. Des facultés que la science actuelle ne peut pas expliquer. Nos expériences confirment qu’il est possible d’accéder à des informations sans passer par nos cinq sens. Selon le ressenti de nos “expérienceurs”, il s’agirait parfois d’une délocalisation de la conscience. Mais nous laissons ce point-là à la subjectivité. Même si, au niveau personnel, nous sommes ouverts au concept d’âme, ce mot a une connotation religieuse qui sort du cadre scientifique. Nous préférons parler, pour ce qui touche à ces phénomènes, de conscience. On ne peut donc pas parler de “preuve” de l’existence de l'”âme”. Mais on peut parler d’un “faisceau d’évidences” qui nous amène vers cette possibilité."

Leili Anvar, émission France Culture “Les discussions du soir” avec Sylvie Dethiollaz, diffusion le 1 mars 2017 – pour écouter, cliquer ici. Durée 44 minutes.

Emission RTS “Pour la première fois” – “Emilie Bujès rencontre Nicolas Fraisse”, diffusion le 13 mars 2018 – pour écouter, cliquer ici. Durée 56 minutes.

Article connexe:

Raphaël Zbinden, “L’existence de l’âme révélée à Genève?”, 3 novembre 2016

L’existence de l’âme révélée à Genève?

Sylvie Dethiollaz: “Ici, nous tenons à être parfaitement clairs et honnêtes: nous n’avons pas démontré scientifiquement quoique ce soit. Nous avons cependant mis en évidence que la conscience a des capacités beaucoup plus étendues que celles qui sont communément admises. Des facultés que la science actuelle ne peut pas expliquer. Nos expériences confirment qu’il est possible d’accéder à des informations sans passer par nos cinq sens. Selon le ressenti de nos “expérienceurs”, il s’agirait parfois d’une délocalisation de la conscience. Mais nous laissons ce point-là à la subjectivité. Même si, au niveau personnel, nous sommes ouverts au concept d’âme, ce mot a une connotation religieuse qui sort du cadre scientifique. Nous préférons parler, pour ce qui touche à ces phénomènes, de conscience. On ne peut donc pas parler de “preuve” de l’existence de l’”âme”. Mais on peut parler d’un “faisceau d’évidences” qui nous amène vers cette possibilité.”

Les décorporations de Nicolas Fraisse ou la recherche dans l’impasse…

Depuis la sortie du livre Voyages aux confins de la conscience (Editions Guy Trédaniel, 2016) par le Dr Sylvie Dethiollaz et Claude-Charles Fourrier de l’Institut des Sciences Noétiques (ISSNOE) à Genève, ainsi que le colloque parisien “La conscience et l’invisible” en février 2017 où il a paru aux côtés notamment de Frédéric Lenoir, Nicolas Fraisse continue de susciter un grand intérêt au sujet de ses supposées décorporations et leur apparente authentification par une série d’expériences sous contrôle d’huissier. Par contre, il faut constater le manque quasiment total de réaction de la part de la science “officielle”, et cela malgré le sérieux du protocole des recherches effectuées pendant 10 ans à l’ISSNOE ainsi que l’enjeu évident d’un tel cas pour notre compréhension de la relation corps/cerveau-esprit. Si les résultats du travail sur les capacités inhabituelles de Nicolas Fraisse n’ont pas été complètement ignorés par les médias “mainstream” (France Culture, RTS…), ils n’ont pas provoqué le grand débat scientifique attendu par ceux qui, depuis des années, sont convaincus que l’exclusion de la “parapsychologie” du champ des sciences dites “dures” n’est pas justifiable sur un plan strictement logique mais repose plutôt sur des présupposés d’ordre idéologique. Par conséquent, les entretiens les plus détaillés avec les représentants de l’ISSNOE continuent à paraître principalement dans les médias “alternatifs” qui ne sont pas nécessairement connus pour leur grande rigueur intellectuelle… Nous nous trouvons donc dans une sorte d’impasse: d’un côté, les sceptiques refusent d’entamer une discussion de fond sur le cas Nicolas Fraisse en alléguant que les conclusions de Sylvie Dethiollaz et Claude-Charles Fourrier ne sont pas appuyées par des publications dans des revues à référés, mais de l’autre côté, les partisans d’une vision non-matérialiste de la conscience pourraient rétorquer que la domination du réductionnisme parmi les comités des revues scientifiques rend la publication quasiment impossible. Par ailleurs, comme note Fourrier dans l’article de Raphaël Zbinden, les chercheurs se trouvent pris dans un cercle vicieux financier , puisque pour atteindre une quantité de résultats suffisante pour constituer la base d’une publication proprement scientifique (plutôt que d’un livre), il leur faudrait trouver un financement conséquent: financement difficile à obtenir justement à cause du caractère même de ces recherches jugées non-scientifiques par beaucoup.

Il semblerait donc que, comme pour d’autres sujets connexes tels que les expériences de mort imminente ou la vision à distance qui risquent de bousculer les points de vue conventionnels sur la nature de la conscience, le paradigme actuel qui gouverne le débat ne nous permet pas encore de naviguer convenablement entre les dangers en quelque sorte symétriques du rationalisme ou de la crédulité. La classification de livre Voyage aux confins de la conscience au rayon “esotérisme – magie, voyance, sciences occultes” en dit long sur les apories de la situation…

Peter Bannister

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