L’origine de la morale

Philip Kitcher (Columbia University) tente de montrer à partir des recherches récentes en éthiologie que 'la morale se révélerait [...] au moins en partie, un phénomène d'ordre biologique, ce qui permettrait de substituer aux spéculations vagues des théologiens et des philosophes une approche plus rigoureuse.' Dans La Recherche n° 296, numéro spécial 'L'histoire de la vie', mars 1997, p. 95. Article consultable en ligne. Niveau grand public. Perspective laïque.

L’origine de la morale

Il ne faut pas rêver : on ne fondera pas la morale sur la biologie. Mais les réflexions des évolutionnistes et des éthologues sur les stratégies animales nous éclairent sur les conditions d’émergence de la morale dans les sociétés humaines. La sélection naturelle a pu favoriser les comportements coopératifs.

Un siècle après Darwin, un certain nombre de biologistes, de philosophes et de politologues, s’appuyant sur une compréhension renouvelée de la sélection naturelle, réexplorent le lien entre évolution et morale. L’être humain, comme l’a enseigné Darwin, est un produit de l’évolution et la sélection naturelle ne détermine pas seulement son anatomie et sa physiologie mais aussi les formes de son comportement. Le meilleur moyen de comprendre nos impulsions morales serait donc peut-être de mettre en évidence les avantages que les tendances à valoriser certaines actions et à en condamner d’autres peuvent nous conférer dans la lutte pour la vie. La morale se révélerait ainsi, au moins en partie, un phénomène d’ordre biologique, ce qui permettrait de substituer aux spéculations vagues des théologiens et des philosophes une approche plus rigoureuse.

Toute tentative d’établir un lien entre biologie et morale humaine doit commencer par reconnaître l’énorme fossé séparant les contraintes biologiques qui ont déterminé l’évolution de nos ancêtres des codes moraux auxquels nous adhérons aujourd’hui. La vie de nombreux autres animaux est, comme on le sait, déterminée par la transmission culturelle entre générations de diverses formes de comportement. Elle connaît parfois certaines innovations culturelles donnant lieu à l’invention de nouveaux modes d’adaptation à leur environnement. Dans un cas célèbre, un macaque japonais Imo, le « singe génial » a mis au point une technique permettant de séparer le blé du sable en le jetant dans la mer. La généralisation de cette technique a ensuite conduit le groupe de singes à se familiariser avec l’eau, à apprendre à nager puis à explorer une île voisine1.

Dans notre espèce, les processus de transmission et d’innovation culturelles se sont développés sur une grande échelle et il est tout à fait possible qu’une grande partie des comportements humains contemporains n’ait qu’un rapport extrêmement lointain avec les contraintes ancestrales liées à la sélection naturelle dans un environnement du type de la savane. Le fait que l’homme soit un produit de l’évolution ne doit pas conduire à rechercher pour toute forme de comportement humain un avantage correspondant du point de vue de la sélection naturelle.

En outre, comme l’avaient clairement perçu Darwin et son allié Thomas H. Huxley, aucune théorie de l’évolution, aussi sophistiquée soit-elle, ne pourra jamais guider notre comportement. Chaque jour, dans les cultures les plus diverses, les individus sont confrontés à des choix qui les amènent à se poser des questions morales essentielles. Dans chacun des codes ou systèmes de référence, on peut distinguer certains principes fondamentaux des préceptes qui en découlent, de même qu’en géométrie on peut séparer les axiomes des théorèmes. Lorsque de règles morales différentes découlent des avis différents, quelle attitude adopter ? Même si l’on se laisse momentanément tenter par la pensée que la biologie devrait pouvoir régler le problème en identifiant une solution comme plus « naturelle », un peu de réflexion renvoie au point de vue fondamental de Darwin et Huxley : nous pouvons en effet toujours nous demander s’il ne s’agit pas là justement d’un cas où l’on doit résister à la « nature ».

Peut-on soutenir l’idée selon laquelle les développements récents de la théorie de l’évolution permettent effectivement d’éclairer certains aspects de la morale humaine sans pour autant se lancer dans un projet hors d’atteinte ou énoncer une simple banalité ? Je crois que oui. Certaines des idées apparues dans la théorie de l’évolution depuis les années 1960 qui ont modifié notre conception fondamentale du fonctionnement de la sélection naturelle pourraient permettre une nouvelle représentation de l’homme en tant qu’agent moral et de l’origine et des fonctions de la morale.

Selon une version simpliste mais très répandue des idées darwiniennes, la sélection naturelle est d’abord un mécanisme favorisant les êtres forts, cruels et les plus dépourvus de scrupules. Tout au long du siècle, les biologistes de l’évolution se sont interrogés sur la possibilité de l’altruisme conçu comme la tendance pour un organisme à adopter des comportements favorisant la reproduction d’autres organismes au détriment de sa reproduction propre. Jusque dans les années 1960, divers cas de comportements apparemment altruistes dans la nature avaient donné lieu à un certain nombre d’explications évolutionnistes vagues et peu satisfaisantes qui faisaient généralement appel à un « intérêt du groupe » ou à un « intérêt de l’espèce », pour la simple raison qu’on ne voyait absolument pas comment le fait pour un organisme de favoriser les aptitudes biologiques d’un autre organisme au détriment des siennes propres pouvait résulter de la sélection naturelle. Deux contributions décisives ont modifié l’approche de cette question. La première, due à William D. Hamilton qui était alors étudiant en doctorat à l’université de Londres, a mis en évidence le fait que des allèles déterminant chez leurs porteurs des comportements altruistes peuvent se trouver favorisés par la sélection naturelle dans le cas où les bénéficiaires de ces comportements sont des organismes apparentés. L’élément décisif pour l’évolution de l’altruisme dans le cadre de la sélection naturelle est la propagation des allèles appropriés. Les organismes apparentés étant probablement munis eux aussi des allèles altruistes, l’augmentation de leur reproduction pourra compenser la perte subie par l’organisme altruiste du point de vue de sa propre reproduction. Hamilton a proposé une application importante de cette idée en s’en ser-vant pour expliquer la présence de sous-groupes stériles chez les insectes sociaux et ses continuateurs ont à la fois élargi la portée de cet exemple et proposé de nombreux exemples nouveaux2 voir l’article de Laurent Keller dans ce numéro.

La deuxième avancée d’importance est due à Robert L. Trivers, alors jeune professeur à Harvard, qui a suggéré que, même entre organismes non apparentés, les organismes adoptant un comportement altruiste pouvaient être favorisés par la sélection naturelle dans le cas où ce comportement est réciproque : un organisme aujourd’hui donateur pouvant se trouver bénéficiaire demain, l’aide mutuelle que s’apportent les deux organismes accroît leurs chances de reproduction à long terme3. Craig Packer, un jeune chercheur anglais spécialisé dans l’étude du comportement social des animaux, a indiqué que l’hypothèse de Trivers pouvait s’appliquer à la formation de coalitions entre babouins mâles non apparentés qui se regroupent parfois à deux pour éloigner un autre mâle d’une femelle lorsque celle-ci est apte à la reproduction, l’un ou l’autre de ces babouins pouvant ensuite atteindre l’objectif de l’accouplement4. Les travaux de Hamilton suggéraient que certains comportements animaux puissent favoriser les chances d’organismes proches du point de vue de l’évolution ; l’article fécond de Trivers indique la possibilité que l’altruisme se répande plus rapidement quand se forment des coalitions d’altruistes.

Au cours des années 1980, Robert Axelrod, un chercheur en sciences politiques de l’université du Michigan travaillant en collaboration avec Hamilton, a proposé un développement théorique très intéressant des idées de Trivers. Axelrod a suggéré de modéliser les interactions sociales entre animaux sous la forme du dilemme du prisonnier5. Dans ce jeu bien connu, deux individus ont le choix entre un comportement coopératif et un comportement non-coopératif voir page Jeux. Le pire, pour un individu, est de coopérer avec quelqu’un de non coopératif. Le résultat est moins mauvais si aucun des deux ne coopère, meilleur en cas de coopération mutuelle. L’éventualité la plus favorable est celle de l’exploiteur sans scrupules répondant à un comportement coopératif par un refus de coopérer. Selon ce modèle, si vous êtes contraint de jouer avec un autre individu, il est clairement de votre intérêt de refuser systématiquement de coopérer : si l’autre se montre coopératif, votre refus vous permet un gain maximum ; s’il se montre non coopératif, il vaut mieux faire de même. Par conséquent, lorsque la possibilité d’interaction ne se produit qu’  une seule fois , le refus de coopérer semble être la stratégie la plus payante. 

En organisant un tournoi informatique dans lequel différents algorithmes étaient opposés les uns aux autres, Axelrod a montré qu’il en va tout autrement quand les acteurs appartiennent à une population contrainte à des interactions répétées, car certaines coalitions altruistes du type de celles décrites par Trivers deviennent possibles. L’argumentation développée par Axelrod fait apparaître de manière convaincante qu’à partir du moment où des organismes coopératifs sont présents en nombre suffisant, une forme particulière de stratégie coopérative peut prévaloir à l’intérieur d’une population : comportement initial de coopération, sanction de tout non-coopérant par le refus de coopérer avec lui la fois suivante, reprise de la coopération lorsqu’il adopte de nouveau un comportement coopératif. La difficulté essentielle qui se pose à l’analyse d’Axelrod, toutefois, est d’expliquer comment les comportements de type coopératif peuvent réussir à s’imposer au sein de cette population. Dans un environnement hostile dominé par des organismes non coopératifs, ceux qui veulent coopérer sont durement punis. Comment expliquer l’émergence de la coopération ?

Une manière d’aborder la question est d’examiner comment l’analyse d’Axelrod pourrait s’appliquer aux cas les plus manifestes d’interaction entre animaux non apparentés : coalitions entre mâles pour s’assurer l’accès aux femelles, toilettage social. Une caractéristique évidente est que les participants bénéficient d’une liberté beaucoup plus grande que celle prévue par le modèle : contrairement aux malheureux prisonniers, ils ne sont aucunement contraints à l’interaction. S’ils choisissent effectivement de former une unité sociale, ils disposent d’un éventail de partenaires potentiels. Les babouins mâles qui recherchent une femelle peuvent essayer d’y parvenir seuls ou accepter de faire équipe avec certains des membres de leur groupe mais non avec d’autres. Cela nous permet d’introduire la notion de  jeu optionnel , correspondant à une situation dans laquelle on peut soit agir seul, soit entrer en interaction avec d’autres joueurs, avec la possibilité, si l’on choisit l’interaction, de choisir ces partenaires parmi un éventail de partenaires potentiels. Imaginons des primates émergeant d’un état asocial où existaient des possibilités récurrentes de jeux optionnels : interactions liées au toilettage, à la chasse en groupe, à la coopération dans la défense du groupe ou à la formation de coalitions pour s’assurer l’accès à certaines femelles. 

A condition que ces animaux soient capables d’établir des distinctions et de moduler leur comportement en fonction de la manière dont ils ont été traités dans le passé par chacun des autres primates, une stratégie de coopération avec des animaux coopératifs ou, plus exactement, qui ne se sont pas encore montrés non coopératifs pourra apparaître et s’imposer pratiquement la plupart du temps. Même si la population est envahie par des animaux sans scrupule, ce ne sera que temporaire. En effet quand les exploiteurs deviennent la majorité, les individus qui se remettent à agir seuls et refusent les interactions avec d’autres sont favorisés par la sélection. La coopération pourra réapparaître à partir du moment où ces asociaux auront évincé les « sans scrupule6 ».

Ce scénario est encourageant car il montre comment l’évolution, dans les conditions de la sélection naturelle, peut effectivement favoriser le comportement coopératif. Mais quel rapport peut-il bien avoir avec la morale ? Quelles conséquences la démonstration de la possibilité évolutive d’une forme d’altruisme au sens biologique chez les animaux, représentée par le comportement coopératif, peut-elle avoir sur les questions éthiques ?

Il convient d’abord d’établir une importante distinction entre l’altruisme au sens des biologistes et la notion d’altruisme sur laquelle s’appuie la réflexion morale. L’éthique ne s’intéresse pas aux comportements aveugles, même lorsque ceux-ci ont des conséquences bénéfiques pour d’autres individus. Elle n’est pas non plus essentiellement concernée par les actions ayant pour conséquence d’accroître les chances de reproduction d’un autre organisme. Les motivations sont décisives : les actions altruistes dont s’occupe la réflexion éthique sont celles qui sont mues par le désir de favoriser le bien-être d’autrui.

Pour relier biologie de l’évolution et morale, il nous faut donc aller au-delà des démonstrations portant sur la possibilité d’actions altruistes au sens des biologistes. Le point essentiel devrait être de rechercher s’il existe des données indiquant que la sélection naturelle a pu déterminer la formation d’un penchant à la  sympathie ou un sentiment de même ordre parmi nos ancêtres hominidés. Certaines variations génétiques dans l’histoire de notre évolution ont pu faire, par exemple, que des individus porteurs d’allèles spécifiques se développent, dans un environnement comme celui de la savane, de manière à montrer une disposition croissante à tenir compte des intérêts de ceux qui les entourent. Ces hominidés auraient été incités à entrer dans le type d’interactions modélisées dans les jeux récurrents d’Axelrod ou dans les jeux optionnels que nous venons de décrire. L’analyse précédente peut en outre être élargie sous la forme suivante : la sélection naturelle devrait favoriser les individus qui traitent les intérêts de leurs partenaires potentiels exactement de la même manière que leurs intérêts propres, tant que ces partenaires ne se sont pas montrés non coopératifs7. 

Certaines recherches récentes en primatologie semblent indiquer que l’évolution d’une tendance à la sympathie est plus qu’une simple possibilité théorique. Dans une étude récente, Frans de Waal a rassemblé une grande variété d’observations d’actes de bienveillance non humains allant de la protection à la consolation. Des animaux meurent apparemment de chagrin à la suite de la perte d’un « être aimé8 ». Bien que le risque soit grand de tomber ici dans l’anthropomorphisme affectif, certains types de comportement, comme dans le cas d’un jeune chimpanzé ramassant soigneusement des fruits pour les partager avec sa mère paralysée, sont difficiles à expliquer sans supposer l’existence d’un certain type de perception des besoins de l’autre et de réponse à ces besoins.

Même si l’on admet l’hypothèse de l’évolution chez l’homme de tendances au développement d’une capacité de sympathie pour les individus qui l’entourent, il reste à expliquer quelle est la relation entre ces tendances et les codes moraux. L’organisation sociale complexe de nos proches parents évolutifs, ses différences profondes avec les sociétés humaines, peuvent nous fournir un certain nombre d’indices. Les sociétés de primates, comme l’ont montré les travaux de de Waal et d’autres, ne montrent pas souvent une coopération idyllique : on y observe des conflits, des infidélités, une tension constante et des luttes politiques brutales9. Si l’existence de toute forme de vie sociale trouve son origine dans la sympathie que les animaux éprouvent les uns pour les autres, il faut aussi reconnaître que cette sympathie est fortement mise à l’épreuve et parfois foulée aux pieds lorsque les animaux ont la possibilité d’obtenir des gains importants en trahissant leurs amis. Un adulte mâle qui entrevoit la possibilité d’accéder à un statut dominant pourra abandonner le partenaire à l’égard duquel il était resté loyal pendant des mois ou des années. Les liens entre chimpanzés ou bonobos peuvent facilement être rompus et les relations sociales nécessitent fréquemment de longs et complexes processus de réparation.

On peut imaginer que dès les petits groupes de nos ancêtres hominidés, les sociétés humaines ont manifesté une plus grande stabilité, ayant trouvé le moyen de donner plus de poids à notre tendance à la sympathie. Pour éviter de céder à la tentation de briser à la moindre opportunité le lien les rattachant à certains des individus qui les entouraient et d’être obligés de travailler par la suite à rétablir ce lien, nos ancêtres auraient ainsi développé une stratégie de prévention, fortifiant notre instinct de sympathie à l’aide de règles de conduite. L’une des premières fonctions du langage a peut-être été de permettre à l’homme de se maîtriser et de maintenir la relation avec l’autre contre toute tentation de la rompre. La morale peut ainsi être envisagée comme un dispositif de régulation des impulsions menaçant la société humaine et risquant de mettre en danger sa survie et sa reproduction : une stratégie spécifiquement humaine de maintien de la paix par la définition de certaines limites à ne pas franchir.

Il existe certainement une distance énorme entre les séries de règles simples qui ont permis de réduire les tensions au sein de la vie sociale des hominidés et les modes de réflexion complexes qui sont les nôtres aujourd’hui. Notre hypothèse, si on la prend au sérieux, autorise cependant un point de vue nouveau sur la morale contemporaine : celle-ci se serait élaborée à partir de ces premières règles tout au long de processus historiques, la confrontation avec d’autres groupes humains au comportement différent ayant conduit à une tentative de résoudre les différences et à une réflexion sur l’attitude à adopter à l’égard des êtres pour lesquels n’existe aucune sympathie immédiate. Des codes moraux plus exigeants seraient nés d’un effort de raisonnement sur les sentiments auxquels nos ancêtres s’identifiaient, à la lumière d’un progrès de la connaissance que nous avons les uns des autres.

Ce bref exposé de l’origine de la morale est bien sûr hautement hypothétique. S’il vaut la peine de le prendre au sérieux, c’est parce que la réponse qu’il propose se situe à mi-chemin entre deux positions également insatisfaisantes : les exigences de la morale, en effet, ne sont ni des exigences complètement abstraites émanant d’une rai-son transcendantale indépendante des caractéristiques humaines, ni la simple expression de sentiments naturels. La morale humaine se situe à mi-chemin entre l’abstrait pur et le descriptif pur10. Cette hypothèse devra en définitive être jugée selon des critères identiques à ceux qu’il convient d’appli-quer à celle de Darwin, c’est-à-dire en relation avec sa capacité à rendre compte d’une grande variété de phénomènes, lesquels relèvent de nombre de domaines différents comme la théorie générale de l’évolution, la primatologie, l’évolution des hominidés, l’anthropologie, la psychologie et l’histoire de la morale et de la religion.

Chercher à élucider la possibilité de l’émergence, dans le cadre de l’évolution, de l’altruisme humain devrait au moins avoir un effet libérateur. Trop souvent les affirmations morales sont envisagées à partir d’une conception pessimiste du comportement humain. Le conseil célèbre de Machiavel s’impose souvent à nous comme le réalisme même :  « Si les hommes étaient tous bons, ce précepte de ne pas tenir sa parole ne serait pas bon ; mais comme ils sont méchants et ne tiendraient pas leur parole envers vous, vous non plus n’avez pas à la tenir  11 ».  Bien que notre connaissance de l’histoire de la vie semble justifier à première vue cette conception de la nature humaine, un examen plus attentif de certaines conséquences du darwinisme permet d’espérer que nous pourrions être en fait meilleurs que ne le pensent les pessimistes. Et même que nous pourrions nous servir de la biologie pour approfondir la proposition de David Hume selon laquelle notre absence d’indifférence à l’égard de ceux qui nous entourent est  « un principe qui explique en grande partie l’origine de la moralité  12. »