Neurosciences: Les mécanismes de l’empathie

'Le modèle que je développe considère que l’empathie repose sur deux composants majeurs: une disposition innée et non consciente à ressentir que les autres personnes sont « comme nous » et une capacité consciente à nous mettre mentalement à la place d’autrui. Le premier composant apparaît dès les premiers stades du développement de l’enfant et plonge ses racines dans l’histoire évolutive de nos ancêtres, les primates non humains. Ceux-ci possèdent en effet des neurones, nommés neurones miroirs, qui s’activent à la simple observation des actions de leurs congénères. Le second composant est plus récent sur le plan évolutif et semble même être propre à l’espèce humaine. Il se développe plus tardivement au cours du développement de l’individu et nécessite des capacités de contrôle et de manipulation des représentations mentales (appelées ressources exécutives et situées dans le cortex préfrontal). Enfin, un dernier élément important de ce modèle est que cette compréhension de l’état subjectif d’autrui se réalise sans confusion avec le nôtre.’ Entretien avec Jean DECETY, directeur du laboratoire Social Cognitive Neuroscience à l’université Washington à Seattle, dans Sciences Humaines n° 150, 2004. Propos recueillis par Gaëtanne CHAPELLE. Niveau grand public instruit.

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