Et si on disait “collapsologie”?

Ingénieur agronome, docteur en sciences de l'Université Libre de Bruxelles, Pablo Servigne s'est fait connaître en 2013 par un rapport, écrit à l'initiative de l'ancien ministre de l'environnement Yves Cochet et présenté au Parlement Européen, détaillant la possibilité d'un effondrement des systèmes alimentaires en Europe. Avec Raphaël Stevens il est l'auteur du livre "Comment tout peut s'effondrer - Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes", publié chez Seuil dans la collection Anthropocène. Servigne et Stevens définissent la "collapsologie" comme l'"exercice transdisciplinaire d'étude de l'effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s'appuyant sur la raison, l'intuition et des travaux scientifiques reconnus". Qu'est-ce qui nous attend si les pronostics des collapsologues (s'appuyant sur des auteurs tels que Dennis Meadows) se réalisent? Une dystopie digne de Mad Max, ou un monde où, malgré des défis énormes, au moins certains humains développeront des réseaux d'entraide et redécouvriront des valeurs fondamentales oubliées par la société de consommation dans sa période de "grande accélération"? Entretien vidéo pour Thinkerview mis en ligne le 23 février 2018. Durée 1 heure 49 minutes. Niveau grand public (instruit). Pour regarder la vidéo, cliquer sur le titre de l'article. Image: United Artists Theater, Detroit.

Parmi les voix critiques par rapport à la trajectoire actuelle de la civilisation technoscientifique et industrielle occidentale, nous pouvons observer deux grandes tendances. D’un côté nous avons ceux qui croient qu’une croissance durable serait encore possible en mobilisant la créativité humaine et l’innovation frugale (Gunter Pauli, Navi Radjou…), et de côté l’autre ceux (Yves Cochet, Institut Momentum, Adrastia, Ugo Bardi…) qui estiment que c’est la croissance elle-même qui est en train de provoquer le grand effondrement désormais inévitable, et que la seule option réaliste serait d’y faire face. Quel discours aurait raison? Et si on pourrait conjuguer les deux approches?

PB