Paroles d’exorcistes (4) – le Père Cesare Truqui

Le prêtre mexicain Cesare Truqui, enseignant à l'Université Pontificale Regina Apostolorum à Rome lors du cours international de formation pour les exorcistes en avril 2018 et auteur du livre "Professione esorcista" (entretien avec Chiara Santomiero sorti chez Piemme, février 2018), décrit son travail et explique le rite d'exorcisme en détail. Durée 25 minutes. Niveau grand public. Pour regarder la vidéo, cliquer sur le titre de l'article.

Vidéo en anglais avec sous-titrage français. Durée 25 minutes. Niveau grand public.

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“Saisir avec vos mains la réalité spirituelle de l’existence du Diable et des démons est étonnant. C’est comme toucher de vos mains et sentir dans votre peau – quand vous êtes devant une personne vraiment possédée – comprendre que ce que dit le Christ dans les Evangiles est vrai.

L’Italie, c’est un pays où j’ai vu que vous avez un besoin accru d’exorcistes. Pourquoi? Parce qu’il y a beaucoup de ce qu’on appelle la superstition chez les gens, surtout au Sud de l’Italie. La superstition, c’est une mauvaise compréhension de la réalité religieuse. Alors quand vous avez des gens qui, au lieu d’aller vers le prêtre pour lui parler de leurs péchés et leurs problèmes, ils vont au voyant afin de lui demander de leur porter bonheur, d’obtenir un nouveau travail, un meilleur travail, résoudre leurs problèmes conjugaux – c’est ça que j’appelle la superstition. Vous avez beaucoup de cela en Italie.

Quand le prêtre peut parler du Diable – car parfois il doit parler du Diable – surtout par exemple pendant le Carême, il vous faut faire comprendre aux gens qu’il s’agit d’une réalité, une réalité théologique dont le Christ a parlé beaucoup de fois, d’un côté, et d’un autre côté il nous faut enseigner aux gens que chaque ombre n’est pas le Diable.

Il est très difficile de trouver une personne qui est possédée. C’est très, très, très difficile, mais il y en a. Et je compare le prêtre exorciste à un dentiste – vous savez, Dieu merci, nous n’avons pas besoin d’aller chez le dentiste chaque semaine, mais quand nous n’avons besoin du dentiste, nous avons besoin de lui. La même chose se passe avec l’exorcisme. Dieu merci, nous n’avons pas besoin de l’exorciste chaque jour, mais il y a des gens qui parfois auront besoin de lui. Alors faut-il qu’il soit préparé, il nous faut un dans chaque diocèse.”

https://www.youtube.com/watch?v=K6C4o6JFoR8

Entretien en italien pour askanews

(1:00) Jacopo Scaramuzzi, journaliste askanews: “Mais ce ne sont pas toujours des cas de la présence du démon. Il y aurait aussi des personnes qui aurait tout simplement des problèmes psychiatriques, par exemple, qu’elles confondent avec la présence du démon?”

Cesare Truqui: “Certes. Et c’est pour cela que l’aspect du discernement des esprits de la part du prêtre exorciste […] est très important, parce que beaucoup de personnes arrivent chez le prêtre pensant être perturbées par le démon quand elles ne le sont pas. Les causes peuvent être naturelles, ou il peut y avoir un enchaînement de circonstances qui semble être une intervention du démon, du type “j’ai des problèmes avec mon mari, mon fils a quitté l’école, problèmes au travail”… mais cela ne signifie pas une action extraordinaire du diable.”

[…]

“Est-ce que vous pourriez donner un exemple très concret d’un cas auquel vous vous êtes confronté, d’un exorcisme que vous avez fait – quel était le parcours et le résultat?”

“Oui. Je pense par exemple à cette personne en Suisse qui est venue il y a plusieurs années, disant qu’elle avait de grands problèmes en termes d’une obsession avec ses cheveux. Une femme qui aurait maintenant la quarantaine – elle se croyait folle, mais elle était allée à 5, 6, 7 psychiatres en Suisse, et tous ont dit qu’elle était une personne complètement saine. J’ai pu parler avec elle, et je peux dire qu’elle était une personne très intelligente, très sensée, mariée, avec des enfants, elle mettait en avant le travail, la maison, malgré le fait qu’elle avait toute cette obsession avec ses cheveux. Nous avons découvert à travers les sessions d’exorcisme quand le démon parlait, que cette obsession est née quand cette personne, étant jeune, s’était coupé les cheveux et on avait utilisé ces cheveux pour un rite satanique. Cette personne, malheureusement, à son insu, on lui avait fait une malédiction, si on peut l’appeler comme cela, et elle était restée possédée, car le diable avait utilisé une espèce de sacramental, non pas un signe sensible: les cheveux de cette femme ont été utilisés pendant le rite satanique, faisant de sorte que cette femme était possédée. Et j’ai suivi cette dame pendant quelques années, et après elle était suivie par un ami prêtre, exorciste à Zurich, parce qu’elle devait voyager pendant quatre heures pour me voir. Pour autant que je sache, la dame a été libérée, rendons grâce à Dieu.

“Le démon parlait?”
“Pendant l’exorcisme, oui.”
“Comment?”
“Il parle avec la voix de la personne. C’est le démon, parce que la personne, si on la touche, ne réagit pas, elle entre dans ce qu’on appelle un état de transe. Ses yeux sont blancs, si tu l’interpelles, elle ne te répond pas, mais on a des réponses à des questions posées par l’exorciste pendant l’exorcisme.”

Article: “Exorciste italien: celui qui entend la voix du Malin, s’en souvient toute sa vie” (cliquer ici)

Entretien pour Aleteia (cliquer ici)

“Je peux distinguer trois types de personnes : les possédés, ceux qui ne le sont pas, et des cas ambigus. Les deux premiers sont simples à traiter : lorsqu’une personne est réellement possédée, elle manifeste les quatre signes dont nous avons parlés. Au moment de réciter les prières pour chasser le démon, cette personne entre en transe. C’est très difficile defeindre. Le deuxième cas fait appel à mon expérience de prêtre et de confesseur : les personnes ayant des problèmes spirituels ou psychologiques se repèrent très vite. Mais certains cas sont plus compliqués. Par exemple, lorsqu’une personne a le comportement d’un être possédé, sans l’être vraiment. Un jour une jeune femme est venue me voir. Elle avait été droguée puis sexuellement agressée par un sorcier latino-américain. La jeune femme se sentait comme possédée, à cause de la violence dont elle avait été victime et de la drogue qui lui avait été administrée. Elle me semblait vraiment possédée. Pourtant, au moment de l’exorcisme, elle n’est pas entrée en transe et aucun autre phénomène ne s’est manifesté. J’ai alors compris qu’il s’agissait d’une autre forme de possession. L’exorcisme est parfois un moyen de diagnostiquer certaines maladies psychologiques.”

Article de Marie Colmant pour France Info (cliquer ici) 

Article Catholic News Service: “Regain d’intérêt pour les exorcismes en Italie” (cliquer ici)

P. Cesare Truqui et Chiara Santomiero, Professione Esorcista Introduction et premier chapitre (en italien)

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