Philosophie de la conscience selon Michel Bitbol (3) – La phénoménologie

Dans cette troisième partie de son entretien avec Asssya Todorov au sujet de la philosophie de la conscience, le chercheur en philosophie des sciences Michel Bitbol donne une courte introduction à la phénoménologie, courant de pensée et même "manière d'être" pour lequel l'évidence ultime se trouve dans l'expérience vécue. En faisant référence à l'analyse du doute hyperbolique chez Descartes reprise dans les Méditations cartésiennes d'Edmund Husserl (1929-31), Bitbol présente ce qu'il estime être la grande radicalité de la réponse phénoménologique à la question de l'origine de la conscience. Durée 5 minutes 43, niveau universitaire/grand public instruit. Pour voir la vidéo, cliquer sur le titre de l'article. Image: Edmund Husserl (1859-1938) vers 1910.

“La phénoménologie est […] à mon avis une solution radicale à la question de l’origine de la conscience. Cette solution radicale consiste à se rendre compte que la question elle-même est enracinée dans la conscience qui la pose. La question de l’origine de la conscience a un acte de la conscience présent pour origine. Et donc cette question de l’origine de la conscience s’aperçoit qu’elle est circulaire, qu’elle renvoie à elle-même, qu’elle se manifeste en elle-même. Et donc si vous voulez, toutes les questions habituellement posées par les réductionnistes, les matérialistes, les physicalistes, les neurobiologistes etc. sur le lieu ou les circonstances ou les processus de l’origine de la conscience sont considérées comme circulaires, et au sens péjoratif du cercle vicieux, parce qu’ils oublient que l’origine même de la question est l’acte de leur propre conscience au moment où il la pose.” Donc la réponse […] de la phénoménologie à la question de l’origine de la conscience, c’est: ce n’est pas la conscience dont il faut se poser la question de l’origine, mais c’est la conscience qui est l’origine de tout, y compris de la question sur sa propre origine.”