Est-ce que tout dans la biologie peut être réduit à l'analyse de fonctions organiques motivées par l'auto-conservation? C'est ce que demande le zoologiste bâlois Adolf Portmann (1897-1982), auteur de l'ouvrage La forme animale, selon la lecture de son traducteur, le philosophe belge Jacques Dewitte, qui fait référence à son concept d'"auto-présentation" (Selbstdarstellung) dans le monde animal comme point de départ potentiel pour une philosophie non-utilitaire du vivant. Sciencesetreligions présente quelques travaux de Jacques Dewitte sur la pensée de Portmann. Niveau universitaire....
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Depuis toujours l'esprit humain se penche sur l'univers qui l'entoure, regarde les planètes, se demande ce qui constitue la matière. L'on peut dire que la tendance première pour arriver à comprendre sera soit de partir de ce que la pensée peut se représenter, cherchant une explication qui rendrait compte de l'aspiration même à comprendre et à concevoir, ou alors à cette tendance viendra s'opposer celle de ceux qu'on appela les physiologues, ou présocratiques, de chercher un principe immanent qui rendrait compte, par des transformations d'énergie, par des mouvements ou cycles de matière, de tous les états ordonnés des choses. Un moment crucial est atteint lorsqu'on en vient à se demander ce qui fait que l'âme cherchante, inquiète et raisonnante, est ce qu'elle est, quelle est son identité. On peut soit ramener l'âme à elle-même et l'imaginer prisonnière d'un corps, ou l'on peut faire de la forme, dont il faudra apprécier la non-matérialité, le principe d'ordonn...
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Dans une première approche superficielle, on pourrait croire que la place importante que l’on donne au hasard dans les phénomènes naturels s’oppose à l’existence d’une providence. En effet, si c’est le hasard qui préside aux phénomènes naturels, alors ce n’est pas Dieu. C’est sur cette attitude spontanée que jouent les magazines qui, mettant l’univers en couverture, écrivent en grosses lettres « Dieu ou le hasard », ou à propos de l’évolution, mettent face à face la figure de Darwin et celle du Créateur sur une fresque de Michel-Ange. Toutefois, un regard plus critique montre que d’un côté on exagère souvent le rôle du hasard, et que de l’autre la foi dans la providence est d’un autre ordre que celui de l’explication de la nature. Alors il n’y a plus d’incompatibilité, mais il y a toute la difficulté pour bien articuler la connaissance rationnelle et la croyance religieuse. ...
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A partir du problème de l’évolution du vivant et à travers l'histoire l’auteur analyse des cas ou foi et raison travaillent la main dans la main pour donner lieux à ce que qu’il appelle les Douze travaux du théologien. A travers eux il montre l’effort que la théologie doit faire pour se mettre à l’écoute des sciences, se laisser interpeler et interroger par ses résultats et par son histoire. Le texte fait aussi référence à la façon dont Teilhard a tenté de relever ces défis....
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L’usage du terme technosciences combine en un seul mot deux visées habituellement fortement distinguées, le technique et le cognitif. Ici le « connaître » du scientifique passe par « le faire », et la science se vit sous l’angle de la « production »1. L’élaboration de produits synthétiques aux performances toujours plus exceptionnelles pilote la recherche scientifique. Ainsi les biochimistes accèdent-ils à une réflexion indirecte sur les processus du vivant naturel à partir de productions artificielles....
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