Dans cet extrait de son entretien à Bordeaux pour le Cercle Politeia, le mathématicien et philosophe Olivier Rey s'interroge sur les racines des problèmes écologiques et demande si la volonté (compréhensible) affichée par certains cercles écologistes de devenir "protecteurs de la planète" n'est pas en fin de compte la continuation de la même logique problématique de gestion qui a généré la crise à l'époque moderne. Et qu'est-ce qui se cache derrière l'utilisation courante du mot "planète" au lieu de parler de la terre? Durée 11 minutes. Niveau grand public instruit. Pour voir la vidéo, cliquer sur le titre de l'article. Image: Andreas Cellarius (1596-1665), Harmonia Macrocosmica....
Lire la suite

Fabrice Hadjadj analyse et conteste l'idée de Heidegger selon laquelle le christianisme serait à l'origine du "règne de la technique" dans la société contemporaine à cause de la subordination de la nature à Dieu, l'être à la volonté. Fabrice Hadjadj considère que la science moderne est conditionnée par la tradition judéo-chrétienne d'une manière certes ambiguë, mais estime que ce conditionnement comporte néanmoins des éléments positifs. Son argument s'articule en trois points essentiels: i) comparée à la façon de concevoir la relation entre l'homme et la nature de l'Antiquité païenne, la tradition biblique opère indéniablement un changement de référent ultime, qui passe de la nature à Dieu comme transcendant relatif à un cosmos qui n'est pas divin: les êtres humains se trouvent dans la nature, mais ont aussi la Parole de Dieu qui devient primaire par rapport à la physis. Si cela donne un statut particulier à l'homme, ce dernier se trouve en position de...
Lire la suite

Les travaux d’Olivier Rey, philosophe des sciences et chercheur au CNRS sont très bien reçus dans les milieux prônant la « sobriété heureuse » et la « décroissance ». Sa connaissance de la pensée moderne et des représentations de la nature qu’elle a conjurées l’amènent à émettre un jugement sans concession sur les situations de crises actuelles que notre monde traverse, précédent, et faisant écho à la critique du paradigme technocratique du Pape François dans son encyclique Laudato si’. La décroissance à laquelle Olivier Rey appelle nos sociétés moderne n’est pas un simpliste retour en arrière, mais l’art de trouver la mesure de l’échelle humaine dans l’intégration lucide des limites de la planète, des ressources naturelles, mais aussi de la finitude de notre commune humanité (Une question de taille, Paris, Stock, 2014). Le Centre de Recherche en Entreprenariat Social, la Chaire Jean Bastaire pour une vision chrétienne de l’écologie in...
Lire la suite


Directeur scientifique de SciencesPo depuis 2007, l'anthropologue et philosophe des sciences Bruno Latour offre une lecture très personnelle et provocante de la relation entre le christianisme, le Ciel et la Terre à la lumière de l''eschatologie écologique". Dans Jacques-Noël Pérès (dir.), L'avenir de la Terre: un défi pour les Eglises, Paris, Desclée de Brouwer, p. 51-72, 2010. Texte donné comme conférence inaugurale du colloque Eschatologie et Morale, 13 mars 2008 à l’Institut Catholique de Paris. Niveau universitaire. Cliquez sur le titre de cet article pour lire....
Lire la suite

Dominique Bourg de l'Université de Lausanne présente trois interprétations de la crise actuelle provoquée par l'arrivée d'une "Anthropocène" marquée par l'interaction entre l'homme et une nature radicalement impactée par l'activité humaine. Intervention lors du colloque « Comment penser l'Anthropocène ? », les 5 et 6 novembre 2015 au Collège de France, Paris. Durée 32 minutes. Niveau grand public instruit. https://www.youtube.com/watch?v=Agynk_fwbIQ...
Lire la suite

'Un nouveau chapitre de l’histoire de la Terre s’est-il vraiment ouvert  ? Le milieu du XXe siècle marque le début de ce que les spécialistes du changement global nomment la « grande accélération » , celle de la démographie, de la croissance économique, de la technique, de la consommation… Cette grande accélération, c’est aussi celle qui touche notre planète façonnée pendant des centaines de milliers d’années par les hommes. N’est-il pas temps de développer une géohistoire et de surmonter la vielle opposition entre nature et culture ?Ce soir, en présence de Bruno Latour, auteur de Face à Gaïa, les Mardis des Bernardins vous proposent de réfléchir à l’introduction des êtres de la Terre dans le processus politique. Plusieurs ressources sont à mobiliser : les sciences et les techniques, l’économie, l’esthétique et la théologie.'Discussion avec Philippe Descola (professeur au Collège de France), le philosophe Bruno Latour et Pierre Yve...
Lire la suite

La révolution copernicienne a-t-elle vraiment mis fin à «ces analogies qui, unissant microcosme et macrocosme, donnaient un sens à l'existence et à la position de l'homme dans la nature», comme affirme la vision de l'histoire moderne occidentale popularisée par Max Weber et Marcel Gauchet? Jean-François Stoffel tente de répondre à la question en examinant le sort des «discours analogiques tenus avant et après ce grand bouleversement cosmologique qu'est la centration du Soleil».' Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 80 fasc. 4, 2002. Histoire medievale, moderne et contemporaine - Middeleeuwse. moderne en hedendaagse geschiedenis. pp. 1189-1224. Niveau universitaire....
Lire la suite

Résumé: «L'essai présent tente de répondre à la question, connue auprès d'un certain nombre de sociologistes de la sécularisation, si l'idée que la religion serait vouée à flétrir jusqu'à sa disparition du monde moderne peut se recommander à partir de l'oeuvre de Max Weber. Prenant comme point de départ la conférence de Weber sur «La science en tant que vocation», l'auteur décrit le concept wéberien du «désenchantement du monde» provoqué par la science moderne. Commentant le même texte, l'auteur définit les limites que Weber impose lui-même à ce phénomène: l'irrationel ne disparaît pas totalement du monde moderne. Nos vies quotidiennes en sont profondément impregnées: on pourrait les qualifier de «religieuses» par analogie.» Archives de sciences sociales des religions. N. 61/1, 1986. Société moderne et religion : autour de Max Weber. pp. 127-138. Niveau universitaire. Pour lire, cliquer sur le titre de cet article....
Lire la suite

J. Arnould commence par reprendre l’ordre de succession du célèbre apologue de Freud, mettant en scène Copernic, Darwn et Freud lui-même. Après un succès pragmatique, les idées de Copernic ayant servi à l’élaboration des calendriers et tables astronomiques, il a fallu plus d’un siècle pour que la révolution copernicienne suscite une réaction à sa hauteur, le procès de Galilée. Jamais l’humanité n’a possédé entre ses mains autant de maîtrise et de pouvoir sur la nature, la sienne comme celle qui l’entoure. Ce n’est plus seulement notre univers et notre Terre qui ont été, pour le dire d’un mot, mis « en mouvement », mais jusqu’à notre humanité. La perte d’influence de la culture chrétienne au sein du monde occidental est sans doute liée à cette évolution des idées. Si créer c’est amener à l’être et à partir du néant une réalité nouvelle, confesser que Dieu est le « Créateur du ciel et de la terre », c’est confesser que « ...
Lire la suite