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07. Quelle est la place de l’homme dans l’univers ? Archives - Sciences & Religions

Question : 07. Quelle est la place de l’homme dans l’univers ?

La science classique s’est imposée en Occident aux dépens d’une triple mise en question de la position singulière de l’homme dans l’univers. Au décentrage cosmologique de la révolution copernicienne (la terre n’est pas le centre de l’univers) a succédé le décentrage biologique et phylétique du darwinisme (l’homme est un produit, parmi d’autres, de l’évolution et n’occupe aucune position privilégiée dans la nature) puis le décentrage psychologique de l’inconscient (l’essentiel de ce qui nous constitue en tant que sujet nous échappe). En fait, cette volonté de banalisation de l’espèce humaine s’inscrit dans un processus plus vaste de contestation de l’ethnocentrisme inhérent à la conception « religieuse » de la nature comme création, conception qui accorde à la conscience (*) humaine un statut privilégié et introduit une discontinuité dans l’évolution.

L’apparition de la vie dans l’univers est-elle fortuite ou déjà « en principe » dès le commencement ? L’apparition de l’homme est-elle, elle-même, le fruit des hasards de l’évolution de la vie ou implique-t-elle, comme le pensent la plupart des religions, une dimension de l’être irréductible à cette évolution ? Plus précisément, comment caractériser cette dimension spirituelle qui fait d’un membre de l’espèce homo sapiens (fruit de l’évolution) une personne ? Si la science permet bien de rendre compte de l’apparition de la vie dans l’univers et de dater le commencement de l’espèce homo sapiens sur terre, permet-elle pour autant de rendre compte de l’origine de la personne?

Pour la plupart des religions, c’est bien en tant que personne que l’homme se singularise dans l’univers et c’est précisément ce statut de personne qui est aujourd’hui en question. Toutefois, les sciences de la vie impliquent-elles nécessairement « La fin de l’exception humaine » (J.M. Schaeffer). L’homme n’est-il pas, de fait, le seul capable – dans l’univers connu – d’un tel déni ? N’est-il pas au centre de toute connaissance ? N’est-il pas le seul capable d’édicter des normes, de revendiquer des droits et éventuellement d’en attribuer à d’autres êtres ? À quoi peut-on légitimement attribuer cette incontestable singularité ? Quels rapports y a-t-il entre l’organisation de notre cerveau et la conscience que nous avons de nous-mêmes ? Qu’est-ce qui fait l’homme humain au sein d’un univers indifférent ? Qu’y a-t-il en lui d’irréductible aux lois de la nature ? Où chercher cet irréductible ? N’est-il pas à jamais étranger à toute forme d’objectivation?

Depuis une célèbre conférence de l’historien américain Lynn White en 1966, il est un lieu commun dans certains milieux écologistes d’entamer un procès contre la tradition judéo-chrétienne (et surtout contre le christianisme), jugée responsable pour la crise écologique à cause d’une volonté de domination par rapport à la nature, une posture supposément légitimée par les textes bibliques. Mais on pourrait répondre que le problème ne réside pas dans la Bible elle-même mais dans ses lectures erronées à travers les siècles, notamment à l’époque de la naissance du projet scientifique moderne (Bacon, Descartes). Si les détracteurs des religions abrahamiques montrent du doigt Genèse 1,26-28 comme le passage crucial où Dieu dit à l’homme de soumettre et dominer la nature, dans Genèse 2 l’homme est présenté comme l’intendant et le gestionnaire, responsable de la création : ni maître, ni esclave. Si il est un fait historique que l’anthropocentrisme de la civilisation occidentale a fait des dégâts considérables à la planète, le «cosmocentrisme» des courants écologistes radicaux représente-t-il une réaction exaggérée dans l’autre sens? Une troisième voie est-elle possible entre ces deux extrêmes?

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