Conférence de Benoit Chantre, spécialiste de l'oeuvre de René Girard et son interlocuteur dans le livre "Achever Clausewitz" (Carnets Nord, 2007), considère le terrorisme à la lumière de l'anthropologie girardienne. « Face à la violence du djihadisme, il devient urgent de s’interroger sur le devenir de nos démocraties, notamment dans leur rapport à la religion. On repart ici de la genèse du sacré proposée par René Girard, à qui l’on doit la découverte du rôle structurant d’un certain type de violence à la racine du politique. Si le religieux archaïque était de la violence contenue par des rituels et des prohibitions, la violence djihadiste est, elle, un mixte de nihilisme et de religieux décomposé. Relisant Clausewitz, Girard a proposé d’appeler « montée aux extrêmes » ce processus aveugle, qui rend plus complexe et plus précaire le fonctionnement de nos démocraties. Comprendre ce phénomène, avec toutes les ressources de l’anthropologie religieu...
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Dans le cadre d'une journée de réflexion sur la pensée de René Girard, Michel Serres de l'Académie française offre une méditation personnelle sur les "trois sacrifices" - humain - animal - floral - en proposant une lecture de l'histoire biblique de Jonas comme annonçant le passage vers le concept du sacrifice au Nouveau Testament et sa sublimation dans le pain et le vin de l'Eucharistie. Intervention dans le cadre du colloque "Faut-il avoir peur? René Girard penseur de la violence" le 6 mai 2017 à l'Institut catholique de Paris. Durée 27 minutes, niveau grand public instruit. ...
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'S'interrogeant sur l'origine de toute culture, René Girard rencontre le religieux et, à l'origine du religieux, le sacrifice, fait primordial et point culminant de tous les rites,dont la vérité est de contenir une violence fondamentale, inhérente à l'homme, une violence essentielle et de nature mimétique, négligée jusqu'à présent par les chercheurs.' Hermès 22, 1998, p. 47-52. L'auteur est membre du Laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative, CNRS - Paris X...
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‘La pensée de Girard impressionne nombre de chrétiens, heureux de lire que le christianisme, loin d’être une vieille lune, fournit l’explication (scientifique) des mécanismes sociaux. Mais ne faut-il pas se demander si le prix à payer n’est pas bien lourd, puisqu’il aboutit à une rationalisation du christianisme qui, en en faisant le vis-à-vis des sciences, le range à leur niveau et, contre son dessein, en fait une science parmi d’autres ? Il y a toujours quelque danger dans les apologies qui veulent trop prouver.’ Études 6/ 2002 (Tome 396), p. 773-777...
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'On sait que le processus d'hominisation peut être envisagé du seul point de vue de la biologie, en fonction de la théorie de l'évolution au sens biologique et strict du terme. Ce n'est pas dans cette direction que, en qualité d'ethnologue ou, si l'on préfère, d'anthropologue, René Girard oriente principalement ses recherches. Car le problème qui le préoccupe, c'est, comme il s'exprime, "celui de l'origine et de la genèse des systèmes signifiants"'. Nouvelle revue théologique vol. 100/6 (1978), p. 865-887....
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Courte explication par le neurophysiologiste Giacomo Rizzolatti (découvreur des neurones miroirs, Département des Neurosciences, Université de Parme) du fonctionnement de ces neurones chez les singes et les implications pour notre compréhension des processus d'apprentissage chez l'être humain. Institut de France, Académie des Sciences, Réception des Associés étrangers élus en 2005, 12 décembre 2006...
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Le moine bouddhiste et biologiste Matthieu Ricard aborde les grands thèmes de son livre "Plaidoyer pour l'altruisme - La Force de la bienveillance" (NIL, 2013), parlant entre autres des implications des dernières recherches scientifiques pour une vision du monde basée sur l'altruisme et la coopération plutôt que sur une vision pessimiste de l'homme en tant qu'être fondamentalement égoïste (Freud, Ayn Rand). Propos recueillis par Patrice van Eersel. Niveau grand public. 'Darwin a montré que, chez animaux sociaux, dont nous faisons partie, la sélection naturelle avait privilégié les instincts de groupe de coopérateurs altruistes, bien plus efficaces pour survivre. Selon lui, « Les instincts sociaux poussent l’animal à trouver du plaisir dans la société de ses semblables, à éprouver une certaine sympathie pour eux, et à leur rendre divers services. » Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’idée que la nature est une « jungle féroce et égoïste » n’e...
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‘La violence s’enracine dans le désir jamais assouvi des hommes. Ce désir est ambivalent : désir de possession, de pouvoir, de domination jamais complètement satisfait ; mais, au même moment, désir de communion, de compréhension, d’amour. Comment convertir la violence première ? Comment vivre l’altérité ?' Études 7/ 2001 (Tome 395), p. 69-76....
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René Girard:'’Devant une matière aussi éparse, diverse et néanmoins répétitive que le religieux, l'attitude scientifique consiste à chercher l'invariant autour duquel les variables viendront s'organiser. [...] Je crois que l'invariant du religieux existe et que, justement, c'est la violence. Dans les sciences de l'homme et de la culture, me dit-on, il n'y a jamais d'invariant au sens strict. Sans doute mais, dans le cas du religieux, un certain type de violence s'en rapproche suffisamment pour mériter un traitement à part.' conférence et discussion lors des Rencontres Internationales de Genève, 1999, introduction Marc FAESSLER, dans Rencontres Internationales de Genève, Tome XXXVII (1999), 'Violences d'aujourd'hui, violence de toujours', p. 11-44....
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‘La Bible a donné leur nom, depuis Frazer, aux rites dits de bouc émissaire – et nous nous intéressons à eux ; mais la Bible contient aussi des exemples nombreux, et en ceci elle est unique, de refus du phénomène de bouc émissaire, au sens moderne que je viens de donner.' Pardès 1/ 2002 (n°32-33), p. 163-172...
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