Richard Swinburne: Pourquoi Hume et Kant ont eu tort de rejeter la théologie naturelle

"La théologie naturelle faisait partie de la tradition philosophique occidentale jusqu’à ce que Hume et Kant affirment qu’il y a des limites fondamentales à l’intelligibilité, ou au moins au savoir possible, de ce qui dépasse l’expérience ; et donc qu’il ne peut exister d’arguments solides partant du monde naturel et concluant à l’existence de Dieu. Je défends que, bien que nos concepts doivent en effet être dérivés de notre expérience, ils peuvent avoir une application bien au-delà de notre expérience ; et que la science moderne nous a montré comment des théories à propos de choses au-delà de notre expérience pouvaient être rendues probables par les données de l’expérience. Un point important dans les arguments de Hume et de Kant est que le concept de ‘cause’ n’a d’application que pour les successions régulières d’événements observables. J’argumente contre eux en montrant que, puisque nous dérivons originairement ce concept de notre propre expérience quand nous sommes cause d’événements, son application n’est en aucun cas limitée aux successions régulières d’événements observables. J’en conclus que les arguments de Hume et Kant n’ont pas du tout de force pour montrer l’impossibilité d’une théologie naturelle solide." Richard Swinburne, « Pourquoi Hume et Kant ont eu tort de rejeter la théologie naturelle », ThéoRèmes [En ligne], 2 | 2012 (Les renouveaux analytiques de la philosophie de la religion en question), mis en ligne le 01 juillet 2012. Traduction Paul Clavier. Niveau universitaire.

Conférence publiée également dans le recueil du Colloque de Tübingen consacré aux Arguments en faveur de l’existence de Dieu (Mars 2011) ainsi que dans l’European Journal for Philosophy of Religion. Image: Immanuel Kant (19e siècle, auteur inconnu).

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